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Le passé colonial hante les opérations militaires françaises en Afrique

par Bernard Tornare 19 Mai 2025, 12:53

Image d'illustration : Le président sud-africain Cyril Ramaphosa - Le président français Emmanuel Macron (Paris, 23 juin 2023)

Image d'illustration : Le président sud-africain Cyril Ramaphosa - Le président français Emmanuel Macron (Paris, 23 juin 2023)

Par Jonathan Ng

 

La contestation populaire et le retrait des forces françaises

Ces dernières années, la France fait face à une vague de contestation populaire sans précédent contre ses opérations militaires en Afrique, jugées brutales et inefficaces. Cette hostilité croissante contraint le président Emmanuel Macron à retirer progressivement les troupes françaises du continent. En novembre dernier, le Sénégal et le Tchad ont infligé une humiliation à Macron en exigeant la fermeture des bases françaises, quelques jours seulement après que son envoyé personnel eut présenté des plans visant à consolider une influence déjà vacillante. [1] Plus récemment, la Côte d’Ivoire a expulsé environ 1 000 soldats français, accentuant la perception d’une stratégie militaire en crise. [2]

 

Le ministre de la Défense, Sébastien Lecornu, insiste sur le fait que « la présence de la France évolue, mais ne disparaît pas ». [3] Pourtant, les parlementaires français s’inquiètent des « implications géopolitiques très lourdes » de ces fermetures de bases, tandis que des commentateurs évoquent « le début de la fin » de l’influence militaire française sur le continent. [4]

 

Le débat public sur l’avenir de l’empreinte française en Afrique tend à occulter une histoire longue et tourmentée. Depuis l’époque coloniale, les responsables français se sont appuyés sur un réseau de bases couvrant le continent, sur des partenaires africains issus des élites et sur des opérations clandestines pour défendre leurs intérêts politiques et économiques. Plutôt que d’assurer la paix, cette coopération militaire a consolidé des régimes autocratiques et exacerbé les conflits sociaux. Le retrait précipité des forces françaises met en lumière l’échec de cette stratégie, l’explosion du mécontentement et l’ombre persistante du passé impérial.

 

Le hachoir colonial : racines historiques de la politique militaire française

Les programmes actuels d’assistance militaire trouvent leurs racines dans les politiques de sécurité et de conscription de l’ère coloniale. Au XIXe siècle, les dirigeants français recrutaient des soldats africains par la coercition brute et la collaboration stratégique avec les élites locales, tout en bâtissant leurs colonies. La Première Guerre mondiale révéla la dépendance de la France à la main-d’œuvre africaine : plus de 500 000 sujets coloniaux vinrent renforcer les troupes en Europe et ailleurs. [5] Beaucoup d’Africains considéraient les officiers blancs comme des « hachoirs à viande noirs », et des villages entiers migraient pour éviter d’envoyer leurs jeunes au front. [6]

 

Durant la Seconde Guerre mondiale, plus d’un million de soldats africains servirent dans les forces coloniales, apportant la sueur et le sang qui permirent la victoire alliée. [7] Ce service militaire et les voyages internationaux bousculèrent la ligne de couleur, aiguisant souvent la conscience politique des combattants, et le retour de soldats noirs nouvellement affirmés inquiéta l’administration coloniale française.

 

En décembre 1944, les tensions culminèrent au camp militaire de Thiaroye, près de Dakar, lorsque les autorités refusèrent de payer les anciens combattants de retour du front. Les soldats protestèrent contre cette décision illégale. En réponse, un commandant français ordonna à ses subordonnés de les attaquer avec des véhicules blindés et des mitrailleuses. [8] L’historienne Armelle Mabon conclut qu’il s’agissait d’un « massacre prémédité », ayant probablement coûté la vie à plus de 300 soldats africains. [9] Par la suite, les autorités manipulèrent les registres pour discréditer les revendications des protestataires, tout en condamnant 34 survivants à la prison et aux travaux forcés.

 

La maltraitance des soldats africains atteignit son paroxysme pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), alors que la France tentait d’étouffer les revendications d’indépendance. Les commandants français enrôlèrent des combattants arabes et berbères, espérant diviser la population et démoraliser les révolutionnaires. [10] Les plus connus furent les « Harkis » : des milliers d’Algériens servant comme auxiliaires de l’armée régulière.

 

Cette contribution laissa un héritage amer. Après la défaite française, les responsables abandonnèrent en grande partie le personnel indigène. Le ministre des Armées, Pierre Messmer, encouragea les autorités à les dissuader d’émigrer en insistant sur « la difficulté d’une adaptation brutale » à la vie en France. [11]

 

Malgré tout, environ 84 000 Harkis et leurs familles parvinrent en France, où ils connurent une pauvreté extrême et la discrimination. [12] Les autorités forcèrent des milliers d’entre eux à vivre dans des camps spartiate entourés de gardes et de barbelés. [13] « Les maisons n’étaient pas chauffées ; il y avait des nuisibles, des rats, des punaises de lit », se souvient Mireille Bouglouf, une résidente. [14] Les camps subsistèrent jusqu’à ce que la jeunesse se soulève en 1975, obligeant le gouvernement à les fermer.

 

Leur lutte met en évidence les contradictions du recrutement militaire dans l’Afrique coloniale. En enrôlant des soldats indigènes, la France a fracturé les sociétés africaines, contraignant la jeunesse à participer à la soumission de leurs propres communautés. À maintes reprises, la propagande coloniale exhortait les Africains à se battre pour la nation française : une communauté imaginaire qui refusait de les admettre. Leur labeur bâtit des empires et remporta des guerres mondiales. Mais, par la suite, les dirigeants français les traitèrent comme des consommables.

 

Le colonialisme par contrat : la perpétuation du contrôle après l’indépendance

Après la décolonisation, la France continua de mobiliser des soldats africains pour défendre ses intérêts sur l’ensemble du continent. Dans leur ouvrage de référence, Kamerun!, les historiens Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa révèlent que les dirigeants français ont construit un système clandestin de contrôle politique à travers des accords militaires. [15] Le cas test de cette stratégie fut le Cameroun. Après avoir concédé l’indépendance en 1960, des conseillers français dirigèrent une guerre de contre-insurrection impitoyable pour protéger le président Ahmadou Ahidjo et écraser l’Union des populations du Cameroun (UPC), mouvement révolutionnaire.

 

L’influence française était omniprésente. Les conseillers français participèrent même à la rédaction de la constitution camerounaise, concentrant le pouvoir entre les mains d’Ahidjo. Jacques Rousseau et Paul Audat se vantèrent de l’avoir rédigée en une seule nuit. [16]  « De toute façon », haussa les épaules Rousseau, la constitution « n’est guère respectée dans ces pays ». [17]

 

Le Cameroun fut l’un des premiers États africains à conclure des accords militaires avec la France. Ce dispositif permit aux officiers français de mener la guerre avec une brutalité discrétionnaire, tout en enseignant aux soldats camerounais des tactiques perfectionnées en Algérie et dans d’autres théâtres coloniaux. De façon perverse, la France pouvait agir en toute impunité précisément parce que le Cameroun était indépendant. Contrairement à l’Algérie, sa puissance était invisible à l’opinion internationale, dissimulée derrière la souveraineté fantôme du régime Ahidjo.

 

Deltombe et ses collègues démontrent que les conseillers militaires et techniques français imprégnaient l’architecture de l’État postcolonial. Pendant des années, des responsables français commandaient l’armée camerounaise. Ils dirigeaient également l’académie militaire nationale de 1961 à 1985. [18] L’officier André Marsot décrivait leur pouvoir ainsi : « on donnait l’impression de suivre les ordres des Camerounais, alors qu’en réalité on obéissait à ses supérieurs français ». [19]

 

Une guerre de dix ans dévasta les campagnes, tout en exterminant les partisans de la libération nationale comme l’UPC et en alimentant les atrocités. L’intellectuel camerounais Mongo Beti publia un réquisitoire implacable sur les crimes de guerre. L’une de ses sources décrivait comment des soldats forçaient des prisonniers politiques à enterrer leurs victimes « nues et ensanglantées » devant un centre de torture. « Si l’un des malheureux respire encore, il est enterré vivant ». [20] Les soldats alignaient des têtes décapitées le long des routes et rasaient des villages. [21] Outrée par les révélations de Beti, la France interdit son livre et détruisit tous les exemplaires disponibles.

 

Deltombe, Domergue et Tatsitsa concluent que le Cameroun devint un modèle pour l’assistance militaire en Afrique. Les dirigeants français lièrent l’indépendance à des accords militaires qui la subvertissaient dès le départ : rendant les pays dépendants de conseillers, de formations et d’équipements étrangers. En essence, la France échangea la souveraineté territoriale contre un contrôle politique informel, les Camerounais obéissant littéralement à leurs anciens maîtres coloniaux. Le chef guérillero de l’UPC, Ernest Ouandié, estimait que l’indépendance était une sinistre supercherie. « On a simplement mis une nouvelle étiquette sur la même vieille bouteille d’alcool », observait Ouandié. [22]

 

Défendre la Françafrique : la coopération militaire au service de l’influence

Tout au long de la guerre froide, la France continua d’enseigner aux armées étrangères les techniques de contre-insurrection mises au point en Algérie et au Cameroun, en soutenant des alliés qui défendaient son influence politique et ses investissements économiques. L’aide militaire fut particulièrement notoire au Rwanda, où le président Juvénal Habyarimana imposait un régime raciste prônant le « pouvoir hutu » et opprimant la minorité tutsie. En 1975, la France conclut un accord de défense historique avec Habyarimana. [23] Des révisions ultérieures permirent à son armée de s’étoffer de conseillers étrangers, d’hélicoptères Gazelle et d’artillerie lourde.

 

En octobre 1990, un groupe mené par des exilés tutsis, le Front patriotique rwandais (FPR), lança une offensive contre le régime Habyarimana. Immédiatement, le président François Mitterrand intervint pour soutenir le gouvernement, percevant à tort le FPR comme un relais des États-Unis et une menace pour l’influence française. De 1990 à 1993, Mitterrand supervisa l’opération Noroît, une initiative de défense d’envergure incluant livraisons d’armes, formation militaire et soutien au combat.

 

Le racisme enraciné dictait la politique, incitant les responsables français à fermer les yeux sur les pogroms anti-tutsis du régime. Plus tard, le commandant Didier Tauzin affirma que « la violence est une constante dans les relations entre les deux ethnies rwandaises », suggérant que « le terme génocide serait inapproprié ». [24] Human Rights Watch rapporta même que des soldats français « exigeaient une identification [ethnique] » des civils aux points de contrôle. [25]

 

En avril 1994, un missile détruisit l’avion de Habyarimana, et le reste de son régime répondit par une campagne génocidaire qui fit 800 000 morts parmi les Tutsis et les Hutus modérés. Néanmoins, la France continua de soutenir ses collègues. Le Dr Jean-Hervé Bradol de Médecins sans frontières (MSF) souligna que les responsables du massacre « ont été financés, formés et armés par la France ». [26]

 

Ce printemps-là, les dirigeants de MSF supplièrent les hauts responsables d’interrompre l’aide. [27] Au lieu de cela, Mitterrand fustigea leur « propagande », et le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé feignit d’ignorer l’assistance militaire. [28] « C’était pathétique ! » se souvient Philippe Biberson, président de MSF France.

 

En juin, Mitterrand lança l’opération Turquoise, censée protéger les civils et endiguer le bain de sang. Pourtant, plus tard, le commandant Guillaume Ancel admit que son « premier ordre opérationnel » était de planifier un raid pour « réinstaller le gouvernement que nous soutenions ». Ses supérieurs lui demandèrent également de « lancer des frappes aériennes contre les ennemis des génocidaires, le FPR ». Ils soutenaient secrètement l’armée rwandaise, qui « était alors en train de commettre un génocide sous nos yeux ». [29]

 

Mais le rôle de la France dépassa la simple complicité silencieuse. De nombreux observateurs affirment que des soldats français ont violé des civils tutsis. Marie-Jeanne Muraketete se souvient avoir été violée par des militaires dans un fossé près du camp de réfugiés de Nyarushishi. « J’avais mon bébé sur le dos », précise-t-elle. « Je suis restée dans ce fossé pendant trois jours. » [30]

 

En fin de compte, les opérations militaires de l’administration Mitterrand suivirent un schéma intransigeant de néocolonialisme. Les responsables refusèrent de renoncer à un attachement abstrait à l’hégémonie française, même face aux atrocités. Au lieu de défendre les droits humains, ils protégèrent l’équilibre géopolitique, maintenant le Rwanda dans l’orbite francophone et soutenant un allié génocidaire. Leur politique poussa la logique néocoloniale de l’aide militaire à son extrême. Mais ils exprimèrent peu de remords. « Dans ces pays-là », aurait confié Mitterrand, « un génocide, ce n’est pas si grave ». [31]

 

La porte de sortie : la coopération militaire contemporaine et ses échecs

Au cours de la dernière décennie, la coopération militaire est restée la pièce maîtresse de la politique française en Afrique, les responsables luttant contre le jihadisme, protégeant des alliés stratégiques et sauvegardant des intérêts économiques. En 2013, le président François Hollande lança la dernière vague d’opérations pour empêcher les jihadistes de prendre le pouvoir au Sahel. Hollande mit l’accent sur le partenariat avec les gouvernements locaux. Pourtant, comme l’observe le journaliste Rémi Carayol, les responsables français poursuivirent obstinément des objectifs et des tactiques hérités de l’époque coloniale.

 

Le commandant Bernard Barrera illustre cette tendance, ayant dirigé l’opération Serval au Mali. Barrera regrettait ouvertement « d’être né trop tard » pour connaître « les grandes campagnes sahariennes » du XIXe siècle. Il interprétait la « reconquête » du Mali à travers la mystique de l’expansion impériale. Parcourant une carte, il se souvenait de son grand-père, « autrefois officier colonial », lui racontant « de lointaines expéditions ». [32] Pris de nostalgie, Barrera voyait l’Afrique comme une page blanche pour les exploits militaires français, négligeant les racines des crises politiques.

 

Il n’était pas seul. Un commandant influent, le lieutenant Frédéric Gout, affirmait que l’Afrique existait « dans un autre temps », suggérant que la France devait garder « une surveillance ‘paternelle’ » sur le Mali, supposément arriéré. [33] Dans les cercles militaires, des intellectuels comme Bernard Lugan défendaient ouvertement le colonialisme, arguant que « le Mali n’a pas été tué par la colonisation, mais par l’indépendance ». [34]

 

Pendant ce temps, Amnesty International conclut que la coopération française avec les forces maliennes favorisait les exécutions extrajudiciaires et la torture. [35]

 

En fin de compte, l’assistance militaire a découragé les élites africaines de mener des réformes ou de partager le pouvoir, tout en échouant à stopper les attaques rebelles. Le soutien à la France s’est effondré. À partir de 2020, une série de coups d’État militaires au Mali, au Burkina Faso et au Niger a conduit à l’expulsion des forces françaises du Sahel. [36] Ironiquement, ce sont les armées ayant reçu le plus de conseillers et d’aide étrangère qui exigèrent la fermeture des bases françaises et le départ du pays.

 

Récemment, le Sénat français a publié une étude historique concluant que la France a déclenché une réaction hostile à l’échelle du continent en soutenant des gouvernements « prédateurs » et des « classes dirigeantes vieillissantes » accrochées au pouvoir. [37] Et l’héritage de la coopération militaire reste dévastateur : rien qu’en 2020 et 2021, les partenaires de la France ont été responsables de 47 % des 4 200 victimes civiles documentées au Mali, au Niger et au Burkina Faso. [38]

 

Pourtant, les parlementaires et hauts responsables insistent pour préserver l’empire postcolonial de la France en Afrique, se concentrant sur les revers immédiats pour éviter des questions plus fondamentales. L’hubris continue de façonner la politique, les responsables sapant leurs propres efforts de reconquête de l’influence par leur racisme. Présentant les Africains comme des enfants gâtés, le président Macron affirme qu’ils « ont oublié de dire merci » pour la coopération militaire française. [39]

 

Depuis deux siècles, la France mobilise des forces de sécurité pour extraire des richesses et influencer la politique en Afrique. La crise actuelle rend visibles, à mesure qu’ils se délitent, les liens invisibles du pouvoir militaire. En réaction, les responsables s’empressent de réorganiser les bases à Djibouti, au Gabon et ailleurs. [40] Plus d’un demi-siècle après la décolonisation, la France prétend défendre la souveraineté d’un continent qu’elle refuse obstinément de quitter.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en anglais

 

Jonathan Ng est un historien américain spécialisé dans l’histoire des relations internationales. Il a obtenu son doctorat en histoire à l'Université Northwestern, où il a étudié l'interventionnisme américain. Il est actuellement chercheur postdoctoral à l'Université de Tulsa.

Notes:

1. “Chad breaks off military pact with France; Senegal wants French troops out,” Politico, November 29, 2024, https://www.politico.eu/article/chad-military-pact-france-senegal-french-troops-departure-defense-cooperation-senegal/; “Présence militaire française en Afrique : le rapport de Jean-Marie Bockel préconise une réduction drastique des effectifs,” Le Point, November 26, 2024, https://www.lepoint.fr/afrique/presence-militaire-francaise-en-afrique-le-rapport-de-jean-marie-bockel-preconise-une-reduction-drastique-des-effectifs-26-11-2024-2576349_3826.php#11.

2. “France returns its sole Ivory Coast military base to local authorities,” France 24, February 20, 2024, https://www.france24.com/en/live-news/20250220-%F0%9F%94%B4-france-returns-sole-military-base-to-ivory-coast.

3. “France returns its only military base to Côte d’Ivoire,” Le Monde, February 20, 2025, https://www.lemonde.fr/en/france/article/2025/02/20/france-returns-its-only-military-base-to-cote-d-ivoire_6738372_7.html.

4. French Senate, “Voir Afrique dans tous ses États,” January 29, 2025, 127, https://www.senat.fr/rap/r24-288/r24-288.html; “Armée française en Afrique : le début de la fin ?” Survie, May 1, 2025, https://survie.org/billets-d-afrique/2025/344-fevrier-2025/article/armee-francaise-en-afrique-le-debut-de-la-fin.

5. Jan Jensen, “Une autre « Union Sacrée » ? Commémorer la Grande Guerre dans l’Algérie colonisée (1918-1939),” Revue de l’histoire moderne et contemporaine 61, no. 2 (April-June 2014), 32.

6. Myron Echenberg, “Les migrations militaires en Afrique occidentale française, 1900-1945,” Canadian Journal of African Studies 14, no. 3 (1980), 432.

7. “Africa’s forgotten World War II veterans,” DW, May 7, 2020, https://www.dw.com/en/africas-forgotten-world-war-ii-veterans/a-53358115.

8. Catherine Akpo, “« Souviens-toi de Thiaroye ! » La mutinerie des tirailleurs sénégalais du 1er décembre 1944,” Guerres mondiales et conflits contemporains, no. 181 (January 1996), 22-3.

9. “En réclamant leur dû, c’est la mort qu’ils ont obtenue,” Afrique XXI, November 29, 2024, https://afriquexxi.info/En-reclamant-leur-du-c-est-la-mort-qu-ils-ont-obtenue.

10. François-Xavier Hautreux, “L’engagement des harkis (1954-1962) : Essai de périodisation,” Vingtième Siècle. Revue de l’Histoire, no. 90 (April-June 2006), 35.

11. Hautreux, “L’engagement des harkis (1954-1962),” 41.

12. “An Abandoned Cemetery Highlights a Painful Colonial Episode for France,” New York Times, December 24, 2023, https://www.nytimes.com/2023/12/24/world/europe/rivesaltes-camp-france-algeria-harkis.html.

13. Régis Pierret, “Les enfants des harkis, une jeunesse dans les camps,” Pensée plurielle 1, no. 14 (2007), 181

14. “Camps de harkis : la famille d’un militaire privée d’indemnisation attaque l’administration,” France Inter, June 5, 2024, https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/l-info-de-france-inter-4589877.

15. Thomas Deltombe, Manuel Domergue, and Jacob Tatsitsa, Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971)(Paris: La Découverte, 2011).

16. Deltombe et al. Kamerun !, 501-2.

17. Ibid., 502.

18. Ibid., 667-8.

19. Ibid., 672.

20. Mongo Beti, Main basse sur le Cameroun: autopsie d’une décolonisation (Paris: François Maspero, 1972), 200.

21. Beti, Main basse sur le Cameroun, 58-9, 198.

22. Deltombe et al., 697.

23. Hazel Cameron, “The French Connection: Complicity in the 1994 Genocide in Rwanda,” African Security 8, no. 2 (April-June 2015), 100-2.

24. Jean-François Dupaquier, “Propagande noire et désinformation au coeur de l’engagement militaire français,” Cités, no. 57 (2014), 42.

25. Cameron, “The French Connection,” 103.

26. Laurence Binet, Genocide of Rwandan Tutsi, 1994 (Doctors Without Borders, March 2024), 49.

27. Binet, Genocide of Rwandan Tutsi, 1994, 55.

28. Ibid., 67-8.

29. Le Monde, “Génocide au Rwanda : quel rôle a joué la France ?” YouTube Video, 12:05, October 26, 2018, https://www.youtube.com/watch?v=XcgOjq2wqGQ&ab_channel=LeMonde.

30. ARTE, “Rwanda : le silence des mots : ARTE Reportage,” YouTube Video, 50:04, April 26, 2022, https://www.youtube.com/watch?v=VCfjB7hiO-4&t=2027s&ab_channel=ARTE.

31. “Mitterrand a-t-il déclaré à propos du Rwanda que « dans ces pays-là, un génocide, c’est pas trop important » ?” Libération, May 11, 2021, https://www.liberation.fr/checknews/mitterrand-a-t-il-declare-a-propos-du-rwanda-que-dans-ces-pays-la-un-genocide-cest-pas-trop-important-20210511_OYT7FG6DL5AVXJN3EMTLOMH3OE/.

32. “French soldiers in the Sahel: A Barely Repressed Colonial Consciousness,” Afrique XXI, October 27, 2020, https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/french-soldiers-in-the-sahel-a-barely-repressed-colonial-unconscious,4239; “Dans l’armée française, un imaginaire colonial omniprésent,” Afrique XXI, January 10, 2022, https://afriquexxi.info/Dans-l-armee-francaise-un-imaginaire-colonial-omnipresent.

33. “Dans l’armée française, un imaginaire colonial omniprésent.”

34. “Avec Bernard Lugan, retour vers le futur pour l’armée française,” Afrique XXI, January 31, 2022, https://afriquexxi.info/Avec-Bernard-Lugan-retour-vers-le-futur-pour-l-armee-francaise.

35. “Mali. Preliminary Findings of A Four Week Mission: Serious Human Rights Abuses Continue,” Amnesty International, 2013, https://www.amnesty.ch/de/themen/weitere/kindersoldaten/dok/2013/kinder-im-buergerkrieg/mali-preliminary-findings-of-four-week-mission-serious-human-rights-abuses-continue; “Mali. Crimes Without Convictions: Analysis of the Judicial Response to Conflict-Related Crimes in Central Mali,” Amnesty International, 2021, https://www.amnesty.org/en/wp-content/uploads/2022/04/AFR3751922022ENGLISH.pdf.

36. “French mistakes helped create Africa’s coup belt,” Al Jazeera, August 17, 2023, https://www.aljazeera.com/opinions/2023/8/17/french-mistakes-helped-create-africas-coup-belt.

37. French Senate, “Voir Afrique dans tous ses États,” 25, 56.

38. Ibid., 26.

39. “Macron irks allies, left with Africa ‘forgot to say thank you’ jibe,” France 24, January 7, 2025, https://www.france24.com/en/live-news/20250107-macron-irks-allies-left-with-africa-forgot-to-say-thank-you-jibe.

40. “Emmanuel Macron en visite à Djibouti, dernière emprise opérationnelle française en Afrique,” Le Monde, December 20, 2024, https://www.lemonde.fr/international/article/2024/12/20/emmanuel-macron-en-visite-a-djibouti-derniere-emprise-operationnelle-francaise-en-afrique_6459039_3210.html; Gabon : à Libreville, le camp de Gaulle devient une académie de formation militaire,” RFI, July 10, 2024, https://www.rfi.fr/fr/afrique/20240710-gabon-%C3%A0-libreville-le-camp-de-gaulle-devient-une-acad%C3%A9mie-de-formation-militaire.

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