Les charognards de l’extrême droite sont devenus fous à chercher de quoi se nourrir. Ce sont des ratés, et il ne leur reste plus que cela : se repaître de la charogne. À l’image des « influenceurs de la CIA ». Ceux-là mêmes qui, tout en profitant de la Révolution, allaient jusqu’à écrire des livres en personnalisant à l’excès les dirigeants bolivariens. Aujourd’hui que la manne s’est tarie, les voilà soudain devenus farouchement critiques. Ceux qui parlent un espagnol impeccable, mais avec un accent gringo bien marqué.
Ce que j’écris ici s’adresse donc aux camarades qui peuvent être troublés — et pour de bonnes raisons.
Il y a quelques jours, j’affirmais que ce n’était pas le moment de lancer des flèches, mais de tendre des ponts. De produire des arguments solides, fondés sur des bases réelles, afin que les compagnons et compagnes qui ont toujours lutté et défendu ce magnifique processus vénézuélien de transformation et de justice continuent le combat nécessaire et maintiennent notre ferme engagement dans la construction collective d’un système plus juste.
Je crois qu’il ne fait plus de doute pour personne qu’une nouvelle ère s’ouvre dans le monde. Ce qui se préparait depuis des années est enfin en train de naître. Et comme l’histoire l’a démontré à maintes reprises, tout changement d’époque s’accompagne de traumatismes et de situations extrêmement complexes.
Le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole de la planète, ne pouvait passer inaperçu ni être mis de côté dans ce réajustement global. Il ne faut pas oublier que nous vivons dans un monde où l’énergie fossile reste fondamentale pour le développement des nations, en particulier pour les grandes puissances.
L’empire, dont la décadence morale est visible aux yeux de tous, a porté un coup très dur au peuple vénézuélien. Nous devons avoir le courage de le reconnaître, sans hésitation ni complexes. Les États-Unis ont profité de leur suprématie technologique et militaire pour agresser notre patrie. Ils ont violé notre souveraineté. À ce stade, cela devrait être évident pour tous.
À mon humble avis, cette agression disproportionnée et injustifiée de la part des États-Unis n’était absolument pas nécessaire. Le Venezuela est une terre de paix. Il l’a toujours été, ouvrant ses bras à tous ceux qui ont voulu y chercher de nouveaux horizons.
Mais les États-Unis, dont la structure impériale se fissure et dont la crédibilité est profondément remise en cause, avaient besoin d’envoyer un message à la communauté internationale. Et ils nous ont utilisés comme chair à canon pour y parvenir. Il suffit d’écouter le discours du président Trump à Davos pour comprendre.
Peut-être que, fidèles à notre vocation pacifiste, nous avons péché par naïveté en croyant que les États-Unis n’oseraient pas lancer une telle opération, de peur de ternir leur image dans le monde. Or, les États-Unis ne se soucient en rien de l’opinion mondiale. Ils disposent d’un permis illimité d’agression. C’est une réalité que tous les peuples du monde doivent intégrer.
Frères et sœurs de lutte, le Venezuela ne s’est pas rendu. Il n’est à genoux devant personne. Il n’est pas un protectorat. Ce ne sont là que des absurdités destinées à nous démoraliser. Le peuple vénézuélien, noble et courageux, a résisté pendant des années à de fortes pressions et agressions, non seulement de la part des États-Unis, mais aussi de gouvernements serviles de ce continent, d’Europe et d’ailleurs, ainsi que d’institutions et organisations internationales comme l’ONU, l’OEA, le FMI, la Banque mondiale, les banques privées, entre autres.
Existe-t-il d’autres peuples assiégés ? Bien sûr. Ont-ils d’importantes réserves d’hydrocarbures ? Aussi.
Mais ont-ils à la fois ces ressources colossales et la malchance de se trouver dans l’hémisphère de l’empire le plus puissant de l’histoire humaine, aujourd’hui dirigé par des responsables à la moralité plus que discutable ? J’en doute. Ce qui est certain, en revanche, c’est que le Venezuela remplit ces critères.
Comparer notre situation à celle d’autres nations ou peuples me semble absurde. Chaque pays possède sa propre réalité, son idiosyncrasie, sa culture, ses forces, ses vulnérabilités, ses croyances — et bien d’autres éléments que tous devraient prendre en compte. Je le répète : nous avons subi un coup très dur, et cela doit rester au cœur de toute analyse.
Camarades, je vous invite à faire preuve d’ouverture et à approfondir l’analyse. À observer ce qui se passe dans le monde et l’évolution des événements.
Je vous invite également à évaluer et à réfléchir avant d’émettre un jugement ou de tirer des conclusions qui nuisent aux mouvements de transformation et servent nos ennemis – les ennemis du peuple.
L’histoire regorge d’exemples de pays en guerre menant simultanément des négociations. Des pays envahis qui combattaient tout en négociant.
Certains vont jusqu’à parler de reddition. Quelle légèreté. Un combat ne se réduit pas à une confrontation armée.
Nous combattons. Nous combattons pour empêcher le fascisme de s’emparer de notre patrie. Nous combattons pour préserver la paix au Venezuela. Nous combattons pour maintenir l’unité nationale et la République, après ce coup fatal qui a coûté la vie à plus de 100 Vénézuéliens, qui a vu l’enlèvement du président de la République et de son épouse, et la violation de notre souveraineté. Nous combattons pour renforcer les capacités de l’État. En somme, nous combattons en plaçant l’intérêt national au-dessus de tout.
Je sais qu’il y a de nombreuses questions. De nombreuses interrogations. Mais nous devons faire confiance à l’avant-garde de notre mouvement bolivarien. Le leadership bolivarien est confronté à une tâche extrêmement difficile. N’oublions pas que nous sommes les enfants de Bolívar. Des critiques ? Nous en avons tous. Des doutes ? Également. Mais comme le disait souvent Chávez :
« Irrévérence dans la discussion, loyauté dans l’action ».
En ces moments, peut-être plus que jamais, notre patrie est menacée, la nation traverse des temps très complexes et la souveraineté est violée. C’est pourquoi, compatriotes, frères et sœurs de lutte, nous devons agir avec prudence et maturité. Maintenir la paix, faire fonctionner l’État, éviter l’effusion de sang et préserver la République n’est pas une tâche facile.
J’ai entendu des voix mesquines remettre en question la notion même de République. Encore une fois, comme le disait Chávez : qu’ils gardent leurs égoïsmes et leurs arguties techniques. Ces personnes portent d’ailleurs une grande part de responsabilité dans la situation actuelle. Mais ne nous laissons pas distraire. Ce n’est pas le moment. L’histoire les jugera.
Restons fermes. Faisons confiance au projet. Souvenons-nous : à la mort du commandant Chávez, le président Maduro a remporté l’élection de 2013 de justesse, puis est venue la débâcle électorale de 2015. Beaucoup ont alors commencé à critiquer, à prendre leurs distances, voire à encourager la fragmentation du chavisme. On connaît la suite : l’auto-proclamation d’un jeune homme profondément ignorant et incapable, le pillage de la nation, les sanctions, les sabotages, les guarimbas, le blocage de la nourriture et des médicaments pour le peuple, entre autres dérives. Comme le dit le proverbe : « De ces poussières sont venus ces bourbiers ».
C’est dans les revers et les difficultés que l’on a le plus besoin de hauteur politique, de capacité d’analyse et de sens de l’orientation.
Ce n’est pas un hasard si le plus grand homme politique et stratège militaire né sur notre terre était appelé « l’Homme des difficultés ». Et en évoquant Bolívar, je conclus :
« L’homme d’honneur n’a pas d’autre patrie que celle où les droits des citoyens sont protégés et où le caractère sacré de l’humanité est respecté ».
Traduction Bernard Tornare
José Gregorio Biomorgi Muzattiz est un chimiste et homme politique vénézuélien, issu de l’Université centrale du Venezuela et docteur en chimie macromoléculaire et supramoléculaire, formé en France et en Norvège. Proche du processus bolivarien, il a occupé diverses fonctions dans l’appareil d’État depuis le début des années 2000, notamment comme ambassadeur du Venezuela en Syrie, vice‑ministre du Développement industriel puis ministre des Industries et de la Production nationale.
Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.
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