La minorité d'opposition veut s'élever à la présidence sans autre vérification que des phrases comme "tout le monde le sait" ou des documents grossièrement falsifiés mis en ligne sur un site web.
Bien que le Venezuela ait cessé d'être une colonie en 1811, il y a plus de 200 ans, certains s'obstinent encore à traiter ses habitants comme des sujets. Des hommes et des femmes à qui voler des matières premières, mettre sous tutelle et imposer des vice-rois. Car ne nous y trompons pas, ce qui dérange dans le Venezuela du XXIe siècle n'a rien à voir avec la liberté, la démocratie ou les droits de l'homme. Au contraire, cela est lié à ses réserves pétrolières et à son courage d'imaginer et de mettre en œuvre un système politique qui, malgré les embargos et les difficultés, s'oppose au capitalisme.
Un système à tendance socialiste qui a d'abord nationalisé le pétrole et l'a mis au service de la classe ouvrière vénézuélienne : en utilisant ses bénéfices pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers les plus défavorisés, offrir l'éducation et la santé publiques. Il l'a fait sous la présidence d'Hugo Chávez et continue de le faire aujourd'hui avec Nicolás Maduro.
Un seul exemple : en à peine 13 ans, ils ont construit et livré cinq millions de logements populaires pour répondre à la grave crise du logement que vivait le pays. Peut-être que les gouvernements européens et américains qui insistent encore et encore pour nier la volonté vénézuélienne exprimée par les urnes, pourraient apprendre un peu de la "dictature chaviste" et résoudre les problèmes que les familles de travailleurs ont ici pour trouver un endroit décent où vivre.
Car qu'on le veuille ou non, le 28 juillet, avec un système électoral qui a passé tous types de contrôles, les Vénézuéliens sont allés voter et l'ont fait librement. Ou du moins aussi librement qu'on peut voter dans un pays systématiquement extorqué. Et pas seulement avec des campagnes féroces à la télévision et sur les réseaux sociaux, mais aussi par des sabotages comme ceux menés par les États-Unis, l'Union européenne ou le Royaume-Uni : de l'interdiction de vente de pétrole ou de gaz, jusqu'à la saisie des comptes publics ou le vol direct de l'or de l'État vénézuélien déposé à la Banque d'Angleterre, évalué à 1 milliard de dollars. Ce n'est pas rien.
Dans cette ambiance, sous cette énorme pression internationale et les actes de violence internes continus (27 personnes sont décédées suite aux attentats de groupes d'opposition après l'annonce des résultats), les électeurs ont voté et le résultat a été clair : le PSUV de Nicolás Maduro a obtenu 6 408 844 voix et Edmundo González, du PU, 5 326 104. Un million de voix de différence.
Comme on pouvait s'y attendre, car cela s'était déjà produit auparavant avec la farce de Juan Guaidó, la campagne de discrédit international a commencé même avant la fermeture des urnes. L'opposition a sorti de son chapeau des actes que l'on sait aujourd'hui faux comme seul argument de sa prétendue victoire. Et cela seul leur a suffi pour recevoir le soutien des gouvernements et partis politiques de droite du monde entier. C'est-à-dire qu'on oblige le gouvernement vénézuélien à remplir des conditions qu'aucun pays de la planète ne remplit, y compris l'Espagne ; tandis qu'on veut hisser la minorité d'opposition à la présidence sans autre vérification que des phrases comme "tout le monde le sait" ou des documents grossièrement falsifiés mis en ligne sur un site web.
Le Tribunal Suprême de Justice vénézuélien vient de rendre son verdict : il certifie les résultats et la victoire de Nicolás Maduro. La Cour Suprême a confirmé que les bulletins du Conseil National Electoral sont soutenus par les actes de dépouillement émis par chacune des machines. Ce qui met en évidence, une fois de plus, la véracité du système vénézuélien : le processus électoral est automatisé à 100%. De plus, le logiciel des processus de vote, de dépouillement et de totalisation est audité et certifié avec la participation des partis politiques et des observateurs.
Et malgré la dure attaque cybernétique qu'a subie le réseau du Conseil National Electoral, les délais et méthodes imposés par la Constitution du pays sont scrupuleusement respectés. Une Constitution, soit dit en passant, qui permet la présentation de contestations. Une voie que n'ont pas suivie les opposants : ils savent parfaitement que ni la loi ni le recomptage ne peuvent leur donner un gouvernement que le peuple ne leur accorde pas non plus.
Il est temps que Pedro Sánchez cesse d'exiger du Venezuela des actes électoraux qu'aucun pays au monde ne présente dans un délai aussi court. Ni l'Espagne ni, par exemple, le Mexique, qui sans aucune plainte internationale, vient de faire connaître trois mois plus tard le décompte définitif de ses élections de début juin. Les fameux actes seront présentés quand et comment le diront les lois du pays caribéen, et non quand il plaira aux Biden ou Borrell de service, plus occupés ces derniers temps à nous mener à une IIIe Guerre Mondiale qu'à développer un monde en paix et prospérité.
Le Venezuela a cessé d'être une colonie il y a plus de 200 ans. Il a retrouvé sa dignité en rompant avec Ferdinand VII. Il vaudrait mieux pour nous, citoyens de notre pays, encore sous le joug des descendants du "roi félon", apprendre un peu du courage de ces peuples américains et cesser de donner des leçons morales et d'imposer des gouvernements.
Traduction Bernard Tornare
Eduardo Mayordomo Carrasco est le responsable de la communication du PCE-EPK Navarra en Espagne.
Maite Mola est professeure de mathématiques, militante féministe, vice-présidente du Parti de la gauche européenne, membre du comité central du Parti communiste d'Espagne et de la direction d’Izquierda Unida.
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