Photo : Le président vénézuélien Nicolás Maduro reçoit l’envoyé spécial de la Chine pour les affaires latino-américaines, Qiu Xiaoqi, au palais de Miraflores le 2 janvier 2026, quelques heures avant son enlèvement par des troupes américaines. Crédits : Marcelo García / Bureau de presse de la présidence vénézuélienne
Une condamnation ferme du kidnapping de Maduro
La Chine a condamné avec la plus grande vigueur le rapt du président vénézuélien Nicolás Maduro et la violation de la souveraineté du Venezuela. Sans le moindre geste grandiloquent à la manière d’un Trump ou d’un Macron, Pékin a pris une série de mesures, consciente que les États-Unis ont fait du contrôle du pétrole vénézuélien un instrument stratégique pour freiner la présence chinoise en Amérique du Sud et enrayer son développement irrésistible.
Selon les autorités chinoises, l’agression contre le Venezuela équivaut à une déclaration de guerre non seulement à l’idée d’un monde multipolaire, mais aussi au projet des BRICS. C’est dans cet esprit que la Chine a pris des mesures de représailles touchant directement la ligne de flottaison de l’empire nord-américain.
Le Comité permanent du Politburo entre en alerte
Quelques heures après la confirmation du kidnapping de Maduro, Xi Jinping convoquait une réunion d’urgence du Comité permanent du Politburo, d’une durée précise de 120 minutes. Aucun communiqué officiel, aucune menace diplomatique : seulement ce silence qui précède la tempête.
Car cette réunion a déclenché ce que les stratèges chinois nomment une « Réponse intégrale asymétrique », destinée à réagir à toute agression contre leurs partenaires de l’hémisphère occidental — dont le Venezuela constitue, pour la Chine, la tête de pont en Amérique latine, dans ce que Washington considère encore comme son « arrière-cour ».
Premier front : la riposte financière
La première phase de la réponse chinoise s’est amorcée le 4 janvier à 9h15 du matin, lorsque la Banque populaire de Chine annonça discrètement la suspension temporaire de toutes les transactions en dollars avec les sociétés liées au complexe militaro-industriel américain. Boeing, Lockheed Martin, Raytheon et General Dynamics se réveillèrent ce jeudi-là en apprenant que toutes leurs opérations avec la Chine étaient gelées, sans le moindre préavis.
À 11h43, la State Grid Corporation of China — qui gère le plus grand réseau électrique du monde — annonçait l’ouverture d’une révision technique de tous ses contrats avec les fournisseurs américains d’équipements électriques, signe clair d’un découplage technologique.
Deuxième front : l’arme énergétique
À 14h17, la China National Petroleum Corporation (CNPC), première compagnie pétrolière publique mondiale, annonçait la réorganisation stratégique de ses routes d’approvisionnement. Concrètement, les contrats de livraison de brut à des raffineries américaines, représentant près de 47 milliards de dollars annuels, furent annulés.
Le pétrole destiné jusqu’alors à la côte Est des États-Unis fut redirigé vers l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et d’autres partenaires du Sud global. Résultat immédiat : le prix du pétrole bondit de 23% en une seule séance de trading. Mais au-delà du choc financier, le signal stratégique est limpide : la Chine peut étrangler énergétiquement les États-Unis sans tirer un seul coup de feu.
Troisième front : le commerce maritime paralysé
La China Ocean Shipping Company (COSCO), qui contrôle environ 40% de la capacité mondiale de transport maritime, lança ce qu’elle baptisa « Optimisation des routes opérationnelles ». Dans les faits, ses cargos cessèrent d’accoster dans les ports américains de Long Beach, Los Angeles, New York et Miami.
Ces terminaux, pivots essentiels de la logistique maritime des États-Unis, virent leur trafic de conteneurs chuter de 35% en quelques heures. Une véritable catastrophe pour Walmart, Amazon, Target et d’autres géants de la distribution, dépendants des cargaisons chinoises pour leurs chaînes d’approvisionnement.
Une frappe synchronisée sans précédent
Le plus spectaculaire fut sans doute le timing : toutes ces mesures entrèrent en vigueur simultanément, provoquant un effet de cascade qui démultiplia leur impact. Cette riposte ne fut pas une escalade graduelle, mais un choc systémique, pensé pour neutraliser toute capacité de contre-attaque américaine.
Mobilisation du Sud global
Alors que Washington commençait à peine à mesurer l’ampleur du coup, Pékin dévoilait une nouvelle offensive : la mobilisation du Sud global.
À 16h22, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, annonça l’octroi de conditions commerciales préférentielles à tout pays acceptant de ne pas reconnaître un gouvernement vénézuélien imposé par les États-Unis.
En moins de 24 heures, 19 pays avaient accepté l’offre — le Brésil en tête, suivi de l’Inde, de l’Afrique du Sud et du Mexique. En pratique, c’était le monde multipolaire en action, matérialisé sous nos yeux : une coalition anti nord-américaine née en un jour grâce à la puissance de l’incitation économique chinoise.
Pékin active l’arme financière mondiale
Le 5 janvier, la Chine frappa encore plus fort : son système interbancaire de paiements transfrontaliers (CIPS) annonça une extension de sa capacité opérationnelle afin d’accueillir toute transaction souhaitant éviter le système SWIFT, contrôlé par Washington.
Autrement dit, Pékin proposait une alternative pleinement fonctionnelle à l’infrastructure financière occidentale.
Toute entité — pays, banque, entreprise — désirant commercer hors du circuit américain pouvait désormais passer par le système chinois, 97% plus rapide et moins coûteux.
En 48 heures, les transactions atteignirent 89 milliards de dollars, tandis que 34 banques centrales ouvraient des comptes opérationnels en yuan. Une dédollarisation accélérée s’amorçait, frappant l’une des principales sources de financement des États-Unis.
L’arme technologique : les terres rares
Sur le plan technologique, la Chine, qui fournit 60% de la production mondiale de terres rares, annonça des restrictions temporaires à l’exportation de ces éléments vers tout pays ayant soutenu le kidnapping de Maduro.
Apple, Microsoft, Google, Intel et les grands noms de la Silicon Valley furent aussitôt plongés dans l’inquiétude : privés de composants critiques, leurs chaînes de production pourraient s’effondrer en quelques semaines.
Une riposte totale et calculée
Chaque mouvement de Pékin frappe au cœur du système économique américain.
Et lorsque certains demandent : « Que fait la Chine pour le Venezuela ? », la réponse est sous leurs yeux : sans déclarer la guerre, la Chine agit.
Traduction Bernard Tornare
Le Dr Kurt Grötsch est un intellectuel et gestionnaire culturel allemand installé à Séville, connu comme fondateur et directeur du Museo del Baile Flamenco, premier musée au monde entièrement dédié au flamenco. Docteur en langues romanes et en psychologie, il a développé un travail pionnier sur « l’ingénierie d’expériences » appliquée à la culture et au tourisme, entre Europe, Amérique latine et Chine.
Spécialiste des échanges hispano‑chinois, il est cofondateur et vice‑président de Cátedra China et de la Fundación Cátedra China, et intervient régulièrement comme conférencier sur les relations entre la Chine, l’Europe et le monde ibéro‑américain. Lauréat de la Croix fédérale du Mérite allemande, il signe tribunes et analyses sur les enjeux géopolitiques contemporains.
Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.
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