« Soyez assurés que nous ne nous écarterons jamais, jamais du chemin de Bolívar et Chávez », a déclaré Cabello, qui a réaffirmé que « cette lutte prendra fin lorsque nous ramènerons Nicolás Maduro et Cilia Flores ici, avec leur peuple ». Photo : PSUV.
Alerte générale, peuples du Sud global ! Alerte, peuples exploités du Nord industrialisé, travailleurs européens surexploités et méprisés, prolétaires abandonnés des États-Unis ! Alerte, migrants jetés sur les routes par la guerre impériale et la misère organisée ! La farce séculaire touche à son terme : les masques tombent, les mensonges du « contrat social » et de la « démocratie » se disloquent, l’ordre international impérialiste s’effondre, et avec lui une civilisation prédatrice qui entraîne la nature dans sa chute. L’heure n’est plus aux illusions : voici la lutte finale.
Trump, brute grotesque et symptôme du système, a fait voler en éclats l’illusion. Par sa vulgarité arrogante, il a déchiré le voile sacré qui cachait les crimes d’État : les maîtres du monde apparaissent à nu, tels qu’ils ont toujours été — une caste de gangsters, de pillards et de criminels. Dans le chaos informationnel qu’ils orchestrent, où la vérité n’est plus qu’un éclair noyé dans le mensonge, l’espoir lui-même est méthodiquement assassiné, étouffé dans les génocides, tandis que les spectres du fascisme reviennent au grand jour, assumés, revendiqués, légitimés.
L’humanité est entrée dans la plus grande rupture de son histoire — une révolution totale dont nous ne verrons sans doute pas l’issue. C’est la fin d’une longue préhistoire faite de domination, et le commencement possible d’une histoire consciente, arrachée à la barbarie.
Mais que personne ne se berce d’illusions : la souffrance ne fait que s’intensifier. Les empires pourrissent sur pied, oscillant entre l’effondrement sanglant et la perpétuation de l’horreur. Les cavaliers de l’Apocalypse sont déjà là : armées privées, mercenaires, drones, missiles — les instruments de mort des riches labourent la planète, massacrent les peuples, terrorisent les cieux. L’État colonial israélien pousse jusqu’à son paroxysme sa logique d’extermination, étendant sa « solution finale » au-delà de la Palestine, dans un projet ouvertement suprémaciste de domination régionale.
Pendant ce temps, les aveugles — naïfs ou complices — continuent de nier la lutte des classes. Pourtant, même les oligarques l’avouent : Warren Buffett le proclame sans détour — « la lutte des classes existe, et nous sommes en train de la gagner ». Qu’ils savourent leurs victoires : elles seront de courte durée.
L’Occident impérial agite la menace nucléaire d’une troisième guerre mondiale, prêt à sacrifier l’humanité pour préserver ses privilèges. Les banques et les marchands d’armes prospèrent sur des guerres sans fin : contre la drogue, contre le terrorisme, contre la Russie, contre la Chine — autant de prétextes pour imposer le chaos et la domination. Ils recyclent même les fantômes du IIIᵉ Reich, soutiennent et arment des forces néonazies quand cela sert leurs intérêts. Et désormais, le « tiers-monde » est aussi au cœur du Nord : États-Unis fracturés au bord de l’implosion, Union européenne en décomposition sociale et économique.
En Amérique latine, la mascarade de la démocratie représentative s’effondre. Les multinationales des données et les machines de propagande de l’Empire fabriquent des dirigeants à leur image, imposent par la manipulation de masse et l’intelligence artificielle des figures autoritaires et sanguinaires : Bukele, Milei, Bolsonaro, Fujimori, Kast, De La Espriella. Ce n’est plus une dérive : c’est la liquidation pure et simple de toute légitimité démocratique.
Aveuglé par son arrogance, l’Empire ne voit pas qu’il perd déjà la bataille décisive : son hégémonie culturelle et politique s’érode irrémédiablement. Bientôt, il ne lui restera que la violence nue. Mais même ses soldats doutent, même ses instruments vacillent : l’École des Amériques ne vaincra pas l’Amérique des peuples en lutte. Dans la Patrie Grande et caribéenne, le XXIᵉ siècle s’est levé avec la Révolution bolivarienne, qui a ressuscité l’esprit insurgé de Bolívar.
L’Amérique latine est à l’heure du choix : soumission ou soulèvement. Et ce soulèvement ne sera pas celui d’un seul leader : Tupac Amaru sera des millions. L’unité imposée par l’oppression fera naître l’unité des luttes. La libération sera continentale — comme lors des guerres d’indépendance — ou elle ne sera pas.
Voici venue la lutte finale. Que personne ne prétende ne pas savoir. Que personne n’imagine pouvoir y échapper.
Traduction Bernard Tornare
Eduardo Rothe, dit « Profesor Lupa », est un journaliste, philosophe et militant révolutionnaire vénézuélien, lié au processus bolivarien et à la gauche anti‑impérialiste latino‑américaine. Ancien membre de l’Internationale situationniste et témoin de Mai 68, il a milité en Europe avant de poursuivre son engagement au Venezuela. Chroniqueur pour des médias comme Aporrea, Cubadebate ou Utopix, il est aussi connu pour ses émissions « Misterios de la Historia » sur teleSUR, où il décrypte l’histoire du capitalisme, du fascisme et de l’impérialisme.
Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.
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