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Le nouveau fascisme et la démocratie populaire révolutionnaire

par Bernard Tornare 5 Octobre 2025, 15:42

Image d’illustration : Assemblée générale des Nations Unies – Cérémonie d'ouverture. Photo d'archives.

Image d’illustration : Assemblée générale des Nations Unies – Cérémonie d'ouverture. Photo d'archives.

Par Stephen Sefton

La très grande majorité des représentants gouvernementaux réunis cette semaine à l’occasion de la 80ème Assemblée générale des Nations unies ont défendu la paix. Ils ont exigé la coopération, le respect mutuel et le dialogue entre les nations. En revanche, les délégués du bloc occidental collectif ont repris leurs positions et politiques habituelles, arrogantes et dominatrices, en violation manifeste des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies : autodétermination des peuples, non-agression et non-intervention. Le président des États-Unis, Donald Trump, s’est à nouveau illustré comme un ignorant malveillant, porté par un sentiment de supériorité yankee issu du détestable culte de la « Destinée manifeste » et de l’illusion d’invincibilité héritée de la fin de la Guerre froide.

 

L’économiste Michael Hudson observait récemment que, dès 1945, les puissances occidentales ont secouru le fascisme au moment même où elles prétendaient l’avoir vaincu. Deux ans plus tôt, en 1943, la philosophe Simone Weil dénonçait déjà que le fascisme européen appliquait simplement, dans les pays à population blanche, les méthodes coloniales de conquête et de domination utilisées jusquelà contre les peuples du « monde majoritaire ». Le fascisme occidental contemporain, réactualisé, plonge donc ses racines dans les crimes terribles du génocide et de l’esclavage européens et étatsuniens. Il fut en outre renforcé, dès 1945, par le recrutement massif de fonctionnaires et de militaires issus de l’Allemagne nazie et du Japon impérial, mis au service des futures agressions occidentales contre l’Union soviétique et la République populaire de Chine.

 

Il faut garder cette histoire à l’esprit pour comprendre l’apparente contradiction du fascisme contemporain, aujourd’hui déployé par les mêmes puissances occidentales qui avaient vaincu les fascismes allemand, italien et japonais en 1945. Sous le prétexte de l’anticommunisme, les ÉtatsUnis et leurs alliés ont, dès lors, soutenu des dictatures sanglantes à travers le monde et organisé des coups d’État contre des gouvernements souverains et indépendants : de l’Iran au Guatemala, du Congo au Ghana, de l’Indonésie au Chili. Pour défendre leur système raciste de domination mondiale, ils ont déclenché des guerres effroyables — en Corée, en Algérie, au Vietnam — causant la mort de millions de civils.

 

Aujourd’hui, les élites fascistes de l’Occident collectif facilitent le génocide sioniste du peuple palestinien et les attaques criminelles menées par le sionisme contre des dizaines de milliers de civils au Liban. Elles favorisent aussi les attaques criminelles, à plus petite échelle, contre la population civile en Russie, perpétrées par le régime ukrainien sympathisant nazi. Et voici maintenant que le gouvernement yankee menace de bombarder le Venezuela sous le prétexte fallacieux de la lutte contre la drogue et les narcotrafics : un énième grand mensonge ressassé dans le style typique des régimes fascistes décidés à frapper tout peuple ou gouvernement qui résiste à leur cupidité.

 

Face à ce déchaînement de génocides, d’agressions et de harcèlements, de plus en plus de gouvernements du monde majoritaire osent dénoncer la criminalité de l’Occident collectif. Outre son soutien actif au génocide sioniste en Palestine, cet Occident poursuit son appui à la guerre de l’OTAN contre la Russie sur le territoire ukrainien. Le monde majoritaire tolère de moins en moins les abus constants des gouvernements occidentaux qui utilisent tarifs et mesures coercitives unilatérales comme instruments de chantage et de répression. Quant à la guerre psychologique incessante des médias occidentaux contre les gouvernements et dirigeants qui défendent la souveraineté et la dignité nationale, elle perd de plus en plus son pouvoir de persuasion.

 

Dans le cas de Cuba, pratiquement le monde entier continue de dénoncer l’injustice du blocus génocidaire imposé par Washington et reconnaît l’amour solidaire et l’extraordinaire pratique humanitaire inspirés par la Révolution cubaine. Chacun voit que l’Occident collectif aspire à voler les fabuleuses ressources naturelles du Venezuela et convoite aussi le contrôle de la position stratégique du Nicaragua, au cœur de l’isthme centraméricain. Même les gouvernements sociauxdémocrates, comme ceux du Brésil, de la Colombie ou du Mexique, ont été la cible d’attaques économiques pour avoir défendu leurs intérêts nationaux et engagé des processus authentiquement démocratiques de transformation.

 

L’agression fasciste de l’Occident collectif et de ses alliés reflète la guerre de classes déclenchée par les élites dirigeantes occidentales contre leurs propres populations. Depuis la fin de la Guerre froide, ces élites ont œuvré à supprimer les syndicats, à réduire les droits à la santé, à l’éducation et à la protection sociale, tout en transférant d’énormes richesses vers elles-mêmes à travers des renflouements financiers répétés, payés par les contribuables. Mais, sur le plan international, elles peinent de plus en plus à maintenir leurs pratiques d’extorsion historiques face à l’influence croissante de la Chine et de la Russie, et à l’émergence d’organisations véritablement multilatérales comme les BRICS+ et l’Organisation de coopération de Shanghai.

 

Les tentatives de l’administration Trump pour contraindre le gouvernement indien — en augmentant les tarifs et en imposant des mesures coercitives contre l’utilisation du port de Chabahar, exploité conjointement par l’Inde et l’Iran — semblent avoir échoué de manière catégorique. La prolifération de nouvelles routes commerciales à travers l’Eurasie rend les voies traditionnelles du canal de Suez et du détroit de Malacca beaucoup moins stratégiques. Sur le plan intérieur, les politiques néolibérales mises en œuvre par ces gouvernements ont détruit la capacité productive des économies nordaméricaines et européennes. Dans des secteurs technologiques cruciaux, tels que les technologies vertes ou les véhicules électriques, les pays occidentaux ne parviennent pas à rivaliser avec leurs homologues asiatiques.

 

Les élites dirigeantes fascistes de l’Occident ont maintes fois démontré qu’elles ne tolèrent pas, sans réaction violente et agressive, le développement réussi de pays indépendants défendant leur souveraineté. Elles l’ont montré contre la Russie et l’Iran, contre la Corée populaire et la Chine, contre Cuba, le Nicaragua et le Venezuela. Il reste à savoir si les provocations militaires yankees contre le Venezuela déboucheront sur une guerre totale. En Amérique latine, l’une des raisons sousjacentes de la politique régionale agressive du gouvernement nordaméricain se retrouve dans la promesse de l’administration Trump d’un soutien inconditionnel à l’économie argentine.

 

Les politiques néolibérales corrompues de l’élite fasciste en Argentine ont provoqué l’effondrement des finances publiques du pays. La production industrielle, notamment dans la construction et la fabrication, est retombée aux niveaux de 2020, lors du ralentissement économique drastique causé par les mesures liées au COVID19. Le PIB national a reculé de plus de 3 % depuis la prise de pouvoir par le président Milei et ses complices. Ainsi, à quelques semaines des importantes élections législatives en Argentine, et de l’élection présidentielle au Chili, le soidisant modèle phare du fascisme néolibéral dans la région s’est complètement effondré.

 

À l’inverse, la Révolution bolivarienne au Venezuela a surmonté une décennie d’agression économique impitoyable de l’Occident collectif,  comparable seulement au blocus imposé par les ÉtatsUnis contre la Révolution cubaine. Le Venezuela est pratiquement autosuffisant en production alimentaire et continue de garantir des millions de logements sociaux pour sa population. L’activité économique nationale poursuit sa reprise rapide, avec plus de quatre années de croissance constante du PIB, actuellement estimée à plus de 6 % pour l’année en cours, et une production pétrolière en hausse soutenue.

 

À Cuba, ce moisci, le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez a présenté les derniers chiffres sur les dommages causés par le blocus nordaméricain imposé depuis plus de soixante ans. Le coût total pour la société et l’économie cubaines dépasse désormais 2,1 milliards de dollars américains. Malgré cette agression économique sans précédent, Cuba continue de garantir à son peuple une santé et une éducation parmi les meilleures au monde. De même, la Révolution sandiniste garantit au peuple nicaraguayen le meilleur système de santé, le meilleur réseau routier, la plus grande sécurité citoyenne et le système éducatif le plus innovant de toute l’Amérique centrale.

 

La victoire de nos pays révolutionnaires face à l’agression économique imposée par les gouvernements US successifs, avec la complicité de leurs alliés européens, montre l’orientation résolument humaniste de nos Nations : le développement intégral de la personne et l’engagement de nos gouvernements à assurer l’épanouissement du potentiel de toutes les familles, sans exclusion. Elle démontre également l’importance capitale de la coopération avec des puissances mondiales telles que la Chine, la Russie et l’Iran, qui reconnaissent en nos pays des alliés révolutionnaires exemplaires pour promouvoir une véritable démocratisation des relations internationales, fondée sur la solidarité et la tendresse entre les peuples.

 

Ces relations se concrétisent par le renforcement constant des infrastructures de toutes sortes, le soutien diplomatique international, le développement des capacités de défense et de sécurité, et l’accès à des technologies médicales de pointe. Comme l’a déclaré notre coprésidente Rosario : « La solidarité internationale n’est pas seulement un devoir, c’est un droit et une réalité qui progresse, dans un monde qui avance contre les ennemis de la paix, contre les ennemis de la solidarité et de la fraternité… ceux qui cherchent à continuer de détruire le monde et à s’approprier les patrimoines appartenant aux peuples… Des peuples sur les chemins de la gloire, des victoires et de la libération. »

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en anglais

Le nouveau fascisme et la démocratie populaire révolutionnaire

Stephen Sefton est un journaliste né en Irlande et qui vit maintenant à Estelí, au Nicaragua. Il a travaillé en Amérique centrale depuis 1986, principalement au Nicaragua, mais aussi pendant quelques années au Honduras. Il fait du travail communautaire au Nicaragua qui implique des programmes d'éducation, de formation et de santé. Depuis 2008, il coordonne également le site Tortilla con Sal, qui publie des informations sur le Nicaragua.

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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