Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Venezuela : souveraineté, démocratie et résistance face à l’impérialisme

par Bernard Tornare 12 Juin 2026, 17:17

Venezuela : souveraineté, démocratie et résistance face à l’impérialisme
Par André Abeledo Fernández

Peu de nations dans le monde ont subi une campagne de harcèlement politique, économique et médiatique aussi intense que la République bolivarienne du Venezuela. Depuis l’arrivée de la Révolution bolivarienne impulsée par le commandant Hugo Chávez, le pays fait l’objet d’une pression permanente de la part des États-Unis et des secteurs les plus réactionnaires de l’oligarchie vénézuélienne.

 

La raison est simple : le Venezuela a décidé d’exercer sa souveraineté. Il a décidé que ses ressources naturelles devaient être au service de son peuple et non des grandes multinationales. Il a choisi de construire son propre modèle politique, avec ses réussites et ses erreurs, mais décidé par les Vénézuéliens eux-mêmes et non dans les bureaux de Washington.

 

Il est frappant d’entendre ceux qui parlent constamment de démocratie tout en soutenant des sanctions économiques qui frappent des millions de personnes. Car telle est la grande contradiction du discours occidental sur le Venezuela. Ils affirment défendre le peuple vénézuélien tout en appuyant des mesures coercitives qui entravent le développement économique du pays et cherchent à asphyxier ses institutions. L’existence même de sanctions et de pressions internationales contre le gouvernement vénézuélien est d’ailleurs reconnue par de nombreux acteurs internationaux.

 

L’histoire récente du Venezuela montre que le conflit politique ne peut être compris uniquement sous un angle interne. Depuis des années, on observe des tentatives d’isolement diplomatique, la reconnaissance de gouvernements parallèles, un soutien politique à des stratégies de changement de régime et une intervention constante dans les affaires intérieures d’un État souverain.

 

Cela ne signifie pas qu’il faille nier les problèmes existants au Venezuela. Ce serait absurde. Aucun processus politique n’est exempt de contradictions. Mais il y a une différence entre analyser de manière critique une réalité complexe et adopter sans recul le récit construit par ceux qui n’ont jamais accepté qu’un peuple latino-américain décide d’emprunter une voie différente de celle tracée par les élites économiques traditionnelles.

 

La démocratie ne se limite pas à la tenue d’élections. Elle implique également le respect de la souveraineté populaire, de l’indépendance nationale et du droit des peuples à décider de leur propre destin sans ingérence extérieure. Et c’est précisément là que nombre de ceux qui se proclament défenseurs de la démocratie révèlent leurs plus grandes contradictions.

 

L’Amérique latine connaît trop bien les conséquences de l’intervention étrangère. Coups d’État, blocus économiques, campagnes de déstabilisation et opérations politiques ont été des outils fréquemment utilisés contre des gouvernements qui ont osé défier certains intérêts géopolitiques.

 

C’est pourquoi la défense du Venezuela ne doit pas être comprise comme une adhésion acritique à un gouvernement donné, mais comme la défense d’un principe fondamental : le droit des peuples à résoudre leurs propres problèmes sans tutelle impériale.

 

La gauche internationale devrait être capable de maintenir une position cohérente. Défendre les droits sociaux, la justice et la démocratie, certes. Mais aussi dénoncer les agressions économiques et politiques dirigées contre des pays souverains. Car il ne peut y avoir de véritable démocratie sous la menace permanente de l’ingérence étrangère.

 

Le Venezuela doit décider de son avenir. Ni Washington, ni les grandes entreprises, ni les élites économiques n’ont le droit de le faire à sa place. La souveraineté populaire ne peut être sélective. Ou bien elle est respectée pour tous les peuples, ou bien elle cesse d’être un principe démocratique pour devenir un simple outil de propagande.

 

Et c’est précisément pour cela que, au-delà des divergences idéologiques qui peuvent exister, la défense de la souveraineté vénézuélienne demeure une question de dignité, d’indépendance et de respect du droit des peuples à écrire leur propre histoire.

 

L’agression contre le Venezuela a atteint une dimension encore plus grave lorsque les États-Unis ont décidé de mener une opération militaire directe sur le territoire vénézuélien, aboutissant à la capture et au transfert forcé du président Nicolás Maduro hors de son propre pays.

 

Au-delà des positions idéologiques que chacun peut adopter vis-à-vis du gouvernement vénézuélien, il est impossible d’ignorer le précédent que constitue le fait qu’une puissance étrangère intervienne militairement dans un État souverain pour arrêter son chef d’État. Pour des millions de Vénézuéliens et pour une grande partie du mouvement anti-impérialiste international, cela a constitué un véritable enlèvement politique, réalisé en dehors de tout respect de la souveraineté nationale vénézuélienne.

 

L’opération, menée à travers des actions militaires à Caracas et dans d’autres régions du pays, a fait des victimes et a ouvert un débat intense sur sa légalité internationale. Si l’on accepte qu’une puissance puisse entrer militairement dans un autre pays, bombarder des objectifs, capturer son président et le transférer hors de ses frontières, alors c’est l’un des principes fondamentaux du droit international moderne qui est remis en cause : l’égalité souveraine des États. Aujourd’hui, c’était le Venezuela ; demain, cela pourrait être n’importe quelle nation qui décide de défier les intérêts géopolitiques des grandes puissances.

 

C’est pourquoi la défense de la souveraineté vénézuélienne ne relève pas seulement de la solidarité avec la Révolution bolivarienne. Elle constitue également une défense du droit des peuples à décider librement de leur avenir, sans invasions, sans tutelles étrangères et sans qu’aucune puissance ne s’arroge le rôle de police du monde.

 

Traduction Bernard Tornare

Source en espagnol

Venezuela : souveraineté, démocratie et résistance face à l’impérialisme

André Abeledo Fernández est un militant communiste et syndicaliste galicien, ancien conseiller municipal d’Esquerda Unida à Narón (Galice) et membre du Parti communiste de Galice (PCG). Organisé syndicalement dans la Confédération Intersyndicale Galega (CIG), il est chroniqueur dans plusieurs médias alternatifs de gauche.

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.  

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

Haut de page