Par BettBeat Media
La machine de propagande de l’oligarchie a réécrit l’histoire d’une civilisation qui a perfectionné le génocide industriel, la présentant comme une épopée de progrès et d’illumination.
L’aspect le plus insidieux de l’hégémonie occidentale n’est ni sa puissance militaire ni son emprise économique : c’est le conditionnement psychologique qui pousse ses victimes à défendre le système même qui les détruit. Partout sur la planète, des millions d’êtres humains ont été programmés à vénérer l’autel de la « civilisation occidentale », même alors qu’elle démantèle systématiquement leurs sociétés, exploite leurs ressources et condamne leurs enfants à la servitude.
Ce conditionnement va si loin que dénoncer les crimes de l’Occident déclenche des réflexes de défense chez ceux-là mêmes qui devraient savoir mieux. On leur a appris à confondre toute critique de l’impérialisme occidental avec une haine des peuples Occidentaux ordinaires, alors que la cible réelle devrait être les structures oligarchiques qui exploitent tout le monde, y compris la majorité des Occidentaux eux-mêmes.
Vous n'avez rien à dire
Le vernis de la démocratie occidentale s’est effondré sous l’examen universitaire lorsque l’étude de Princeton menée par Martin Gilens et Benjamin Page a définitivement prouvé ce que beaucoup soupçonnaient déjà : l’Amérique n’est pas une démocratie, mais une oligarchie. Leur analyse de 1 779 décisions politiques sur deux décennies a révélé que les citoyens ordinaires n’ont pratiquement aucune influence sur la politique gouvernementale, tandis que les élites économiques et les groupes d’intérêts organisés détiennent un pouvoir décisif.
Ce n’est pas une anomalie du système : c’en est la clef de voûte. Les oligarques qui contrôlent les États occidentaux ont passé des siècles à perfectionner des méthodes de domination qui dépassent de loin l’autoritarisme grossier. Ils ont bâti une matrice de manipulation psychologique qui donne à chacun l’illusion d’être libre alors même que tous leurs choix sont contraints par les intérêts oligarchiques.
Ces mêmes oligarques qui manipulent les opinions publiques occidentales étendent leur pouvoir à l’échelle mondiale via la domination économique des ressources d’autres nations. Jeffrey Sachs, lui aussi universitaire de l’Ivy League et autrefois chéri des milieux économiques occidentaux, a vécu sa propre prise de conscience lorsqu’il a constaté de première main comment ce système écrase toute menace à l’extraction oligarchique des ressources. Ses études sur le Venezuela révèlent la destruction méthodique de tout pays décidé à prendre un chemin indépendant, surtout si cela implique de nationaliser ses réserves de pétrole longtemps pillées par les oligarques occidentaux.
Les sanctions, l’hyperinflation orchestrée, le sabotage systématique des infrastructures : voilà des armes de guerre économique déployées par les oligarchies occidentales, incapables de tolérer la moindre alternative à leur modèle d’extraction. Quand le Venezuela a choisi de contrôler ses richesses pétrolières plutôt que de les abandonner à ExxonMobil et Chevron, la riposte oligarchique fut rapide et implacable : étranglement économique destiné à faire souffrir la population jusqu’à ce qu’elle supplie le retour de l’exploitation étrangère.
Sachs a documenté l'application du même manuel contre d’innombrables nations : Cuba, Iran, Russie, et toute nation refusant de se soumettre aux institutions financières occidentales. L’oligarchie ne veut pas seulement la soumission : elle exige la destruction totale des autres modèles pour préserver l’illusion que leur système est le seul possible.
« Le centre économique du monde n’a résidé en Occident que pendant 200 ans sur des millénaires d’histoire humaine, et pourtant, durant ce court laps de temps, la domination occidentale a transformé la planète en un enfer génocidaire au bord de l’anéantissement nucléaire et de l’effondrement climatique. »
La machine du génocide
Nulle part la nature réelle de l’oligarchie ne s’expose aussi crûment qu’en Palestine, où les armes américaines financent et rendent possible un génocide systématique tandis que les médias occidentaux fabriquent l’assentiment par la propagande. Ceux-là mêmes qui donnent au monde des leçons de droits humains et de démocratie fournissent les bombes qui incinèrent les enfants dans des camps de réfugiés. Ce n’est pas de l’hypocrisie, c’est le système tel qu’il a été conçu.
Les oligarques ont besoin de conflits permanents pour justifier leurs budgets militaires, entretenir une domination par la peur et créer des marchés pour leurs industries d’armement. Les enfants palestiniens ne sont pas des dommages collatéraux : ils sont des produits dans une économie soigneusement conçue de la souffrance, enrichissant les fabricants d’armes tout en traumatisant des populations entières pour les soumettre.
Briser les chaînes psychologiques du mal nommé « Occident »
L’arme la plus dévastatrice dans l’arsenal oligarchique n’est pas la technologie militaire – c’est la fabrication d’une fausse conscience. Ils ont persuadé des milliards d’êtres humains que le système qui détruit leur vie est en réalité là pour les protéger. Ils ont instauré un syndrome de Stockholm à l’échelle planétaire : les victimes défendent leurs bourreaux et attaquent toute velléité d’émancipation.
Ce conditionnement se manifeste de bien des façons : croire que la pauvreté du Sud est due à la paresse plutôt qu’à l’extraction ; penser que l’« aide » occidentale libère au lieu de créer la dépendance ; imaginer que les interventions militaires imposent la démocratie, les droits humains et la liberté alors qu’elles servent à sécuriser les ressources pour les oligarques ; fantasmer que le capitalisme récompense le mérite plutôt que l’héritage et l’exploitation.
Le témoignage de l’histoire
La brève domination de la « civilisation » occidentale s’est appuyée sur une succession ininterrompue de génocides, esclavage, destructions environnementales et vols organisés. De l’extermination des peuples autochtones des Amériques à l’abattage industrialisé d’Africains durant la traite négrière ; des famines artificiellement provoquées en Inde à l’anéantissement nucléaire de civils japonais, le projet occidental s’est bâti sur une violence sans précédent.
Le centre économique du monde n’a résidé en Occident que pendant deux siècles sur des milliers d’années, et pourtant, durant ce laps de temps, la domination occidentale a fait de la planète un enfer génocidaire au bord de l’anéantissement nucléaire et de l’effondrement climatique. Ce que d’autres civilisations ont mis des millénaires à dégrader, l’Occident l’a accompli en deux siècles via l’extraction industrielle et le capitalisme militarisé. Jamais encore une civilisation n’avait aussi vite et méthodiquement détruit les conditions de la vie complexe sur Terre tout en perfectionnant les technologies de l’extinction instantanée de l’espèce.
Pourtant, la machine de propagande des oligarchies a fait de ce passé une légende de progrès et d’émancipation. Ils ont inculqué l’idée que la civilisation ayant perfectionné le génocide industriel serait le plus grand accomplissement de l’humanité. Ils ont rendu les victimes reconnaissantes envers leurs oppresseurs, méfiantes envers ceux qui prônent de véritables alternatives.
La fin de partie planétaire
Le système oligarchique n’est pas seulement moralement en faillite : il détruit concrètement la capacité de la planète à soutenir la vie complexe. Le changement climatique, l’extinction massive, l’acidification des océans, l’épuisement des sols : tout cela n’est pas un malheureux effet secondaire d’un système par ailleurs bénéfique, mais l’aboutissement inévitable d’un modèle économique basé sur l’extraction infinie et la guerre sur une planète finie.
Les oligarques le savent. Leurs jets privés sont prêts, leurs bunkers sont approvisionnés, leurs plans d’évasion finalisés. Ils sont prêts à abandonner le champ de ruines qu’ils ont créé, laissant des milliards de personnes subir les conséquences délibérées de leur destruction des systèmes de survie du vivant.
Se libérer nécessite de reconnaître l’« incivilisation » occidentale
Rompre avec la domination oligarchique commence par comprendre que tout ce que l’on vous a appris à valoriser de la « civilisation occidentale » n’est qu’un mythe destiné à vous rendre complices de votre propre asservissement. La liberté, la démocratie, la prospérité promise ne concernent que les oligarques, tandis que tous les autres – y compris la majorité des Occidentaux – servent de chair à extraction dans leur machine d’accumulation.
La voie à suivre ne consiste pas à haïr les peuples occidentaux, mais à démanteler les structures de pouvoir occidentales. Il s’agit de comprendre que la plus grande crainte de l’oligarchie n’est pas la défaite militaire, mais la libération psychologique – l’instant où suffisamment de personnes cesseront de croire à leurs mensonges et commenceront à bâtir de véritables alternatives.
Le choix est clair : continuer à servir les oligarques qui détruisent méthodiquement tout ce que vous prétendez valoriser, ou briser les chaînes psychologiques qu’ils ont forgées dans votre esprit et rejoindre la résistance globale qui s’organise contre leur machine de mort. Le conditionnement est profond, mais la vérité l’est encore plus. La question est : êtes-vous prêt à l’affronter ?
Karim
Traduction Bernard Tornare
BettBeat Media, fondé et géré par le professeur Karim Bettache, est une plateforme dynamique où lui et son co-animateur, le professeur Peter Beattie, se livrent à des podcasts et à des interviews perspicaces portant sur les affaires géopolitiques. Outre le contenu vidéo, le Substack de BettBeat Media propose des articles qui approfondissent ces sujets d'un point de vue résolument anti-impérialiste. BettBeat Media défend des valeurs antiracistes et anti-impérialistes, s'efforçant d'éclairer et de remettre en question les injustices mondiales par le biais d'un discours réfléchi et d'une analyse experte.
⚠ Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.
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