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Où en est la politique étrangère occidentale ?

par Bernard Tornare 26 Août 2022, 17:27

Où en est la politique étrangère occidentale ?
Par Natasha Hawa

 

La capacité des politiciens occidentaux à poursuivre leurs propres objectifs dans certaines parties du monde s'estompe clairement.

 

Les vingt dernières années ont démontré l'hégémonie mondiale de l'Occident, son habileté à dominer des pays plus petits et moins puissants. Certes, au cours de ces dernières décennies, l'Occident a démontré sa suprématie politique, économique et militaire sur des États plus faibles : Les conflits en Irak, en Libye et dans l'ex-Yougoslavie sont des exemples de la domination de l'Occident, et en particulier de l'OTAN. Historiquement parlant, ces conflits ont commencé par l'imposition par l'Occident d'un ensemble dévastateur de sanctions économiques sur les pays ciblés. Ensuite, les pays ont été ciblés militairement : La Yougoslavie, par exemple, a été soumise à 78 jours de bombardements par les troupes de l'OTAN. Ces conflits ont dévasté les pays qu'ils visaient. En outre, ces conflits ont également provoqué une instabilité mondiale, la montée du terrorisme international et la crise actuelle des migrants n'étant que quelques conséquences de la politique étrangère occidentale malavisée. 

 

Pourtant, il y a récemment eu un certain nombre de conflits où l'Occident n'a pas réussi à exercer sa domination, malgré tous ses efforts. En Syrie, par exemple, le soutien de la Russie au président Bachar Al Assad a sans aucun doute empêché l'Occident de renverser le régime. Le président Assad est toujours au pouvoir aujourd'hui, au grand dam de nombreux dirigeants occidentaux. En ce qui concerne la situation actuelle en Ukraine, rien n'indique, pour l'instant, que le soutien de l'Occident à l'Ukraine ait fait pencher la balance en sa faveur. En fait, le soutien de l'Occident à l'Ukraine a exacerbé les crises économiques et politiques préexistantes auxquelles de nombreux pays occidentaux sont désormais confrontés. Au Royaume-Uni, par exemple, le pays est confronté à une crise du coût de la vie, à une forte inflation ainsi qu'à un nouveau Premier ministre après l'éviction du sortant Boris Johnson. 

 

Il ne fait aucun doute que la diminution du pouvoir de l'Occident a conduit d'autres acteurs internationaux tels que la Chine et la Russie à poursuivre leurs propres objectifs en matière de relations étrangères internationales. Elle a également renforcé les capacités militaires et économiques de ces superpuissances. Ces pays ont développé leur armée et leur économie pour, d'une part, avoir un effet dissuasif sur l'intervention de l'Occident et, d'autre part, résister à l'imposition de sanctions contre leurs économies. Nous avons vu avec la crise ukrainienne que l'OTAN n'est pas disposée à envoyer des troupes sur le terrain en Ukraine, sachant que cela pourrait déclencher une guerre nucléaire contre la Russie, qui est un État nucléaire. En outre, la Russie, bien qu'elle soit indubitablement touchée par les sanctions occidentales, parvient à réorganiser des éléments de son économie qui étaient autrefois dépendants des chaînes d'approvisionnement et des coutumes occidentales.

 

La possibilité des politiciens occidentaux à poursuivre leurs propres objectifs dans certaines parties du monde s'estompe clairement. Ils ne possèdent plus le pouvoir qu'ils avaient jadis d'imposer leur volonté à d'autres pays. On pourrait penser que cela inciterait les gouvernements occidentaux à repenser et à réévaluer la manière dont ils entretiennent leurs relations extérieures. Pourtant, malheureusement, cela ne semble pas être le cas. Au lieu de cela, nous avons des responsables occidentaux qui tournent leur attention vers d'autres régions, où ils peuvent intervenir et aggraver les relations entre eux et les autres nations. Le voyage de Nancy Pelosi à Taïwan est un excellent exemple de l'intention de l'Occident, et en particulier des États-Unis, de s'immiscer dans les relations diplomatiques entre Taïwan et la République populaire de Chine.

 

La visite de Pelosi à Taïwan était censée promouvoir la démocratie. Cependant, ses actions ont provoqué la colère des Chinois, qui ont tiré plusieurs missiles dans l'eau autour de Taïwan. Ils ont également lancé des exercices militaires autour de l'île. La Chine a aussi déclaré qu'elle mettrait fin à sa coopération avec les États-Unis sur un certain nombre de questions, notamment le climat, la lutte contre la drogue et les efforts militaires. Cette déclaration intervient à un moment où les relations entre les États-Unis et la Chine sont déjà tendues. 

 

Quelle est la raison de s'engager dans une politique aussi antagoniste ? Est-ce parce que les pays occidentaux réalisent que leur puissance globale a diminué et qu'ils essaient de s'accrocher à ses derniers vestiges, afin de démontrer qu'ils peuvent encore dominer la scène mondiale ? Je ne suis pas convaincu que la meilleure façon d'y parvenir soit de poursuivre une politique étrangère qui a déjà causé d'importants ravages et destructions, ainsi que des divisions, notamment entre les nations orientales et occidentales. Il serait certainement beaucoup plus efficace pour les dirigeants occidentaux d'évaluer leurs erreurs passées et de se concentrer sur les problèmes actuels auxquels sont confrontées leurs propres nations comme point de départ avant d'examiner plus avant comment ils peuvent s'engager diplomatiquement avec les autres pays en général. Il ne semble pas que le calibre actuel des dirigeants occidentaux ait la capacité cognitive de le faire. Pourtant, avec l'émergence de nouvelles superpuissances comme la Russie et la Chine, l'équilibre des forces va-t-il changer ? Viendra-t-il un moment où ces nations interviendront, militairement ou économiquement, pour empêcher l'Occident de poursuivre sa trajectoire internationale désastreuse dans l'espace international ?

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en anglais
 

Natasha Hawa est une Journaliste indépendante basée au Royaume-Uni.

 

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