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Mali : une guerre de libération face aux offensives terroristes

par Bernard Tornare 12 Mai 2026, 13:40

Mali : une guerre de libération face aux offensives terroristes
Par Filippo Bovo

Au Mali, une réalité s’impose avec force : la tentative de reproduire le scénario syrien — chaos organisé, terrorisme instrumentalisé et déstabilisation d’un État souverain — est en train d’échouer. Contrairement aux attentes des puissances occidentales et de leurs relais médiatiques, le pays résiste, s’organise et riposte.

 

Porté par une dynamique révolutionnaire et un soutien populaire réel, le Mali s’inscrit désormais dans une logique de guerre de libération contre des forces qui ne sont ni spontanées ni isolées, mais bien intégrées dans une stratégie néocoloniale plus large.

 

Un pays immense face à une guerre importée

Le Mali n’est pas un « petit pays fragile », comme on le présente souvent en Europe pour mieux justifier les ingérences. Sa superficie équivaut à celle de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni réunis. Un territoire gigantesque, aux frontières délibérément rendues poreuses, notamment au nord et au centre, où circulent armes, combattants et trafics en tous genres.

 

Dans cet espace prolifèrent des groupes jihadistes et séparatistes – FLA, JNIM, ISSP – dont l’existence et la capacité opérationnelle reposent largement sur des soutiens extérieurs. À cela s’ajoutent des cellules dormantes dans les centres urbains, activées au moment opportun pour semer la terreur.

 

Contrôler le terrain : un défi stratégique majeur

Les Forces armées maliennes (FAMA), épaulées par des unités paramilitaires et leurs alliés de l’African Corps, font face à une guerre asymétrique particulièrement complexe. Dans un pays majoritairement plat, il est facile d’entrer — mais extrêmement difficile de tenir, sécuriser et stabiliser durablement.

 

Les armées occidentales elles-mêmes en ont fait l’amère expérience. En Irak, après 2003, les États-Unis ont rapidement découvert que conquérir un territoire n’équivaut pas à le contrôler. L’occupation s’est transformée en bourbier, alimenté par des groupes qu’ils avaient eux-mêmes contribué à structurer ou financer.

 

Le précédent syrien : manipulation et désinformation

Depuis 2011, la Libye et la Syrie ont servi de laboratoires à ces stratégies de destruction étatique. Sous couvert de « révoltes populaires », des guerres hybrides ont été menées, combinant terrorisme, propagande et ingérences étrangères.

 

Contrairement au récit dominant, les populations n’étaient pas massivement opposées à leurs gouvernements. Cette fiction médiatique a servi à légitimer des opérations de changement de régime, dont les conséquences continuent de déstabiliser durablement ces régions.

 

L’expérience russe et le tournant sahélien

L’intervention russe en Syrie en 2015 a marqué un tournant. Forte de son expérience en Tchétchénie, la Russie a développé des capacités de contre-insurrection parmi les plus efficaces au monde. Ces compétences sont aujourd’hui mobilisées au Sahel.

 

Au Mali, l’African Corps joue un rôle structurant : formation, appui opérationnel, présence sur le terrain. Avec environ 2 000 hommes déployés, il constitue un levier stratégique pour renforcer la souveraineté militaire du pays.

 

La guerre des drones : un changement de paradigme

Le conflit malien entre dans une nouvelle phase, marquée par l’usage croissant des drones. Si leur potentiel a été initialement sous-exploité, la tendance s’inverse rapidement.

 

Les critiques internes, tant au Mali qu’en Russie, appellent à intensifier leur utilisation, en s’inspirant notamment du front ukrainien. Le recours aux drones turcs Bayraktar TB2 et Akinci illustre cette montée en puissance, malgré les tensions régionales qu’elle peut susciter.

 

Des avancées qui démentent le récit occidental

Sur le terrain, les résultats sont sans appel. Les FAMA, leurs alliés et l’African Corps ont libéré de nombreuses localités et positions stratégiques des mains de groupes armés largement financés, équipés et politiquement soutenus par des puissances occidentales.

 

La Force conjointe de l’Alliance des États du Sahel (AES) renforce cette dynamique. En verrouillant les frontières et en frappant les groupes armés jusque dans leurs bastions, notamment à Kidal, elle réduit considérablement leur capacité de nuisance.

 

Les pertes infligées au FLA, au JNIM et à l’ISSP sont importantes, tant en effectifs qu’en matériel. Une réalité soigneusement minimisée par les grands médias occidentaux.

 

Une dynamique de libération irréversible

Ce qui se joue aujourd’hui au Mali dépasse le simple cadre sécuritaire. Il s’agit d’une lutte pour la souveraineté, contre des décennies de domination, d’ingérence et de prédation.

 

La « guerre de libération totale » engagée par Bamako n’en est qu’à une phase intermédiaire. D’autres offensives viendront consolider les acquis et étendre le contrôle de l’État sur l’ensemble du territoire.

 

Contrairement à leurs adversaires, dépendants de soutiens extérieurs et de relais médiatiques, les forces maliennes disposent d’un avantage décisif : la légitimité populaire, la cohésion morale et une volonté politique claire.

 

Cette fois, le scénario syrien ne se répétera pas.

 

Traduction Bernard Tornare

Source en espagnol

Mali : une guerre de libération face aux offensives terroristes

Filippo Bovo est un journaliste et analyste géopolitique italien spécialisé dans les conflits contemporains, en particulier au Moyen-Orient, dans la Corne de l’Afrique et au Sahel. Il est l'auteur de plusieurs essais historiques et géopolitiques publiés ces dix dernières années.

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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