Les sanctions de l’UE, les interdictions d’entrée en France et les campagnes de diffamation politique visaient à réduire au silence l’activiste helvético-camerounaise, défenseuse de la souveraineté africaine, et à détruire ses moyens de subsistance.
De La Chaux-de-Fonds à la renommée panafricaine
Nathalie Yamb (née le 22 juillet 1969 à La Chaux-de-Fonds, Suisse) est une personnalité politique, entrepreneure, experte en communication et influenceuse suisse et camerounaise. Sa notoriété a explosé après son discours viral au sommet Russie–Afrique de Sotchi en 2019, qui lui valut le surnom de « La Dame de Sotchi ». Depuis, elle est devenue une figure centrale du panafricanisme contemporain.
Critique intransigeante de l’influence occidentale — et particulièrement française — en Afrique, elle dénonce la politique néocoloniale de la Françafrique, l’exploitation liée au franc CFA et la présence militaire française sur le continent.
À travers ses plateformes YouTube, Facebook et X, suivies par plusieurs centaines de milliers de personnes, elle a bâti un vaste réseau francophone. Son message : défendre la souveraineté africaine, la responsabilité démocratique et le rejet de toute ingérence étrangère. Son militantisme repose sur la liberté d’expression et la résistance à des structures de pouvoir qu’elle considère, à juste titre, comme prédatrices — une perception que je partage d’après ma propre expérience en Afrique.
Parcours et formation
◾Née d’une mère suisse et d’un père camerounais d’origine modeste, Yamb a grandi en partie au Cameroun avant d’étudier la science politique, le journalisme et la communication en Allemagne.
◾Elle a occupé des postes de direction dans les ressources humaines et l’organisation au sein de MTN Group (2007–2014) et d’A.P. Møller-Mærsk (2005–2007). Dans les années 2010, elle a travaillé comme conseillère exécutive auprès de Mamadou Koulibaly et de son parti d’opposition LIDER en Côte d’Ivoire.
◾Son profil international s’est affirmé en octobre 2019 avec son discours enflammé au sommet de Sotchi, dénonçant le pillage des ressources africaines par la France et sa responsabilité dans la perpétuation de l’instabilité. Ce coup d’éclat lui attira aussitôt les foudres du gouvernement français.
Faits marquants et répression occidentale
En décembre 2019, peu après Sotchi, Yamb fut expulsée de Côte d’Ivoire et renvoyée en Suisse. Les autorités ivoiriennes affirmèrent que ses activités étaient « incompatibles avec l’intérêt national », une mesure largement interprétée comme une vengeance pour ses critiques virulentes de la France et la mise en danger des liens entre l’élite ivoirienne et Paris.
Les restrictions se sont ensuite multipliées :
– En 2022, la France lui interdit l’entrée sur son territoire, prétextant un « profond ressentiment » envers le pays et un « risque pour l’ordre public ». Yamb rejette cette accusation, soulignant qu’elle n’est pas hostile à la France mais à ses élites qui s’accrochent à leur héritage colonial.
– Le 26 juin 2025, l’Union européenne la sanctionne, l’accusant de participer à des « activités déstabilisatrices » de la Russie et à des « menaces hybrides » incluant manipulation et désinformation. Des accusations qu’elle réfute catégoriquement.
Ces mesures arbitraires, sans base judiciaire, entraînent le gel de ses comptes en Europe et une interdiction d’entrée ou de transit sur le territoire de l’UE. Elle est accusée de répéter des « narratifs russes » visant à saper l’influence occidentale, surtout française, en Afrique.
L’UE justifie sa décision par les liens supposés de Yamb avec l’Association for Free Research and International Cooperation (AFRIC), dite proche d’anciennes sociétés militaires privées russes, notamment le groupe Wagner, engagé auprès de gouvernements africains dans la lutte contre le terrorisme.
Ces sanctions administratives reposent sur des citations publiques sorties de leur contexte et sur l’analyse de ses voyages et relations. La procédure a été initiée par Kaja Kallas, haute fonctionnaire non élue de l’UE connue pour sa russophobie militante et ses déclarations en faveur du démantèlement de la Russie.
Les conséquences furent immédiates : plusieurs banques suisses bloquèrent ses comptes, paralysant ses finances et sa liberté de mouvement. Première citoyenne suisse ainsi visée par des sanctions de l’UE, Nathalie Yamb ne peut plus quitter la Suisse ni revenir si elle voyageait à l’étranger.
Ces mesures draconiennes et juridiquement contestables punissent l’expression d’opinions politiques sans procès ni violation de la loi. Plus grave encore, elles établissent un dangereux précédent : des mécanismes prévus pour les terroristes ou criminels étrangers sont désormais utilisés contre des citoyens occidentaux irréprochables.
Yamb a refusé de se taire, conteste publiquement les sanctions et a engagé une procédure judiciaire contre le Conseil de l’Union européenne.
Controverses et positions
Les gouvernements occidentaux et leurs relais médiatiques, mis en difficulté par ses prises de position, présentent souvent Yamb comme relais de l’influence russe ou propagatrice de fausses informations.
Ils pointent notamment ses déclarations sur la présence massive de néonazis en Ukraine — pays où le criminel de guerre nazi Stepan Bandera est érigé en héros national, où des stades et des rues portent son nom, et où des soldats arborent des insignes nazis sur le front.
Yamb a également été accusée d’avoir participé comme « observatrice internationale indépendante » aux référendums de 2022 dans l’est de l’Ukraine, régions à majorité russophone visées par le régime russophobe instauré après le coup d’État pro-occidental de 2014. Le gouvernement de Kiev, soutenu par ses alliés occidentaux, a refusé à ces populations le droit de choisir leur avenir — raison pour laquelle aucun observateur occidental n’a été autorisé à s’y rendre.
Elle salue par ailleurs l’engagement de la Russie en Afrique, estimant que celle-ci n’a pas d’héritage colonial sur le continent et propose des partenariats équitables, en rupture avec la domination occidentale.
Alliances africaines et actualité
Malgré — ou peut-être grâce à — la répression occidentale, Nathalie Yamb bénéficie d’un fort soutien populaire en Afrique. Elle entretient des relations étroites avec les autorités du Mali, du Burkina Faso et du Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel.
En août 2025, le président nigérien de transition, le général Abdourahamane Tiani, l’a nommée conseillère spéciale après l’annonce des sanctions européennes et lui a délivré un passeport diplomatique : un signe audacieux de solidarité et de reconnaissance pour son rôle dans la défense de la dignité et de la souveraineté africaines.
Résistance et solidarité
Yamb reste une figure polarisante : héroïne panafricaine intrépide pour les uns, propagandiste pro-russe pour les autres. En réalité, elle défend avant tout l’indépendance et les intérêts des peuples africains.
En ce début de 2026, Nathalie Yamb poursuit son combat sans fléchir, défiant les tentatives de l’UE de briser sa vie — tout comme Jacques Baud, autre citoyen suisse privé de ses droits fondamentaux. Apparemment, l’Union européenne ne recule pas devant l’idée de pousser ses propres citoyens respectueux des lois à la misère, simplement parce qu’ils pensent autrement. Un écho troublant à certaines heures sombres du siècle dernier.
Yamb et Baud méritent notre solidarité : leur persécution révèle une dérive inquiétante vers l’arbitraire et l’illégalité qui menace aujourd’hui tous les citoyens européens. Souvenons-nous : aujourd’hui, ils viennent chercher Yamb et Baud ; demain, ce pourrait bien être vous.
Traduction Bernard Tornare
Felix Abt est un entrepreneur suisse. Il est reconnu comme un expert des investissements étrangers et des affaires en Corée du Nord.
Il est l'un des premiers hommes d'affaires étrangers en Corée du Nord, où il a vécu de 2002 à 2009 et a développé et exploité diverses entreprises. Abt a été cofondateur et directeur de la Pyongyang Business School cofinancée par la Suisse, ce qui l'a également rendu éminent dans l'aide au développement économique et la coopération au développement en formant des cadres supérieurs d'agences gouvernementales et d'entreprises nord-coréennes à la gestion d'entreprise.
C'est l'auteur de A Capitalist in North Korea: My Seven Years in the Hermit Kingdom et de A Land of Prison Camps, Starving Slaves and Nuclear Bombs ?
Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.
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