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Quelle est la vérité derrière le récit de la trahison au Venezuela ?

par Bernard Tornare 25 Février 2026, 21:08

Quelle est la vérité derrière le récit de la trahison au Venezuela ?
Par José Gregorio Biomorgi

​Au cours des derniers jours, les grands médias ont intensifié leur offensive contre le Venezuela afin d’imposer un récit après l’agression états-unienne, qui a culminé avec l’enlèvement du président Nicolás Maduro et de son épouse, la députée Cilia Flores.

Ces marchands de désinformation ont diffusé des histoires fantasques et fabriquées, produits de spéculations sans fondement. Leur objectif est d’installer dans la conscience publique l’idée d’une trahison du Haut Commandement de la Révolution contre le président Maduro. Plus précisément, l’offensive a été dirigée contre notre sœur, la présidente par intérim, Delcy Eloína Rodríguez Gómez.

Il est clair que cette stratégie est menée par les ennemis éternels de la Révolution bolivarienne, associés aux traîtres du chavisme, dont beaucoup sont d’anciens ministres, qui ne pardonnent pas à Chávez d’avoir proposé Nicolás Maduro comme son successeur, ni à ce dernier sa loyauté absolue envers le chavisme et le peuple du Venezuela.

Quelle est la raison de l’offensive médiatique contre Delcy Rodríguez ?

 

Pour répondre à cette question, nous devons d’abord comprendre deux faits indéniables :

​1 - Les États-Unis ont effectivement échoué dans leur stratégie de « changement de régime » au Venezuela.

​2 - L’agression contre le Venezuela a été un « mauvais calcul » de l’administration états-unienne, et elle commence déjà à lui coûter cher.

En gardant ces deux faits à l’esprit, il sera beaucoup plus facile de comprendre le désespoir des ennemis du Venezuela dans leur recherche d’une nouvelle stratégie pour affaiblir la Révolution bolivarienne, après leur échec historique à y parvenir. Quel est l’objectif de cette nouvelle offensive ? Ce n’en est pas un autre que de tenter de diviser le peuple et le mouvement chaviste. Voilà la véritable raison qui se cache derrière le récit de la trahison.

Les racines de Delcy Eloína Rodríguez Gómez

Avant de parler de Delcy Rodríguez comme figure politique et présidente par intérim de la République bolivarienne du Venezuela, parlons de ses racines. Delcy est la fille de la figure historique Jorge Antonio Rodríguez, dirigeant étudiant et militant social éminent, membre du MIR (Mouvement de la gauche révolutionnaire), puis fondateur de la Ligue socialiste. Ces deux organisations politiques étaient des mouvements de gauche d’idéologie marxiste-léniniste et antiimpérialiste.

Jorge Rodríguez le Père (comme on l’appelle également) a collaboré activement avec les mouvements de guérilla de la fin des années 1960 et du début des années 1970, qui luttaient contre la répression de ce qu’on appelle au Venezuela la Quatrième République. Il s’agit du système politique formellement instauré au Venezuela de 1958 à 1999. Durant cette période, des gouvernements répressifs et hautement corrompus se sont installés qui, après le renversement de la dictature militaire en 1958, ont trahi le peuple, se sont rangés du côté de l’oligarchie nationale et sont devenus les valets des États-Unis. A commencé alors la persécution de tout mouvement de gauche qui revendiquait la souveraineté et prônait un gouvernement populaire, au service des citoyens et non de la classe dirigeante corrompue, déjà en pleine décadence morale.

Au milieu de ces luttes, menées par un groupe de jeunes aux fortes convictions politiques, qui se sentaient trahis par le Pacte de New York (ou Pacte de Punto Fijo, comme est connu cet accord signé par les dirigeants politiques qui ont trahi le peuple), la figure de Jorge Antonio Rodríguez s’est imposée comme dirigeant politique et moral. Et c’est dans la chaleur de ces luttes révolutionnaires que naît, en 1969, notre sœur Delcy Eloína Rodríguez Gómez.

Le dévouement et la loyauté de Jorge Antonio Rodríguez envers le peuple du Venezuela lui ont coûté la vie. En 1976, il est assassiné par l’appareil répressif gouvernemental de l’une des figures les plus corrompues qu’ait connues le Venezuela à la présidence : le tristement célèbre Carlos Andrés Pérez. Delcy Rodríguez a perdu son père alors qu’elle n’avait que sept ans. Voilà d’où vient notre présidente par intérim : une femme née dans la chaleur des luttes antiimpérialistes.

Delcy Rodríguez, digne représentante des femmes vénézuéliennes

La famille Rodríguez Gómez a poursuivi sa route malgré la douleur de perdre le chef du foyer, qui avait consacré sa vie aux causes justes et au peuple du Venezuela. Inspirée par l’exemple de loyauté et d’amour pour le peuple de Jorge Antonio Rodríguez, la femme qui dirige aujourd’hui la République bolivarienne du Venezuela a grandi ainsi.

Delcy Rodríguez est entrée à la fin des années 1980 à l’Université centrale du Venezuela (UCV) et a obtenu en 1993 une licence en droit. Durant ses années à l’UCV, elle a participé aux mouvements étudiants qui luttaient contre l’appareil répressif de l’État de cette époque.

Elle a ensuite poursuivi sa formation académique en Europe, obtenant un master et un doctorat en droit social et du travail à l’Université Paris X – Nanterre, suivant des cours de philosophie économique à Cambridge et complétant un master en théorie politique et sociale au Birkbeck, University of London.

À partir de 2002, elle s’est engagée activement en politique, faisant ses premiers pas au ministère des Affaires étrangères de la République bolivarienne du Venezuela. En 2006, elle est nommée directrice du Cabinet du ministère de la Présidence. En 2007, elle prend la coordination générale de la Viceprésidence.

En 2013, elle dirige le ministère de la Communication et de l’Information, et en 2014 elle est nommée ministre des Affaires étrangères de la République bolivarienne du Venezuela, poste qu’elle occupe jusqu’en 2017. Il convient de rappeler qu’en 2014, Barack Hussein Obama a déclaré le Venezuela « menace inhabituelle et extraordinaire ». Delcy a exercé la fonction de ministre des Affaires étrangères pendant trois ans, à un moment où les États-Unis faisaient tomber le masque et lançaient leur agression directe contre le peuple vénézuélien.

En 2017, elle prend la présidence de l’Assemblée constituante convoquée par le président Nicolás Maduro, qui a mis un terme au plan de déstabilisation mis en œuvre par l’Assemblée nationale élue en 2015, de concert avec l’opposition la plus extrémiste, qui s’est une fois de plus révélée être l’outil (ou les idiots utiles) utilisé par les États-Unis dans leur tentative de déstabiliser le Venezuela.

À partir de 2018, Delcy Rodríguez est nommée viceprésidente de la République bolivarienne du Venezuela, fonction qu’elle a exercée jusqu’au 5 janvier 2026, lorsqu’elle a assumé le rôle de présidente par intérim, comme le prévoit notre Constitution, en réponse à la lâche agression des États-Unis et à l’enlèvement du président Maduro.

De plus, en 2020, elle est nommée ministre de l’Économie et des Finances et, en 2024, ministre des Hydrocarbures. Elle a occupé ces deux postes tout en étant viceprésidente, démontrant l’exceptionnelle capacité de travail et de gestion de la présidente par intérim. Le parcours de Delcy Rodríguez parle de luimême.

Une précision sur la réalité quotidienne du pays

Une brève note pour ceux qui ne connaissent pas le quotidien de notre nation : le Venezuela a commencé à connaître une croissance économique en 2021, après plusieurs années de récession causée par les mesures coercitives unilatérales imposées par les ÉtatsUnis à partir de 2015. Cette croissance se poursuit aujourd’hui, et le pays cumule cinq années consécutives d’expansion et d’amélioration économiques. Et voulezvous que je vous dise quelque chose ? Oui, c’est bien cela : Delcy Rodríguez était la coordinatrice et la responsable de la mise en œuvre du Plan de relance économique conçu par le président Nicolás Maduro, qui l’a toujours présentée comme la « dirigeante de l’économie vénézuélienne ». Inutile d’en dire plus.

La vérité derrière le récit contre la présidente par intérim Delcy Rodríguez

Après avoir brièvement résumé la prestigieuse trajectoire de Delcy Rodríguez en tant que combattante, universitaire, révolutionnaire, gestionnaire et dirigeante politique, vous, chers lecteurs, comprendrez que la droite fasciste et ses maîtres du Nord n’ont aucun moyen de discréditer cette femme. Nous ne sommes pas en train d’exagérer en affirmant que Delcy Rodríguez est l’une des personnes les plus capables et les mieux qualifiées du Venezuela pour assumer la direction de notre nation en ces temps complexes.

Face à l’impossibilité de discréditer Delcy Rodríguez, les traîtres et la droite fasciste n’ont d’autre alternative que de recourir (une fois encore) à l’outil du mensonge et de la manipulation, en créant de faux récits de trahison. Et ce n’est pas une coïncidence. Il s’agit d’un instrument de manipulation soigneusement élaboré, si l’on se remémore certains chapitres de trahison dans notre histoire républicaine. Un faux récit susceptible de s’enraciner dans l’imaginaire collectif.

Il est absolument faux (et illogique) de penser que les États-Unis ont planifié l’enlèvement du président Maduro pour laisser le chavisme à la tête du gouvernement. Seules des personnes ignorantes et sottes, qui n’ont aucune idée de la manière dont fonctionne la « Realpolitik », peuvent croire cela.

Personne ne doit douter que l’objectif des États-Unis était de promouvoir un changement de régime au Venezuela. C’est pour cela qu’ils ont enlevé le président Maduro, qu’ils ne lui pardonneront jamais de ne pas avoir trahi Chávez et d’avoir réussi à maintenir l’unité du chavisme durant les moments les plus complexes de notre histoire récente.

Mais ils ont échoué. Les États-Unis n’ont pas atteint leur but et, face à cet échec, ils n’ont eu d’autre choix que de reconnaître que la seule alternative garantissant la stabilité du Venezuela est le chavisme. Ils ont donc décidé de dialoguer avec le chavisme, bien qu’avec un pistolet braqué sur la tempe. Et notre peuple a parfaitement compris cela et connaît très bien son rôle dans ce moment historique. Le niveau de maturité et de conscience du peuple vénézuélien a surpris le monde entier.

La nouvelle narration impériale autour de Delcy Rodríguez

Face à la déception de Trump et de ses faucons, un récit a commencé à se déployer aux États-Unis : « Delcy Rodríguez coopère », « Delcy est formidable et fait ce qu’on lui dit », « Delcy dirige un gouvernement de transition », ou encore « Delcy nous donne du pétrole et entretiendra des relations avec qui les États-Unis décideront », ainsi qu’une série d’autres absurdités qui ne valent même pas la peine d’être mentionnées et qui ne sont plus crédibles, même pour les électeurs étatsuniens.

 

Ce n’est pas une coïncidence si, après chaque conversation entre un fonctionnaire étatsunien et la présidente (par intérim), apparaît un communiqué de presse ou une publication dans laquelle les États-Unis laissent entendre qu’ils donnent des instructions à Delcy Rodríguez. Vous voulez un exemple récent ? Regardons la publication de l’ambassade des États-Unis après la rencontre de son chargé d’affaires (CdA) avec la présidente par intérim :

« Aujourd’hui, j’ai rencontré Delcy Rodríguez et Jorge Rodríguez pour réitérer les trois phases que @SecRubio a exposées pour le Venezuela : stabilisation, reprise et réconciliation économiques, et transition – LFD. »

 

Le but de cette publication est de saper la position de Delcy Rodríguez en tant que présidente d’une nation libre et souveraine et, en même temps, de laisser entendre que des instructions ont été données aux autorités vénézuéliennes lors de cette rencontre. Bien qu’il s’agisse d’un message très maladroit sur le plan politique, il poursuit un seul objectif : la division du peuple chaviste.

Eh bien, j’ai une très mauvaise nouvelle pour vous. Surtout pour les fascistes et les traîtres. Vous continuez à sousestimer Nicolás Maduro Moros et le peuple du Venezuela.

Le rôle de Nicolás Maduro dans l’ascension de Delcy Rodríguez

C’est Nicolás Maduro Moros qui a nommé Delcy Rodríguez viceprésidente en 2018. C’est Nicolás Maduro qui a confié à Delcy Rodríguez les tâches les plus complexes et délicates pendant les moments les plus difficiles de notre histoire récente. C’est Nicolás Maduro qui a délégué à Delcy Rodríguez rien de moins que l’économie, l’agroindustrie et la production pétrolière – des piliers fondamentaux de la reprise de notre économie postsanctions. C’est Nicolás Maduro qui a envoyé Delcy Rodríguez rencontrer les dirigeants les plus importants du monde.

 

Conclusion

Étant donné l’échec de la politique de changement de régime des ÉtatsUnis au Venezuela, fruit de son mauvais calcul et de son incapacité à comprendre la réalité vénézuélienne, Washington sest engagé dans une stratégie visant à diviser le chavisme. Cest pourquoi, chers lecteurs et amis, le complexe médiatique complice a déchaîné une campagne féroce contre notre sœur Delcy Rodríguez, une femme irréprochable, dont lhistoire parle dellemême. Un groupe se prête à cette action méprisable :

L’équipe servile et mercenaire de communication, qui ne cache pas ses penchants fascistes et qui travaille ouvertement au service du système de domination.

 

Ces figures politiques et médiatiques déguisées en gens de gauche, que j’appelle habituellement les « influenceurs de la CIA », parmi lesquels se trouvent les traîtres au chavisme (anciens ministres, entre autres), qui ne sont rien de plus que de simples mercenaires au service du système de domination. Bien qu’ils aient causé beaucoup de tort, ils sont chaque jour plus discrédités et méprisés par tous les secteurs.

 

Traduction Bernard Tornare

Source en anglais

Quelle est la vérité derrière le récit de la trahison au Venezuela ?

José Gregorio Biomorgi est un chimiste et diplomate vénézuélien, qui a occupé diverses responsabilités dans l’appareil d’État bolivarien, notamment comme ministre des Industries et de la Production nationale. Docteur en chimie formé entre le Venezuela, la France et la Norvège, il a dirigé plusieurs institutions publiques de recherche et de technologie. Il est actuellement ambassadeur du Venezuela au Liban.

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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