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Éducation et résistance : le monde après l’agression états-unienne contre le Venezuela

par Bernard Tornare 10 Avril 2026, 14:29

Éducation et résistance : le monde après l’agression états-unienne contre le Venezuela

Pedro Monzon Barata affirme qu'à la suite de l'agression américaine contre le Venezuela, l'éducation est le champ de bataille décisif où se forgent la souveraineté, la résistance et la clarté idéologique.

 

Par Pedro Monzón Barata

Un nouvel épisode de la guerre impériale contre Notre Amérique

Le panorama géopolitique actuel de Notre Amérique est marqué par une escalade agressive de l’impérialisme états-unien, qui a abandonné toute prétention de multilatéralisme ou de respect du droit international. L’attaque militaire ignoble contre le Venezuela, l’enlèvement arbitraire et illégal de son président constitutionnel Nicolás Maduro, l’assassinat lâche de plus de cent Vénézuéliens et Cubains, les menaces militaires explicites contre la Colombie, le Mexique et, tout particulièrement, Cuba, ainsi que le durcissement des blocus économiques asphyxiants ne sont pas des faits isolés. Ce sont des maillons d’une même chaîne de domination, conçue pour faire reculer tout projet de souveraineté nationale ou d’intégration régionale indépendante. Face à cette offensive multidimensionnelle, qui combine guerre économique, opérations psychologiques, actions cybernétiques et usage ou menace de la force armée, la réponse des peuples ne peut pas se limiter à la diplomatie ni à des réactions défensives ponctuelles.

 

Éduquer pour un rejet conscient et pratique

L’éducation des peuples en vue d’un rejet conscient et pratique de cette offensive devient une condition même de survie. Conscient, parce qu’il doit s’enraciner dans la compréhension profonde des mécanismes historiques, économiques et culturels de l’impérialisme. Pratique, parce qu’il doit se traduire par la mobilisation organisée, la défense des institutions légitimes, la solidarité internationaliste active et la construction quotidienne d’alternatives. L’éducation, au sens le plus large et le plus transformateur, est l’outil fondamental pour forger cette capacité de réponse. Loin d’être un simple appendice culturel, elle est le champ de bataille principal où se gagne ou se perd la bataille des idées, qui précède et conditionne toute autre forme d’affrontement.

 

De l’alphabétisation à la lecture critique du monde

L’éducation n’est pas neutre : l’alphabétisation des peuples en est le fondement primordial. Personne, parmi celles et ceux qui ont vécu la Campagne d’alphabétisation de 1961 à Cuba – à laquelle j’ai participé enfant – ne peut se faire d’illusions sur cette prétendue neutralité. Cet épisode, où plus de 100 000 jeunes se sont rendus dans les campagnes et les montagnes pour enseigner la lecture et l’écriture, fut un acte profond de subversion de l’ordre néocolonial. Nous, alphabétiseurs, ne portions pas seulement des manuels : nous portions une idée révolutionnaire, celle que le savoir est un droit universel et un instrument de libération. Les assassinats des jeunes alphabétiseurs Conrado Benítez et Manuel Ascunce Domenech, par des bandes contre-révolutionnaires armées et financées par la CIA, démontrèrent de manière brutale que l’oligarchie et l’impérialisme comprenaient parfaitement le danger qu’un peuple éclairé représente pour eux.

 

Aujourd’hui, l’analphabétisme a changé de forme. À côté de l’analphabétisme résiduel, persiste un analphabétisme fonctionnel, politique et numérique, soigneusement cultivé par un écosystème médiatique transnational au service du capital. Il se manifeste par l’incapacité à décoder les intérêts qui se cachent derrière une information, à contextualiser un conflit géopolitique, à comprendre ce que signifient les doctrines de « guerre hybride » ou de « coups d’État en douceur ». Bombardés par des récits qui présentent les victimes comme des bourreaux et les agresseurs comme des sauveurs, des secteurs populaires peuvent être poussés à agir – y compris dans les urnes – contre leurs propres intérêts de classe et d’intérêt national. La désinformation sur le Venezuela ou sur Cuba, où les effets graves d’une guerre économique et d’un blocus économique, commercial et financier génocidaire sont présentés comme « l’échec du socialisme », est l’arme privilégiée de ces acteurs.

 

C’est pourquoi l’éducation contemporaine doit avoir pour colonne vertébrale l’élévation générale du niveau d’instruction du peuple et une véritable éducation critique aux médias et à l’histoire. Elle doit apprendre à démonter la propagande, à identifier les sources, à suivre la piste des propriétaires des grands médias, et à comprendre l’histoire de la colonisation brutale et des interventions yankees dans la région, du Mexique en 1847 à Panama en 1989, jusqu’à l’agression contre le Venezuela en 2026. Seul un peuple capable de « lire entre les lignes » et d’interpréter un discours hégémonique de plus en plus grossier peut générer le rejet conscient nécessaire face aux campagnes d’intoxication visant à démoraliser, diviser et paralyser la résistance.

 

Guerre cognitive : la machine de désinformation contre le Venezuela

Un exemple paradigmatique de ce phénomène est l’intense campagne de désinformation déclenchée après l’agression militaire contre le Venezuela le 3 janvier et l’enlèvement illégal du président Nicolás Maduro, avec un objectif politique clair : miner la légitimité et l’unité du gouvernement bolivarien. Cette opération cherche à présenter le chavisme comme un mouvement vaincu, trahi de l’intérieur, en accusant faussement des figures clés comme Delcy Rodríguez ou Diosdado Cabello d’avoir passé un accord avec Washington pour renverser Maduro. Ces récits, amplifiés par des médias hégémoniques alignés sur les intérêts de la Maison-Blanche, reposent sur des sources fabriquées et ont été catégoriquement démentis par le gouvernement vénézuélien. Leur but est de semer la confusion et la démoralisation, en tentant de fracturer le soutien populaire et d’affaiblir la résistance devant ce qui est, en réalité, un acte de guerre et une violation flagrante du droit international.

 

L’architecture de cette manipulation est multiple. D’un côté, on diffuse des mensonges stratégiques sur une supposée capitulation économique et politique du Venezuela, attribuée au président Donald Trump lui-même, afin de fabriquer un récit de soumission et d’avantages supposés. De l’autre, on viralise de faux contenus audiovisuels destinés à provoquer un impact émotionnel immédiat : des vidéos de célébrations populaires à Caracas qui ont en réalité été filmées à Santiago du Chili, des images de Maduro en prison générées par intelligence artificielle, ou encore des scènes de films présentées comme des preuves de tortures réelles contre des opposants. Même une vidéo du bombardement du Commandement de la Milice bolivarienne a été manipulée pour la faire passer pour une attaque contre le mausolée d’Hugo Chávez, tentative cynique de blesser le symbole fondateur du chavisme. Ces fausses nouvelles ne sont pas des erreurs isolées mais des pièces d’une guerre cognitive qui cherche à réécrire la perception de la réalité, à faire paraître la résistance inutile et la collaboration inévitable.

 

Cette campagne poursuit trois objectifs principaux. D’abord, nier le caractère impérialiste de l’opération militaire, en la présentant comme une intervention « propre » ou même souhaitée de l’intérieur. Ensuite, projeter une image de contrôle total de Washington, selon laquelle toute action du gouvernement vénézuélien intérimaire serait interprétée comme une simple subordination à Trump, en ignorant les prises de position fermes de condamnation et de continuité constitutionnelle. Enfin, isoler le Venezuela sur la scène internationale, en le présentant comme un gouvernement illégitime et divisé, malgré les condamnations claires de pays comme le Mexique, la Colombie et Cuba, qui ont dénoncé cette agression comme un dangereux précédent contre la souveraineté et la Charte de l’ONU. Ces narrations sont une nouvelle attaque contre la souveraineté du pays, menée sur le champ de bataille de l’information, où l’anéantissement de la vérité est l’objectif central.

 

De l’hégémonie de Gramsci à la décolonisation de la pensée

La construction d’une pensée propre et décolonisatrice en Notre Amérique et dans le Tiers-Monde fournit l’arsenal théorique pour affronter de telles distorsions. Le marxisme, en montrant que les idées de la classe dominante sont, à chaque époque, les idées dominantes, a posé les bases de la compréhension de l’école et des médias comme appareils idéologiques. Antonio Gramsci a approfondi cette analyse avec son concept d’hégémonie, en expliquant comment la classe dominante se maintient non seulement par la coercition d’État mais aussi par le consensus culturel, en obtenant que sa vision du monde soit acceptée comme « bon sens » par les larges masses. La bataille pour cette hégémonie est une « guerre de position » qui se livre précisément dans les tranchées de la société civile : à l’école, dans les médias, dans la culture.

 

Des penseurs issus de la périphérie ont mis à nu la dimension culturelle et coloniale de la domination. José Martí, l’apôtre de l’indépendance cubaine, avec son affirmation que « être cultivé est le seul moyen d’être libre », a établi le lien indissoluble entre indépendance nationale et souveraineté de la pensée. Pour Martí, l’éducation devait former des êtres humains « pour la vie » et non pour servir des intérêts étrangers. Paulo Freire, avec sa pédagogie des opprimés, a transformé l’éducation en acte de dialogue et de conscientisation, où « lire le mot » est inséparable de « lire le monde » pour le transformer. Sa méthode rejette l’« éducation bancaire », qui se limite à déposer des informations passives dans la tête des élèves, et promeut une éducation qui interroge la réalité et fait de chaque étudiant un sujet critique.

 

Depuis l’Algérie, Frantz Fanon a montré comment le colonialisme n’occupe pas seulement les territoires mais aussi les esprits, en imposant un sentiment d’infériorité culturelle et une rupture avec sa propre histoire. Pour que la décolonisation soit réelle, elle doit inclure une « décolonisation de l’esprit », un sauvetage de la culture et de l’histoire propres comme sources d’identité et de résistance. Le Syrien Constantin Zurayk, après la Nakba palestinienne, a soutenu qu’aucune indépendance n’est possible sans une « éducation de la dignité nationale » qui combatte la mentalité de défaite et de dépendance.

 

À Cuba, Fidel Castro a synthétisé ces idées et les a mises en pratique à grande échelle. Ses longs discours didactiques étaient de véritables leçons d’histoire, d’économie politique et d’éthique internationaliste. Sa maxime, « Ne crois pas, lis ! », condense une éthique révolutionnaire du savoir : un appel au doute méthodique, à l’enquête personnelle, à ne pas déléguer aux autres l’interprétation de la réalité. Fidel est allé plus loin en défendant avec vigueur une culture générale intégrale, une formation qui unit sciences et humanités, théorie et pratique, brisant la division capitaliste entre travail manuel et travail intellectuel. Un peuple fragmenté dans ses connaissances est un peuple vulnérable à la manipulation ; un peuple doté d’une culture intégrale peut comprendre la complexité du monde, mieux appréhender ce qui l’entoure et se défendre plus efficacement.

 

Souveraineté ou subordination : deux modèles éducatifs

Le XXe siècle a offert deux modèles antagonistes. D’un côté, les expériences socialistes et les mouvements de libération nationale ont fait de l’éducation de masse et de l’éradication de l’analphabétisme des piliers de la construction nationale et de la souveraineté. En URSS, en Chine, au Vietnam et à Cuba, l’éducation a été un moteur de mobilité sociale et de création de capacités scientifiques endogènes. De l’autre, les « miracles » éducatifs capitalistes en Asie (Corée du Sud, Singapour, etc.) ont certes atteint de hautes performances techniques, mais au prix d’un coût humain énorme : systèmes de compétition féroce, aliénation des étudiants, éducation strictement au service du marché du travail, sans esprit critique ni finalité sociale.

 

Même dans les cadres capitalistes, certains dirigeants ont tenté d’imprimer un caractère souverain à l’éducation. En Malaisie, le premier ministre Mahathir Mohamad a promu une éducation à fort contenu nationaliste et anti-impérialiste, pour créer une bourgeoisie industrielle locale et réduire la dépendance mentale. En Tanzanie, Julius Nyerere a défendu l’« Éducation pour l’autosuffisance », liant l’école à la production communautaire et aux valeurs africaines d’ujamaa (famille élargie), avant que ce projet ne soit étranglé par les conditionnalités du FMI.

 

Ces exemples contrastés révèlent une vérité centrale : un système éducatif qui ne sert pas un projet national souverain finit par servir un projet de subordination aux centres de pouvoir globaux. Une éducation techniquement performante mais dépourvue d’esprit critique produit d’excellents employés pour les transnationales, mais des citoyens passifs et soumis face à l’exploitation de classe et au pillage des ressources de leur pays. L’éducation dont nous avons besoin aujourd’hui doit former à la fois des techniciens et des patriotes, des scientifiques et des internationalistes, des professionnels et des défenseurs de la souveraineté.

 

La souveraineté éducative de Cuba sous siège

Le cas de Cuba est emblématique. D’un pays qui comptait, en 1959, l’un des taux d’analphabétisme les plus élevés d’Amérique latine, l’île s’est transformée, en quelques décennies, en puissance éducative et scientifique reconnue dans le monde entier. Ce saut n’est pas le fruit d’une recette technique, mais d’une volonté politique claire qui a placé l’être humain au centre du développement. La Campagne d’alphabétisation en a été l’acte fondateur, mais le système s’est ensuite étendu de manière universelle et totalement gratuite, de la petite enfance aux études postuniversitaires. La fracture entre la « ville lettrée » et la campagne, entre la science et le peuple, a été brisée. La formation de Cubains patriotes et solidaires, ainsi que de dizaines de milliers de médecins, d’ingénieurs, d’enseignants et de scientifiques, a constitué la base matérielle qui a permis des avancées comme une industrie biotechnologique capable de créer ses propres vaccins, comme Abdala et Soberana contre la COVID, en plein durcissement du blocus.

 

Un fait est particulièrement éloquent : pendant la Période spéciale, au cœur de la crise économique la plus profonde, Cuba n’a fermé aucune école. Aujourd’hui, le pays consacre près de 13% de son PIB à l’éducation. Ce n’est pas une simple statistique, mais une déclaration de principes dans un monde où le savoir est marchandisé. Cela démontre que, même sous le siège le plus féroce, il est possible et nécessaire de défendre l’éducation comme bastion de la souveraineté nationale. Un peuple éduqué est un peuple capable de résister, d’innover et de survivre lorsque les portes du commerce international se ferment sous l’effet de la coercition extérieure.

 

Le peuple cubain, profondément patriote, a supporté stoïquement la Période spéciale sans se rendre, malgré le blocus implacable des États-Unis. Dans la conjoncture menaçante actuelle, bien que les Cubains aiment et souhaitent la paix, ils sont prêts à affronter toute circonstance pour défendre leur indépendance et leur souveraineté. Toute tentative d’agression contre notre pays par l’impérialisme yankee provoquerait de grandes souffrances, mais aurait aussi un coût immense pour les États-Unis, et échouerait face à la résistance active et tenace de l’écrasante majorité du peuple. Une telle agression serait un piège inéluctable pour l’empire.

 

L’internationalisme éducatif cubain : la dignité par la lecture

L’internationalisme éducatif cubain prolonge le principe selon lequel l’éducation est le moyen principal de former des personnes capables de comprendre la réalité et de résister à l’injustice. Reconnu par l’UNESCO, le simple mais profond programme d’alphabétisation « Yo, sí puedo » (« Oui, je peux ») a appris à lire et à écrire à plus de 10 millions de personnes dans plus de 30 pays. En tant qu’ambassadeur en Australie, j’ai pu en observer l’impact transformateur dans des communautés aborigènes ségréguées, comme à Wilcannia. Là, des adultes qui apprenaient à lire et à écrire signaient pour la première fois leur nom, commençaient à utiliser l’ordinateur, à comprendre les documents officiels et à communiquer avec des proches éloignés. L’incidence de nombreux problèmes sociaux a reculé : la parole retrouvée est devenue synonyme de dignité retrouvée et de capacité d’organisation renforcée.

 

Capitalisme cognitif et nouvelles tranchées de résistance

L’impérialisme a modernisé ses instruments de domination intellectuelle. Nous affrontons désormais un capitalisme cognitif, phase où la principale source de valeur et de contrôle est l’extraction des données, de l’attention et du savoir lui-même. Les grandes plateformes numériques (Google, Meta, etc.), avec leur promesse de « formation gratuite » et d’accès illimité à l’information, fonctionnent comme de nouveaux mécanismes de colonisation : elles homogénéisent la pensée, imposent l’anglais comme langue unique et transforment les utilisateurs en produits, dont les données se vendent au plus offrant. La financiarisation de l’enseignement supérieur, avec des dettes étudiantes qui asservissent des générations entières – comme les 1 700 milliards de dollars de dette étudiante aux États-Unis – est un puissant mécanisme de discipline sociale : une personne endettée se montre plus docile, moins encline à contester le système. L’algorithme menace de se substituer à l’enseignant : il promet une personnalisation de l’apprentissage, mais impose en réalité des normes cachées et une vision fragmentée du savoir.

 

Face à ce panorama, la résistance éducative se réorganise dans de nouvelles tranchées. Des universités indigènes en Amérique latine remettent en cause l’eurocentrisme académique et valident leurs propres formes de connaissance. Au Brésil, le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) crée des écoles où l’on enseigne l’agroécologie et la conscience de classe. En Europe et aux États-Unis, des écoles autogérées se développent, tandis qu’en Afrique et en Asie, des jeunes créent des plateformes éducatives en langues locales. Ces expériences diverses mais convergentes démontrent qu’une autre éducation est possible : enracinée dans les besoins concrets des peuples, renforçant les identités, gérée de manière démocratique, et orientée vers l’émancipation plutôt que vers l’adaptation au marché.

 

Immunité idéologique et défense de la souveraineté

L’éducation dont nous avons besoin dans ces temps d’agression ne peut pas être un simple programme scolaire de plus. Elle doit être un projet politico-pédagogique explicite de défense intégrale de la souveraineté. Elle doit intégrer substantiellement les savoirs autochtones, afro-descendants et populaires ; expliquer ce qu’est l’impérialisme à travers des cas concrets comme celui du Venezuela ; développer la pensée stratégique et l’unité, en montrant que l’agression contre un peuple frère est une attaque contre toute la Grande Patrie. Elle doit aussi former aux sciences en lien avec le développement national, et enseigner à créer des médias communautaires et nos propres réseaux de communication.

 

La maxime de Fidel, « Ne crois pas, lis ! », et celle de Martí, « Être cultivé est le seul moyen d’être libre », ne sont pas des slogans décoratifs : ce sont des principes vitaux pour survivre à la guerre non conventionnelle que nous vivons. Un peuple éduqué de manière critique est un peuple doté d’une immunité idéologique. C’est un peuple qui ne gobe pas le récit du « régime » fabriqué à Washington, qui sait s’organiser pour le rejet concret de l’injustice. Cuba, avec ses succès et ses limites, n’est pas un modèle à copier mécaniquement, mais un témoignage porteur d’espoir : même dans les conditions les plus adverses, l’engagement pour une éducation de qualité pour toutes et tous érige un mur de dignité que même le plus puissant des empires n’a pas réussi à faire tomber.

 

La tâche d’aujourd’hui est de généraliser ce principe, pour que chaque enfant, chaque jeune, chaque travailleur et travailleuse de Notre Amérique apprenne non seulement à lire et à écrire, mais à lire le monde avec ses propres yeux, à écrire son histoire de ses propres mains, et à défendre son avenir avec une conscience indestructible. Dans cette éducation réside la graine de la défaite définitive du projet impérial.

 

La bataille décisive pour l’avenir de Notre Amérique

Face à la guerre multidimensionnelle déchaînée par l’impérialisme, qui trouve son expression la plus brutale et criminelle dans l’agression contre le Venezuela, l’éducation n’est pas un refuge, mais l’atelier où se forge l’antidote : un peuple conscient. Un peuple qui, en apprenant à lire le monde avec ses propres yeux, désarme les mensonges qui justifient le pillage ; un peuple qui, en écrivant son histoire avec ses propres mains, dresse les barricades de la dignité nationale. L’avenir de Notre Amérique, sa capacité à résister, à re-exister et à vaincre, se joue dans cette bataille pour la conscience. Et c’est dans la défense sans concession de la souveraineté vénézuélienne que se livre aujourd’hui, avec une clarté totale, le combat décisif pour cet avenir.

 

Traduction Bernard Tornare

Source en anglais

 

Références bibliographiques

Castro, F. (1961). Palabras a los intelectuales [Discurso]. Departamento de Versiones Taquigráficas del Gobierno Revolucionario.

Chomsky, N., & Herman, E. S. (1988). Manufacturing Consent: The Political Economy of the Mass Media. Pantheon Books.

Constitución de la República Bolivariana de Venezuela. (1999).

Freire, P. (1970). Pedagogía del Oprimido. Siglo XXI Editores.

Golinger, E. (2005). El código Chávez: Descifrando la intervención de EE.UU. en Venezuela. Editorial Sur.

Gramsci, A. (1971). Selections from the Prison Notebooks (Q. Hoare & G. N. Smith, Eds. & Trans.). International Publishers.

Maduro, N. (2026, enero 4). Declaración ante el ataque imperial a la Patria [Comunicado oficial]. Presidencia de la República Bolivariana de Venezuela.

Martí, J. (1891). Nuestra América. En La Revista Ilustrada de Nueva York.

Ministerio del Poder Popular para la Comunicación y la Información de Venezuela. (2026, enero). Dossier: Pruebas de la operación militar ilegal y la campaña de desinformación.

Rodríguez, S. (1840). Sociedades Americanas. Imprenta de J. R. Navarro.

Éducation et résistance : le monde après l’agression états-unienne contre le Venezuela

Pedro Monzón Barata est un diplomate et intellectuel cubain, ancien ambassadeur et consul général de Cuba à São Paulo, aujourd’hui chercheur au Centre de recherche sur la politique internationale (CIPI) à La Havane. Spécialiste des relations internationales, de l’impérialisme et de l’histoire coloniale, il publie régulièrement des analyses sur l’Amérique latine, la Palestine, Cuba et les stratégies de domination globale dans divers médias internationaux, dont Al Mayadeen et plusieurs revues critiques.

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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