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Souveraineté

par Bernard Tornare 12 Septembre 2026, 10:06

Souveraineté
Par Oscar Bravo

À la suite des récents accords pétroliers conclus entre la République bolivarienne du Venezuela et les États-Unis, les débats théoriques autour de l’autodétermination, du contrôle des ressources stratégiques et de l’exercice du pouvoir de l’État ont ressurgi avec force.

 

Pour comprendre la complexité de cette conjoncture, il convient d’examiner les trois principales positions qui s’affrontent aujourd’hui dans le champ politique.

 

Le paradoxe des visions extrêmes

Entre le purisme dogmatique et la subordination au marché, deux conceptions opposées de la souveraineté semblent conduire, chacune à sa manière, à une impasse.

 

D’un côté, l’ultragauche défend une lecture rigide et immuable de la souveraineté. Selon cette perspective, toute interaction commerciale avec le centre impérialiste mondial représente une capitulation idéologique. Son postulat affirme que la véritable souveraineté exige l’arrêt total de l’approvisionnement énergétique de la puissance hégémonique : pas une seule goutte de pétrole pour l’empire.

 

Cette approche tombe toutefois dans un paradoxe stratégique : en isolant l’État des flux du commerce international, elle étouffe les bases matérielles mêmes qui soutiennent l’indépendance nationale. Elle confond l’exercice de la souveraineté avec l’autarcie et rend impossible la captation des revenus nécessaires au bien-être social.

 

La négation néolibérale de la souveraineté

À l’extrême opposé, l’ultradroite néolibérale rejette d’emblée la validité théorique et pratique de la souveraineté nationale. Inspirée par les postulats de l’hypercapitalisme mondialisé, elle considère que les frontières territoriales et le contrôle de l’État constituent des obstacles archaïques à l’efficacité économique.

 

Pour ce courant, le destin des ressources naturelles doit être abandonné aux mécanismes autorégulés du libre marché et au capital transnational. Dans la pratique, cette approche réduit l’État à un simple arbitre administratif, privé de tout pouvoir de décision, et subordonne l’intégrité territoriale ainsi que le destin collectif aux intérêts des multinationales.

 

Un réalisme géopolitique

Face à ces deux positions radicalisées, une troisième approche émerge, fondée sur le réalisme géopolitique. Ce modèle ne conçoit pas la souveraineté comme un isolement dogmatique, ni comme une marchandise négociable, mais comme le contrôle effectif et la direction stratégique exercés par l’État sur ses ressources et son territoire.

 

Dans ce cadre, la signature d’accords énergétiques avec des puissances internationales ne constitue pas, en soi, une cession de souveraineté, à condition que trois principes soient préservés : la propriété inaliénable de la ressource, la défense de la territorialité et la redistribution sociale de la rente.

 

Mettre les richesses au service du pays

Au XXIᵉ siècle, la souveraineté s’exerce en garantissant que les richesses du sous-sol servent à financer le développement social et à préserver la paix nationale. Il s’agit de démontrer que commercer avec le marché mondial ne signifie pas abandonner la conduite politique du pays, ni renoncer au contrôle de son territoire.

 

Traduction Bernard Tornare

Source en espagnol

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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