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La Cour Caucasienne Internationale arrête un autre « brownface »

par Bernard Tornare 12 Mars 2025, 16:47

Rodrigo Duterte, ancien président des Philippines

Rodrigo Duterte, ancien président des Philippines

La poursuite de Duterte sera célébrée dans les capitales occidentales, non pas parce qu'elle représente la justice, mais parce qu'elle offre une façade de légitimité à une institution défaillante.

 

Par BettBeat Media

"Cette cour a été créée pour l'Afrique et pour les voyous comme Poutine" – a déclaré un responsable anonyme au procureur en chef de la CPI, Karim Khan.

L'arrestation de Rodrigo Duterte, ancien président des Philippines, pour crimes contre l'humanité, ne révèle pas un triomphe de la justice internationale, mais plutôt l'application sélective de la loi qui est devenue la marque de notre ère impériale. La machine de la justice internationale ne se met en marche que lorsqu'elle sert les intérêts des puissances occidentales ou peut être déployée contre ceux qui sont tombés en disgrâce auprès de l'hégémon mondial.

Soyons clairs : les crimes de Duterte sont monstrueux. Sa prétendue "guerre contre la drogue" a entraîné les exécutions extrajudiciaires de milliers de Philippins, principalement des pauvres des zones urbaines. Il s'est vanté d'avoir personnellement participé à des meurtres. Il a plaisanté sur le viol. Les victimes de son régime brutal méritent justice.

Mais la question que nous devons nous poser n'est pas de savoir si Duterte mérite d'être poursuivi – il le mérite –, mais plutôt pourquoi la machine de la justice internationale fonctionne avec une sélectivité aussi transparente.

La Cour pénale internationale n'a jamais inculpé un leader occidental. Aucun responsable américain, britannique ou français n'a été poursuivi pour l'invasion illégale de l'Irak, le bombardement de la Libye qui l'a transformée en un État en déliquescence, ou les innombrables morts civiles causées par les frappes de drones à travers le monde arabe, l'Afrique et l'Asie. La juridiction de la CPI semble s'arrêter précisément aux frontières du pouvoir impérial occidental.

Les crimes de Netanyahou à Gaza – documentés en temps réel, diffusés dans le monde entier et reconnus par les responsables israéliens eux-mêmes – ont donné lieu à un mandat d'arrêt, mais aucune action significative. Biden, qui a fourni les armes permettant ce carnage, ne court aucun risque juridique. Le message est clair : la responsabilité est pour les autres, pas pour nous ou nos alliés.

L'ironie cruelle de la déclaration du responsable anonyme à Khan – selon laquelle la CPI a été "créée pour l'Afrique et pour les voyous comme Poutine" – est qu'elle révèle involontairement la vérité. La justice internationale, telle qu'elle est actuellement constituée, renforce plutôt qu'elle ne remet en question les hiérarchies de pouvoir existantes. Elle est un outil des puissants contre les faibles, ou contre ceux qui sont tombés en disgrâce.

La poursuite de Duterte sera célébrée dans les capitales occidentales, non pas parce qu'elle représente la justice, mais parce qu'elle offre une façade de légitimité à une institution qui évite soigneusement de confronter les plus grands pourvoyeurs de violence dans notre monde actuel.

L'indignation suscitée par Duterte ne doit pas nous aveugler face à ce calcul cynique. Une justice sélective n'est pas une justice – ce n'est que le pouvoir portant le masque de la vertu. Une véritable justice tiendrait pour responsables non seulement les Duterte de ce monde, mais aussi les Netanyahou, les Biden, les Blair, et tous ceux qui ont orchestré des souffrances massives tout en prétendant agir au nom de la démocratie et de la liberté.

Jusqu'à ce que ce jour arrive, la CPI restera ce que ses défenseurs n'osent pas admettre : la Cour Coloniale Internationale, ou comme certains le disent, la Cour Caucasienne Internationale.

Karim

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en anglais

La Cour Caucasienne Internationale arrête un autre « brownface »

BettBeat Media, fondé et géré par le professeur Karim Bettache, est une plateforme dynamique où lui et son co-animateur, le professeur Peter Beattie, se livrent à des podcasts et à des interviews perspicaces portant sur les affaires géopolitiques. Outre le contenu vidéo, le Substack de BettBeat Media propose des articles qui approfondissent ces sujets d'un point de vue résolument anti-impérialiste. BettBeat Media défend des valeurs antiracistes et anti-impérialistes, s'efforçant d'éclairer et de remettre en question les injustices mondiales par le biais d'un discours réfléchi et d'une analyse experte.

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