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De la Palestine au Venezuela : les États-Unis sont toujours derrière la porte

par Bernard Tornare 13 Novembre 2025, 16:58

Marche massive à Caracas, au Venezuela, le samedi 5 octobre 2024, pour commémorer le premier anniversaire du génocide israélien. Photo : Francisco Trias

Marche massive à Caracas, au Venezuela, le samedi 5 octobre 2024, pour commémorer le premier anniversaire du génocide israélien. Photo : Francisco Trias

Par Aseel Saleh

D’Hiroshima et Nagasaki en 1945, à la guerre contre le Vietnam entre 1955 et 1975, à la guerre en Afghanistan de 2001 à 2021, à l’invasion de l’Irak en 2003, sans oublier les innombrables conflits entre-temps, la machine de guerre américaine a fauché la vie de millions de personnes à travers le globe, sans l’ombre d’un remords, invoquant chaque fois de faux prétextes.

 

Cette machine brutale a poursuivi ses opérations létales lors des périodes suivantes, même si ce n’est plus toujours directement, en attisant et prolongeant des guerres par procuration en Asie occidentale, notamment lors des révoltes arabes, en Syrie et au Yémen en premier lieu.

 

Fournir à Israël un soutien militaire total et sans faille a également été au cœur de la stratégie de cet empire belliqueux, raffermissant sa mainmise sur la région depuis la création de l’État sioniste en 1948.

 

Là où il y a massacres et destructions massives, les États-Unis ne sont jamais loin. Cela rappelle les mots du poète palestinien Mahmoud Darwish, dénonçant la complicité américaine lors de la guerre civile libanaise (1975-1990).

 

Bien qu’ils n’aient pas apparemment joué de rôle direct dans le conflit à cette époque, les États-Unis ont fourni à Israël des avions et des bombes à sous-munitions, que ce dernier a utilisées pour commettre d’horribles crimes de guerre à travers le Liban.

 

Darwish disait :

« Les États-Unis sont sur le mur, offrant à chaque enfant un jouet de mort en rafales en cadeau.

Ô toi, Hiroshima de l’amant arabe (Beyrouth), les États-Unis sont la peste, et la peste, ce sont les États-Unis.

Nous nous endormons, les avions et les États-Unis nous réveillent,

et les États-Unis ne sont là que pour les États-Unis,

tandis que cet horizon est devenu du béton pour le monstre aérien.

Nous ouvrons la boîte de sardines, les canons la pilonnent. Nous nous cachons derrière les rideaux, l’immeuble tremble, les portes bondissent.

Les États-Unis sont derrière la porte, derrière la porte, ce sont les États-Unis. »

 

De Gaza au Venezuela, les États-Unis rôdent encore derrière la porte

Les États-Unis ont été, sont et seront toujours tapis derrière la porte de tout pays où ils détiennent des intérêts économiques ou géopolitiques. Le président américain Donald Trump s’est comporté en propriétaire des lieux durant ses mandats, se sentant en droit de s’accaparer les richesses de n’importe quelle nation qui lui plaît, ou d’étendre son empire immobilier là où bon lui semble.

 

L’avidité de Trump ne connaît aucune limite ; au point que son administration ne s’est pas contentée d’être complice, devenant partenaire du génocide abominable mené par Israël dans la bande de Gaza et de la famine délibérément infligée à sa population. Aux yeux de Trump, la mort de plus de 70 000 Palestiniens importe peu, pourvu que ce massacre serve à concrétiser son rêve de transformer Gaza en « Riviera du Moyen-Orient », grâce à sa façade méridionale sur la Méditerranée.

 

Percevoir Gaza comme un juteux projet immobilier illusoire n’est pourtant pas la seule motivation de Trump à soutenir Israël dans son entreprise génocidaire. Des rapports médiatiques indiquent que Gaza est aussi riche en gaz naturel offshore, estimé à plus de 4 milliards de dollars de revenus annuels.

 

Prendre le contrôle de Gaza et de ses ressources gazières demeurerait toutefois impossible tant que la résistance populaire palestinienne et les groupes de lutte demeurent actifs, ayant affronté l’occupation israélienne et son projet colonial soutenu par les États-Unis dans la région. Ainsi, déclencher une guerre impitoyable contre l’enclave assiégée est devenu le seul moyen, pour Washington, d’atteindre ces objectifs.

 

C’est le même schéma impérialiste qui commande l’agression américaine contre le Venezuela. Bien que l’administration Trump ait prétendu lancer une opération contre ce pays d’Amérique latine sous prétexte de son implication supposée dans le trafic de drogue dans les Caraïbes, aucune preuve n’est jamais venue étayer cette accusation.

 

Les analystes estiment que cette invasion planifiée repose sur des motivations politiques et économiques. Washington tente de renverser le président vénézuélien Nicolás Maduro, chef de la révolution bolivarienne anti-impérialiste, qui ne permettra jamais aux États-Unis de piller la richesse pétrolière du pays ou d’en faire un vassal docile.

 

Après avoir échoué à plier la nation par un régime de sanctions écrasantes, les États-Unis ont menacé à plusieurs reprises d’une intervention militaire directe au Venezuela. Ils ont ensuite multiplié les tentatives infructueuses pour semer le chaos et déstabiliser le pays, en soutenant une opposition violente téléguidée par Washington et dirigée par María Corina Machado.

 

Israël a employé la même stratégie pour pousser la résistance palestinienne de Gaza à déposer les armes : un blocus étouffant imposé à l’enclave depuis 2007, seize ans avant de lancer, le 7 octobre 2023, son agression génocidaire de deux ans. L’État israélien a également accentué la division entre les deux principales factions palestiniennes, le Fatah et le Hamas, afin de miner leur unité et d’étendre le chaos au sein du peuple palestinien.

 

La cause palestinienne est bolivarienne

Palestiniens et Vénézuéliens savent parfaitement que leur lutte, face à l’hégémonie impérialiste et fasciste menée par les États-Unis et l’Occident, est une seule et même lutte. C’est un principe que le défunt président vénézuélien Hugo Chávez n’a jamais cessé de marteler, en paroles mais aussi par un soutien actif et constant au peuple palestinien et à sa cause juste.

 

« La révolution bolivarienne s’est, dès le premier jour, rangée aux côtés du peuple palestinien dans sa lutte héroïque contre l’État d’Israël génocidaire qui piétine, tue et cherche à exterminer les Palestiniens », déclarait ainsi Chávez, recevant le président palestinien Mahmoud Abbas à Caracas en 2009.

« Le combat pour la Palestine est une lutte de première importance pour la patrie du Libérateur (Simón Bolívar) et la révolution bolivarienne », ajoutait-il.

 

Maduro a poursuivi l’héritage de solidarité de Chávez envers la cause palestinienne, qu’il considère comme « la cause la plus sacrée de l’humanité ». Il s’agit aussi d’une préoccupation quotidienne pour le peuple vénézuélien, qui la porte profondément en lui.

 

Il est donc temps que les Palestiniens, aux côtés des internationalistes et de toutes les consciences du monde, s’unissent et se mobilisent autour du Venezuela pour défendre son indépendance et sa souveraineté, car la défaite d’une nation par l’impérialisme porte atteinte à la volonté de toutes les autres.

 

Le défunt dirigeant palestinien Fathi Shaqaqi disait un jour :

« C’est une guerre de génocide qui nous est imposée ; il est honteux de combattre dispersés. Ou bien, nous nous soulevons ensemble, ou bien ils nous anéantiront un à un. »

 

Traduction Bernard Tornare

Source en anglais

De la Palestine au Venezuela : les États-Unis sont toujours derrière la porte

Aseel Saleh est une journaliste et auteure palestinienne, collaboratrice régulière du média international People's Dispatch. Elle se consacre principalement à l’analyse politique des interventions occidentales, en particulier états-uniennes, au Proche-Orient et en Amérique latine.

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