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Ce fut la surprise et la stupeur, il n’y a pas eu de trahison bolivarienne

par Bernard Tornare 18 Mars 2026, 14:18

Source Rébellion

Source Rébellion

Par Javier Mendoza Aubert

Caractéristiques de l’opération « Détermination absolue » des États-Unis, qui s’est appuyée sur un modèle de prédiction de localisation personnelle exacte, créé par l’entreprise Palantir, avec le soutien d’une Intelligence artificielle optimisée, pour enlever Nicolás Maduro et son épouse en 40 minutes.

 

I. L’ENLÈVEMENT

Le samedi 3 janvier 2026, à 2 h 01, heure locale du Venezuela (6 h 01 UTC), des explosions provoquées par des missiles ont été entendues à l’est de Caracas. Elles ouvraient la voie à cinq hélicoptères MH47G Chinook Block II, spécialisés dans les missions nocturnes à haut risque, pilotés par des équipages entraînés à voler dans des conditions extrêmes, à très basse altitude (à seulement 30 mètres du sol) et sans aucune illumination, guidés uniquement par des capteurs avancés et des systèmes de vision nocturne. Ces appareils transportaient 200 soldats d’assaut de la « Delta Force », hautement spécialisés et entièrement équipés pour capturer le président constitutionnel du Venezuela.

 

Deux hélicoptères F22 et F36, dont la mission consistait à partager en temps réel des données de navigation afin de tracer un corridor sûr et de détecter toute aéronef vénézuélienne susceptible de décoller pour leur faire face, ainsi que quatre hélicoptères MH60L Black Hawk « Direct Action Penetrator », armés de roquettes de 70 millimètres et de missiles Hellfire, capables de neutraliser des menaces avec une grande précision, constituaient les 6 appareils militaires chargés d’établir et de sécuriser l’accès des 5 Chinook à la zone de la résidence où dormaient Nicolás Maduro et son épouse.

 

Au moment même où ces 11 hélicoptères pénétraient dans l’espace aérien de Caracas, la capacité de commandement et de réaction des Forces armées bolivariennes a été « éteinte », en neutralisant électroniquement tous les systèmes de défense aérienne, aussi bien les radars que les infrastructures clés de communication. Des drones spécialisés et des avions de combat ont été déployés pour abattre, à l’aide de missiles Tomahawk, les antennes du Cerro El Volcán, situé à 1 500 mètres d’altitude sur une éminence à la périphérie de Caracas, neutralisant ainsi des liaisons critiques entre le haut commandement et les unités bolivariennes casernées habituellement dans la zone métropolitaine de la capitale. La base aérienne de Charallave et l’aéroport de Higuerote (État de Miranda), le fort Guaicaipuro et le fort Tiuna (à Caracas), ainsi que le port de La Guaira et la base navale de la Meseta de Mamo (État de Vargas) ont également été bombardés par des missiles.

 

Les agresseurs ont de la même façon mis hors d’usage, dans ces premières minutes, les systèmes antiaériens russes « Buk2ME » déployés en des points stratégiques de la base aérienne de La Carlota, à l’est de Caracas. D’autres radars et points de défense secondaires ont eux aussi été neutralisés, par une combinaison d’interférences électroniques et d’attaques cinétiques.

 

La zone sud de Caracas s’est retrouvée privée d’alimentation électrique, plongée dans l’obscurité et dans un impressionnant silence électronique empêchant tout type de communication et toute possibilité de riposte, grâce au bombardement des deux sousstations du réseau électrique situées dans ce secteur.

 

Au total, 150 aéronefs et des dizaines de drones ont été utilisés dans l’opération : bombardiers, chasseurs, avions ravitailleurs et appareils de renseignement, avec la présence à bord d’agents de la DEA et du FBI en qualité de conseillers de terrain.

 

En mer des Caraïbes, au large des côtes vénézuéliennes, l’agression a compté sur la participation de destroyers, de porteavions et d’autres bâtiments de la marine nordaméricaine. Une partie des avions et hélicoptères a été transportée par un porteavions, tandis que le reste – les appareils les plus grands et les plus lourds – provenait de 12 bases militaires étatsuniennes situées principalement à Curaçao, au Pérou, en Argentine, en Colombie, au Paraguay, en Équateur, à Guantánamo (Cuba) et en Espagne.

 

La marine américaine a déployé les bâtiments suivants :

– L’USS Iwo Jima (LHD7), navire amiral sur lequel Maduro a été reçu, transféré et photographié après son arrestation.

 

– L’USS Gerald R. Ford (CVN78), le porteavions le plus avancé des ÉtatsUnis, déployé comme partie de la force de choc en amont de la capture.

 

– Sept destroyers, dont l’USS Gravely, l’USS Jason Dunham et l’USS Sampson, chacun affecté à des missions précises dans le dispositif de blocus naval.

 

– Un sousmarin d’attaque à propulsion nucléaire, présent dans la zone sans intervenir directement.

 

L’armée de l’air bolivarienne, affaiblie par des années de manque de maintenance du fait des sanctions, embargos et blocus contre le pays, et privée de toute possibilité de communication, a à peine pu réagir. Certains appareils américains ont essuyé des tirs de l’armée bolivarienne, et un hélicoptère a été endommagé, mais tous ont réussi à regagner leurs points d’origine, selon les rapports de l’armée des ÉtatsUnis.

 

Les chasseurs bolivariens sont restés cloués au sol et les canons antiaériens ZU23 n’ont opposé aucune réaction. Les avions de combat américains ont conservé la supériorité aérienne à tout moment, et les hélicoptères sont demeurés en position pour couvrir l’exfiltration du chef d’État.

 

La coordination entre les aéronefs pour mener à bien l’opération a été millimétrée. Tandis que les énormes MH47G transportaient les groupes d’assaut et de capture, les MH60L sécurisaient le périmètre aérien et restaient prêts à toute réaction soudaine.

 

L’approche finale de ces appareils a été effectuée dans un silence total, en suivant des trajectoires calculées pour éviter les obstacles urbains et d’éventuels foyers de résistance. À 2 h 05, les Chinook sont arrivés aux abords du bunker où se trouvait le président, et les commandos d’assaut ont aussitôt débarqué, provoquant une surprise totale. D’après le général Dan Caine, chef d’étatmajor interarmées de l’armée des ÉtatsUnis, le dispositif de sécurité bolivarien n’a pas détecté l’opération dans la résidence, ni dans ses environs, avant qu’elle ne soit déjà en cours.

 

Le complexe où se trouvait Maduro avait été décrit par Dan Caine luimême (durant la phase préparatoire de l’opération) comme une véritable forteresse, dotée de portes blindées, de murs renforcés et d’un anneau de sécurité formé par une centaine de gardes du corps cubains et de militaires vénézuéliens. Mais rien de cela n’a suffi à protéger le président, surpris dans son sommeil aux côtés de son épouse Cilia Flores. À un moment, Maduro a tenté de se réfugier dans une chambre renforcée (construite sur le modèle d’une « panic room »), mais il n’a pas réussi à en fermer la porte à temps et a dû se rendre.

 

Le résultat de cette action criminelle, pompeusement baptisée « opération Détermination absolue », a été le suivant :

Morts :

– Cubains : 32 militaires internationalistes de soutien.

 

– Vénézuéliens : 42 militaires et 41 civils.

 

Blessés :

– 7 soldats étatsuniens et 111 civils vénézuéliens.

 

Au total : 115 morts et 118 blessés, ainsi qu’un président démocratiquement élu, enlevé avec son épouse.

 

La durée de l’opération a été de 40 minutes entre l’arrivée des hélicoptères nordaméricains dans la zone d’accès au bunker de Maduro et leur départ de la résidence, à 2 h 45 du matin. Au total, la mission s’est déroulée en 5 heures, de 23 h 45 le vendredi 2 janvier à 4 h 45 le samedi 3.

 

Mais… comment estce possible ? Les NordAméricains entrent et sortent du lieu le plus protégé du Venezuela en un peu plus d’une demiheure, et enlèvent à son domicile le président de la République ? Sans pratiquement subir de pertes ? Sans réponse militaire significative des forces bolivariennes ? Une opération de guerre comme si l’extraction avait été menée par « Rambo » dans un de ses mauvais films ?

 

Stupéfiant !

 

Cette efficacité sans égale a suscité de nombreuses spéculations, très utiles à l’agresseur impérial pour tenter de diviser le chavisme et d’imposer une narration défavorable au Venezuela et à sa direction actuelle. Parmi ces spéculations, on trouve notamment :

 

– Que de hauts gradés militaires et/ou responsables politiques bolivariens se seraient « vendus » en échange de la récompense de 50 millions de dollars, répartie entre plusieurs d’entre eux.

 

– Que Delcy Rodríguez aurait livré Maduro pour prendre le pouvoir.

 

– Que Maduro luimême aurait négocié son « enlèvement » afin d’éviter un bain de sang pour son peuple, à l’image de ce qui s’est produit en Syrie ou en Irak.

 

– Que le chavisme aurait négocié un partage « équitable » du pétrole vénézuélien avec les NordAméricains, acceptant ainsi le « destin fatal » du pays sudaméricain.

 

– Que Maduro se serait laissé arrêter en sachant que Donald Trump allait « bientôt le relâcher », en échange d’informations explosives sur l’entreprise vénézuélienne qui aurait organisé une fraude électorale en 2020 au profit des démocrates, lui volant sa victoire, et qu’avec ces informations on ferait emprisonner Obama et Hillary Clinton.

 

Sur ce terrain de rumeurs et de mensonges, il faut rappeler qu’une des méthodes traditionnelles de la CIA pour tenter de fragmenter des gouvernements et de dissoudre des mouvements contraires à ses intérêts consiste à diffuser de fausses nouvelles, des rumeurs et des récits empoisonnés qui dressent les leaderships les uns contre les autres, démoralisent ou désorientent les populations. Cela s’est produit dans des cas aussi variés que les « Black Panthers » des années 1960 – un groupe afroaméricain opposé au racisme, démantelé en quelques années par les conflits internes – ou, plus récemment, en Bolivie et en Équateur, où l’unité n’a pas pu être préservée, les deux gouvernements progressistes finissant par succomber face à la droite.

 

Historiquement, les ÉtatsUnis ont développé des programmes de « profilage psychologique » de dirigeants étrangers. En 1965, le psychiatre Jerrold Post a fondé, au sein de la CIA, une unité psychologique dédiée à l’analyse de la personnalité de dirigeants mondiaux, si bien qu’il est considéré comme le « père du profilage psychologiquepolitique ». Depuis, ce bureau a élaboré des profils opérationnels de figures telles que Fidel Castro, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi et, plus récemment, Vladimir Poutine.

 

De son côté, la psychologue clinicienne Ursula Wilder a travaillé à la CIA en étudiant les traits sombres des dirigeants mondiaux (ce que l’on appelle le « polygone obscur » : 1. narcissisme, 2. paranoïa, 3. machiavélisme, 4. sadisme), afin de comprendre et de prévoir leurs décisions. Ces analyses s’inscrivent principalement dans les travaux du Directorate of Analysis et de l’Office of Transnational Issues, des départements chargés du renseignement politique et de l’analyse de la stabilité gouvernementale.

 

Le Pentagone maintient, pour sa part, des unités d’« opérations psychologiques » (PSYOP) rattachées au Commandement des opérations spéciales de l’armée américaine, qui combinent outils d’analyse et techniques de manipulation pour « comprendre » les dirigeants et, éventuellement, les influencer et/ou les diviser.

 

Il n’existe pas de preuve publique déclassifiée montrant que le gouvernement des ÉtatsUnis recourt aujourd’hui, de manière systématique et assumée, au profilage clinique pour concevoir des campagnes de désinformation visant à fracturer et dissoudre des gouvernements étrangers. Ce qui est mieux documenté, en revanche, c’est la stratégie consistant à infiltrer des « taupes » dans les organisations opposées aux intérêts de Washington, pour accuser des figures en vue « d’être des agents de la CIA » et ainsi les éliminer physiquement ou les discréditer. C’est ce qui est arrivé en 1975 au plus important poète et militant social salvadorien, Roque Dalton, abattu d’une balle dans la tête par Joaquín Villalobos, dirigeant de l’Armée révolutionnaire du peuple (ERP) du Salvador, qui était en réalité un agent de la CIA chargé de l’exécuter sous prétexte de l’accuser, lui, Dalton, d’être un « agent infiltré » de l’impérialisme, son père étant nordaméricain : Winnall Dalton Jr., d’origine irlandaise, né à Tucson, Arizona.

 

La certitude documentaire d’une supposée « trahison » de la direction chaviste ne pourra être établie que si des secrets d’État nordaméricains sont un jour divulgués, comme ce fut le cas avec Julian Assange et Edward Snowden. Tant que cela ne se produira pas – ou tant qu’il ne surgira pas, depuis le Venezuela, des informations fiables sur un éventuel achat des loyautés de généraux ou de membres du sommet du pouvoir chaviste pour « livrer » Maduro – les rumeurs de « trahison » resteront ce qu’elles sont : des rumeurs et de la désinformation, relevant davantage de la manipulation de l’opinion que d’une réalité de ce qui s’est passé.

 

De plus, l’opération « Détermination absolue » a coûté au moins 2 milliards de dollars*, depuis sa planification jusqu’à la remise du président aux autorités pénitentiaires de New York. Alors, quelle logique y auraitil à ce que les ÉtatsUnis dépensent une telle somme dans une opération militaire millimétrée, s’ils avaient déjà « acheté » le sommet chaviste pour livrer sans grande résistance le dirigeant bolivarien ?

 

En laissant donc de côté les spéculations et rumeurs sur une « trahison de la direction bolivarienne et de l’armée », que s’estil réellement passé au Venezuela ? En suivant le sociologue portoricain et penseur décolonial Ramón Grosfoguel, on peut affirmer que cette opération a constitué le test d’un nouveau modèle d’intervention militaire guidé par l’Intelligence artificielle optimisée, qui dessine un nouveau scénario de « guerre froide » – voire de guerre directe, désormais numérique – dans le monde tripolaire en recomposition.

 

II. LE MODÈLE « PALANTIR »

L’opération « Détermination absolue » a été ordonnée par Trump après plusieurs mois de préparation, dans le prolongement des accusations portées dès 2020 contre Nicolás Maduro devant des tribunaux étatsuniens. Ces accusations, manifestement mensongères, s’accompagnaient d’une récompense de 50 millions de dollars pour quiconque fournirait des informations permettant de conduire à son arrestation et à sa condamnation.

 

Le président vénézuélien fut accusé d’être le chef d’un groupe terroriste international supposément appelé « Cartel des Soleils », comme l’indiquait l’affiche diffusée pour obtenir des informations sur son « lieu de résidence ».

 

Au cours de son histoire, l’empire nordaméricain a mené plus de 400 interventions militaires dans le monde jusqu’en 2026. En Amérique latine, il a déclenché plus de 70 conflits armés, allant de guerres formellement déclarées à des occupations militaires de plusieurs décennies, en passant par des opérations clandestines de la CIA pour renverser des gouvernements, ainsi que le financement, l’appui et l’instigation de coups d’État dans diverses nations de la région.

 

En janvier 2026, cependant, un nouveau modèle d’intervention militaire a été testé, permettant à l’empire de faire la seule chose qu’il pouvait faire (enlever le président) sans engager son armée dans une occupation directe du territoire vénézuélien. Une occupation prolongée, coûteuse en ressources économiques, serait une aventure pour laquelle les ÉtatsUnis ne sont ni économiquement ni politiquement préparés : le fantôme de leur défaite – en dernière instance – en Syrie, en Afghanistan et en Irak, ainsi que le coût astronomique du soutien à la guerre en Ukraine et du maintien de l’OTAN, pèsent lourd dans l’humeur d’une population nordaméricaine qui subit déjà une quasirécession et le déclin de sa monnaie. Cette conjoncture défavorable décourage également les faucons du complexe militaroindustriel, malgré leur désir de lancer une guerre d’occupation ouverte.

 

L’histoire de ce qui a rendu possible ce nouveau modèle d’intervention est la suivante.

 

En 2003, Alex Karp, Peter Thiel et trois autres ingénieurs ont fondé une entreprise baptisée « Palantir Technologies Inc. », un terme tiré de la saga de J.R.R. Tolkien, Le Seigneur des anneaux, où des sphères de cristal fabriquées par la race des « palantíri » permettent à leurs détenteurs de communiquer « d’esprit à esprit », quelle que soit la distance, et d’observer des événements, des lieux lointains ou même des scènes du passé, visibles « à travers la pierre » lorsque les images se matérialisent dans le corps des sphères.

 

Basée à Palo Alto, en Californie, Palantir Technologies Inc. possède aujourd’hui quatre implantations aux ÉtatsUnis et dix bureaux internationaux à Londres, Paris, Copenhague, Munich, Zurich, Tokyo, Abou Dabi, TelAviv, Séoul et Sydney.

 

Depuis sa création, Palantir s’est donné pour objectif de développer des plateformes d’intégration et d’analyse de données, au service de ses clients. À ce jour, elle a conçu quatre grands systèmes numériques :

1 - Palantir Gotham,

 

2 - Palantir Foundry,

 

3 - Palantir Apollo,

 

4 - Palantir AIP.

 

Parmi eux, Palantir Gotham est l’outil de renseignement exclusivement destiné à l’armée des ÉtatsUnis et aux pays alliés : c’est son logiciel vedette. Les trois autres sont des plateformes à usage commercial et de stratégie financière, accessibles à des entreprises et corporations de toutes sortes.

 

Autrement dit, Palantir a deux types de clientèles :

1 - Des agences gouvernementales et forces armées des ÉtatsUnis, principalement, et de pays membres de l’OTAN, secondairement.

 

2 - Des corporations commerciales privées de toutes natures et provenances.

 

Pour le premier type de clients, l’entreprise applique une politique de commercialisation extrêmement stricte : pour acquérir Gotham, elle sélectionne scrupuleusement ses partenaires en fonction de leur alignement sur les « valeurs des démocraties libérales occidentales », en refusant catégoriquement tout client ou armée proche de la Chine ou de la Russie, ou issue de ces pays.

 

La société est très discrète quant à sa liste complète d’utilisateurs de Gotham, mais parmi les acheteurs étrangers les plus importants – et confirmés – figurent :

– Le RoyaumeUni, l’un de ses plus gros clients hors ÉtatsUnis. La plateforme Gotham y est utilisée par le ministère de la Défense pour l’analyse de données stratégiques et tactiques. Palantir détient en outre d’énormes contrats avec le Service national de santé (NHS), qui recourt souvent aussi à la plateforme non militaire Foundry.

 

– L’Allemagne. Les forces de police de plusieurs Länder (comme la Hesse ou la Bavière) ont utilisé Gotham pour la prévention de la criminalité et l’analyse antiterroriste.

 

– L’Ukraine. Depuis le début de l’invasion russe, le gouvernement de Kiev emploie régulièrement des éléments de ce logiciel pour sélectionner des cibles militaires et prendre des décisions en temps réel sur le champ de bataille.

 

– L’OTAN, en tant qu’institution, a également utilisé la capacité d’intégration de données de Gotham pour planifier diverses opérations internationales.

 

– Israël. Gotham fournit un appui technologique aux forces armées israéliennes, engagées dans un génocide dans la bande de Gaza et dans une confrontation militaire aiguë avec l’Iran.

 

Cependant, seule l’armée des ÉtatsUnis a le droit d’utiliser 100% du portefeuille d’outils numériques et d’IA que propose Gotham. Le gouvernement nordaméricain, via le filtre exercé par Palantir ellemême, se réserve le droit de ne jamais livrer la totalité de cette technologie à d’autres armées, afin de ne conférer aucun avantage militaire à quiconque, y compris à ses partenaires de l’OTAN, qui ne sont, au fond, ni si « amis » ni si fiables. Cette position est évidente si l’on observe les tensions de l’empire avec le Danemark au sujet du Groenland, où les intérêts et l’appétit des ÉtatsUnis ne coïncident pas avec la préservation de l’intégrité territoriale de certains membres de l’OTAN.

 

Mais pourquoi Gotham estil si décisif pour l’armée américaine ?

 

Parce que son utilisation fait clairement la différence en termes d’efficacité et de létalité militaires. Voyons les fonctions principales de ce logiciel :

– Intégration de données : il centralise des informations provenant de sources hétérogènes, telles que des images satellites, des signaux issus de capteurs de terrain, des transmissions de drones, des enregistrements de communications numériques et analogiques.

– Analyse prédictive par IA : il recourt à des algorithmes d’Intelligence artificielle pour identifier des schémas de mobilité et des mouvements inhabituels des ennemis, afin de concevoir des routes d’attaque optimales.

– Visualisation tactique : la plateforme génère un « panorama opérationnel commun » (COP), qui permet aux commandants de visualiser sur une même interface des cartes détaillées avec la localisation des forces alliées, des menaces et des troupes ennemies actives, en temps réel.

– Optimisation de la « chaîne de destruction » (« Kill Chain ») : elle permet d’identifier des objectifs et de les « assortir » à l’arme ou à l’unité militaire la mieux adaptée pour les neutraliser, en maximisant la rapidité de réaction et l’efficacité au combat.

– Fonctionnement « en périphérie » (« on the edge ») : Gotham est conçu pour opérer dans des environnements à faible connectivité, en traitant des données directement depuis le matériel embarqué sur les véhicules, chars, avions, drones et équipements portables des soldats, sur le modèle d’un « Internet des objets » – à ceci près qu’il ne s’agit pas de réfrigérateurs ou de climatiseurs, mais des systèmes numériques des machines et appareils de guerre déployés sur le champ de bataille.

– TITAN (Tactical Intelligence Targeting Access Node) : un système de stations terrestres nouvelle génération qui recourt à l’IA pour traiter les données de capteurs spatiaux et terrestres, afin d’obtenir un ciblage de précision dans un conflit.

– Army Vantage : une plateforme de gestion de données qui unifie les informations logistiques et les besoins de formation du personnel, pour optimiser les ressources de l’armée.

 

L’origine de Palantir plonge ses racines dans l’attentat contre les tours du World Trade Center, le 11 septembre 2001. Peter Thiel, ancien camarade d’Alex Karp à la faculté de droit de Stanford, a, ce jourlà, une sorte « d’illumination ». Stupéfait par l’énorme faillite des services de renseignement américains, qui a permis à des avions de ligne d’aller percuter ces bâtiments, il constate que ce défaut ne tient pas au manque de données : la CIA et le FBI détenaient toutes les pièces du puzzle, mais n’ont pas su les relier entre elles. Des barrières bureaucratiques et une rivalité féroce (qui masque au fond une lutte pour les budgets fédéraux) ont empêché de connecter ces informations pour prévenir l’attentat. La révélation qui s’impose alors à Thiel est la suivante : « Il faut connecter les données, toutes, sans en omettre une seule, pour qu’une chose pareille ne se reproduise plus. »

 

Trois ans plus tôt, en 1998, Peter Thiel avait fondé PayPal, et il s’était rapidement heurté à un problème massif de fraudes financières. Pour les contenir, il a créé un logiciel appelé IGOR, capable de détecter des schémas criminels dans le chaos des transactions de cette plateforme de paiement internationale. Le programme a très bien fonctionné, si bien qu’après le 11 septembre, Thiel s’est dit : « Un système semblable, qui relie toutes les informations, peut être réorienté pour traquer des terroristes. » C’est l’idée qu’il proposa à son ami Alex Karp, et ensemble ils fondèrent Palantir, en 2003.

 

Le coup de génie des deux fondateurs a été de combiner le travail de l’Intelligence artificielle et des réseaux neuronaux de prédiction avec l’expertise humaine d’analystes, chargés « d’éduquer », d’interroger et d’orienter correctement l’IA, afin d’éviter que les programmes et algorithmes n’interprètent automatiquement tous les flux de données et ne leur attribuent d’euxmêmes une signification finale. Cette conjonction de l’IA et d’analystes humains experts, Karp et Thiel l’ont baptisée « Intelligence artificielle optimisée ».

 

Ainsi, la plateforme Gotham a été utilisée avec un succès stupéfiant lors de l’opération « Détermination absolue » du 3 janvier 2026. En réalité, cette intervention militaire a officiellement commencé le 13 novembre 2025, avec le lancement de l’opération « Southern Spear » (« Lance du Sud »), une campagne de « vigilance » du Commandement Sud (SOUTHCOM) des ÉtatsUnis au large des côtes vénézuéliennes. Cette opération a été justifiée par le prétexte de « démanteler des réseaux de narcoterrorisme et de trafic illicite de drogues », mais elle répondait en fait au déploiement de 13 grands bâtiments de guerre voués à former un réseau de capteurs pour alimenter l’IA de Gotham. Le résultat fut la création d’un système baptisé « ShipOS » (« Ship Operation System » – système d’exploitation naval), utilisé pour anticiper et gérer la complexe « chorégraphie navale » de ces navires postés dans les Caraïbes jusqu’à l’enlèvement de Maduro.

 

Grâce à ShipOS, on a pu prédire avec exactitude les pannes mécaniques possibles sur les bâtiments, optimiser les chaînes d’approvisionnement et ajuster, en temps réel, les déplacements et positions stratégiques nécessaires à l’opération, en veillant à ce que la machine de guerre nordaméricaine fonctionne avec la précision d’une horloge suisse. Le mitraillage d’au moins 36 bateaux et embarcations légères, dont beaucoup vénézuéliens – en réalité pour la plupart des bateaux de pêche – où 125 personnes ont été tuées (d’après l’organisation Just Security), n’a été qu’un écran de fumée, pendant que la flotte collectait les données destinées à nourrir ShipOS, dont Palantir se vante tant depuis le « succès » de l’intervention.

 

En préparation de l’opération finale, le 17 décembre, les ÉtatsUnis ont ordonné un blocus ciblant les pétroliers « sanctionnés » entrant ou sortant du Venezuela. Ils ont ainsi « confisqué » les tankers Skipper, Eliana, Veronica et Sagitta, s’appropriant le pétrole brut qu’ils transportaient. Le vol de ces cargaisons n’était pas l’objectif véritable du blocus, mais servait à sécuriser la zone en vue de l’enlèvement à venir du président Maduro.

 

L’intégration des données en vue du rapt s’est faite à partir de pétaoctets d’empreintes numériques et de relevés de consommation électrique, de signatures thermiques, de mouvements logistiques subtils, de transactions financières et de schémas de déplacements personnels, reconstitués à partir de capteurs, de dispositifs de surveillance à distance (« Internet des objets ») et de l’exploitation des métadonnées des téléphones de Maduro et de son épouse, ainsi que de ceux de toute leur escorte, vénézuélienne et cubaine, du personnel de service et de la haute direction chaviste.

 

Tous les téléphones portables du palais de Miraflores ont été suivis dans leurs mouvements routiniers à partir de leurs puces, piratées. Combinées à la triangulation des signaux, ces puces fournissent des informations permettant d’établir avec précision leur localisation géographique, grâce aux antennes relais. Cette triangulation est possible que le téléphone soit allumé ou éteint.

 

Il faut rappeler que les « métadonnées » d’une puce téléphonique sont les suivantes :

1 - Identifiants techniques de la puce :

 

– ICCID (Integrated Circuit Card ID) : le numéro de série unique de la carte physique.

 

– IMSI (International Mobile Subscriber Identity) : un code unique de 15 chiffres qui identifie l’abonné au niveau mondial et le relie à son opérateur.

 

– KI (Authentication Key) : une clé de 128 bits utilisée pour authentifier la carte SIM sur le réseau.

 

2 - Métadonnées de réseau et de connectivité : informations générées par la puce lorsqu’elle interagit avec les antennes de téléphonie dans sa zone locale (LAI, Local Area Identity).

 

3 - État du service : informations indiquant si l’utilisateur se trouve sur son réseau local ou en itinérance (roaming).

 

4 - Clés de chiffrement : données temporaires nécessaires pour protéger la confidentialité des communications sans fil.

 

5 - Métadonnées de communication : registres d’appels (numéros d’origine et de destination, durée, date et heure).

 

6 - Historique des SMS générés par le téléphone.

 

7 - Contacts : noms et numéros mémorisés sur la puce ellemême (jusqu’à 250 contacts en général).

 

Cette masse gigantesque d’informations, conjuguée aux séries d’images satellites, a été quotidiennement traitée par l’IA optimisée de Gotham, via une plateforme spécifique à cette opération, appelée Maven Smart System. Celleci a fusionné et corrélé ces données avec des interceptions de signaux radar et des informations recueillies sur les réseaux sociaux, permettant aux NordAméricains de savoir en permanence où se trouvait Maduro et de prédire, avec une grande précision, ses déplacements possibles.

 

Six mois avant l’extraction, durant l’été 2025, des agents de la CIA ont été déployés à Caracas avec une mission : reconstituer, en temps réel et « sur le terrain », le mode de vie de Nicolás Maduro : où il dormait, comment il se déplaçait, combien de personnes composaient son cordon de sécurité, quelles infrastructures et bâtiments, précisément, le protégeaient, à quelles heures il prenait ses repas, etc.

 

Ainsi, avec sa plateforme Gotham, Palantir a fourni à Donald Trump un outil décisif : la capacité de « voir » et de localiser sa proie à travers les murs d’un palais présidentiel situé à des milliers de kilomètres de Washington, un lieu théoriquement ultraprotégé, qui s’est néanmoins révélé incapable d’empêcher l’enlèvement d’un président en exercice.

 

En conclusion, l’opération « Détermination absolue » a été menée à partir d’un modèle d’intervention militaire d’une précision extrême, fondé sur l’intégration de données traitées par le logiciel Maven Smart System, alimenté par les sources suivantes :

– relevés des schémas de consommation électrique du palais de Miraflores (résidencebunker de Nicolás Maduro),

 

– signatures thermiques des occupants du bunker, captées par des caméras infrarouges et des satellites spécialisés,

 

– schémas de déplacements personnels, reconstitués à partir de capteurs télécommandés,

 

– métadonnées des téléphones portables du président, de son épouse, de ses gardes du corps et du personnel de service du bunker,

 

– triangulation géographique à partir des antennes relais,

 

– reconstitution des habitudes de vie du président, obtenue sur le terrain par des agents de la CIA,

 

– suivi des réseaux sociaux des occupants de la résidence présidentielle,

 

– enregistrement de données « en périphérie » (« on the edge »), extraites des systèmes numériques des véhicules civils et militaires de la résidence.

 

L’ensemble de ces données a été traité de manière à garantir qu’à 2 h 05, le samedi 3 janvier 2026, le président se trouverait, sans aucun doute possible, en train de dormir dans sa chambre de la résidence du palais de Miraflores, aux côtés de son épouse, et non ailleurs, où son enlèvement aurait pu échouer.

 

*Note : L’estimation de 2 milliards de dollars pour l’opération au Venezuela se fonde sur les coûts rapportés par l’armée des ÉtatsUnis, selon lesquels chaque aéronef engagé – des chasseurs furtifs aux avions de veille avancée – implique un coût d’au moins 10 millions de dollars pour la durée totale de la mission. À cela s’ajoutent le coût quotidien des navires, d’un porteavions et d’un sousmarin, ainsi que la solde de la troupe et du personnel de navigation, pour un total d’environ 60 millions de dollars par jour pour toute la flotte.

 

Traduction Bernard Tornare

Source en espagnol

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

 

 

Documents consultés :

A.- Concernant la chronologie de l'enlèvement :

1.- https://www.infodefensa.com/texto-diario/mostrar/5722471/captura-maduro-paso-paso-papel-letal-helicopteros-mh-47g-chinook-mh-60l-armados

2.- https://as.com/actualidad/sociedad/las-dos-bestias-del-aire-que-eeuu-uso-para-capturar-a-maduro-en-pleno-caracas-ejemplo-de-velocidad-y-violencia-controlada-f202601-n/

3.- https://www.nytimes.com/2026/01/03/us/politics/trump-capture-maduro-venezuela.html

4. https://es.wikipedia.org/wiki/Ataque_estadounidense_a_Venezuela_de_2026

5.- https://breakingdefense.com/2026/01/venezuela-150-aircraft-cyber-effects-maduro-operation-how-it-happened-caine/

6.- https://www.whitehouse.gov/gallery/operation-absolute-resolve-january-3-2026/

7.- https://www.lefigaro.fr/en/behind-the-scenes-of-absolute-resolve-the-us-military-operation-that-brought-down-nicolas-maduro-20260120

8.- https://www.ohchr.org/en/press-releases/2026/01/venezuela-accountability-and-democracy-cannot-be-built-violations

9. https://www.democracynow.org/2026/1/5/headlines/us_launches_attack_on_venezuela_captures_maduro_and_his_wife

 

B.- À propos d'Alex Karp :

1.- https://dokumen.pub/the-philosopher-in-the-valley-alex-karp-palantir-and-the-rise-of-the-surveillance-state.html

2.- https://www.yumpu.com/en/document/view/69924722/download-alex-karp-biography-the-mind-behind-palantir-pdf

3.- https://legrandcontinent.eu/es/2025/08/07/con-palantir-el-plan-ontologico-de-alex-karp-y-peter-thiel-para-crear-un-estado-digital/

4.- https://www.weforum.org/meetings/world-economic-forum-annual-meeting-2026/sessions/conversation-with-alex-karp-ceo-and-co-founder-palantir-technologies/

 

C.- À propos de Peter Thiel et PayPal :

1.- https://www.theguardian.com/books/2021/oct/03/the-contrarian-review-inside-the-strange-world-of-paypal-founder-peter-thiel

2.- https://celestri.org/wp-content/uploads/2011/01/peter_thiel1.pdf

3.- https://es.scribd.com/document/484833389/Peter-Thiel

4.- https://www.startuparchive.org/p/peter-thiel-tells-the-founding-story-of-paypal

 

D.- Concernant Palantir Technologies et la plateforme Gotham :

1.-  https://www.palantir.com/

2.- https://thepower.education/blog/business/palantir-technologies-analisis-de-datos-y-seguridad

3.- https://en.wikipedia.org/wiki/Palantir

4. https://www.rtx.com/who-we-are/we-are-rtx/defense?utm_medium=cpc&utm_source=google&utm_campaign=rtx-brand&utm_content=defense-american&gad_source=1&gad_campaignid=22503519327&gbraid=0AAAAABLaFCx-BDHGunzH80wE0NBwMWcMI&gclid=CjwKCAiAkbbMBhB2EiwANbxtbUwcKS1MPfwZBUx0XlF8Jt7dFJCKEXT8a4Zzt2ov5YJOPJEUH6NgGRoCgA4QAvD_BwE

5.- https://www.palantir.com/offerings/defense/army/

6.- https://www.linkedin.com/pulse/palantir-technologies-expanding-gotham-intelligence-baek-fvk1c

 

E.- Concernant les interventions américaines en Amérique latine :

1.- https://www.npr.org/2026/01/02/nx-s1-5652133/us-venezuela-interventionism-caribbean-latin-america-history-trump

2.- https://www.britannica.com/topic/History-of-US-Intervention-in-Latin-America-and-the-Caribbean

3.- https://www.aljazeera.com/news/2025/11/26/a-timeline-of-cia-operations-in-latin-america

4.- https://www.redpepper.org.uk/global-politics/latin-america/how-the-united-states-subjugated-latin-america-for-centuries/

F.- À propos du profilage psychologique des dirigeants mondiaux par la CIA :

– Jerrold Post

1.- https://www.brookings.edu/articles/jerrold-post-one-of-the-cias-truly-great-innovators/

2.- https://www.theguardian.com/us-news/2020/dec/06/jerrold-m-post-cia-psychiatrist-profile-trump-dies-covid

3.- https://www.cia.gov/resources/csi/studies-in-intelligence/volume-65-no-1-march-2021/in-memoriam-psychiatrists-professors-patriots-drs-jerrold-post-1934-2020-and-laurence-cove-1933-2020/

 

– Ursula Wilder :

1.- https://bush.tamu.edu/ursula-wilder/

2.- https://www.spymuseum.org/past-events/spycast-ep-621-a-cia-psychologist-on-the-minds-of-world-leaders-pt-1/2024-02-20/

3.- https://lbj.utexas.edu/psychology-espionage-and-leaking

 

– L'unité psychologique de la CIA :

1.- https://www.cia.gov/readingroom/

2.- https://www.apa.org/monitor/apr02/cia

3.- https://www.statnews.com/2024/04/23/cia-mind-control-projects-artichoke-mkultra-lessons-psychistrist-in-training/

 

G.- À propos de l'histoire de Roque Dalton :

1.- https://www.cndh.org.mx/noticia/roque-dalton-ensayista-periodista-poeta-activista-y-guerrillero

2.- https://casiliteral.com/paises/el-salvador/la-muerte-de-roque-dalton-ii-el-agente-infiltrado-de-la-cia/

3.- https://www.contrapunto.com.sv/roque-dalton-en-los-archivos-de-la-cia-poeta-revolucionario-y-objetivo-principal/

 

H.- Sur l'histoire et la dissolution des Black Panthers.

1.- https://nmaahc.si.edu/explore/stories/black-panther-party-challenging-police-and-promoting-social-change

2.- https://www.archives.gov/research/african-americans/black-power/black-panthers

3.- https://www.marxists.org/archive/winston/1971/08/crisis-black-panther-party.htm

 

I. À propos de l’organisation « Just Security ».

1.- https://www.justsecurity.org/

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