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Colombie : espoir et danger

par Bernard Tornare 30 Mai 2022, 21:21

Le deuxième tour verra Gustavo Petro (à gauche) affronter Rodolfo Hernández, 77 ans

Le deuxième tour verra Gustavo Petro (à gauche) affronter Rodolfo Hernández, 77 ans

Par Periódico La Jornada

 

C'est sans surprise que le candidat progressiste et ancien maire de la capitale, Gustavo Petro, du Pacto Histórico, est arrivé en tête de l'élection présidentielle colombienne hier avec 40,32 % des voix ; les sondages d'opinion avaient prédit sa victoire. Ce qui est surprenant, c'est que le parti pro-gouvernemental Uribiste, qui avait désigné Federico Gutiérrez, arrivé troisième avec 23,91 %, a été dépassé par un parti de droite beaucoup plus extrême, Rodolfo Hernández, de la Ligue des dirigeants anti-corruption, qui, avec 28,15 % des voix, affrontera Petro au second tour.

 

M. Gutiérrez a immédiatement appelé ses partisans à soutenir M. Hernández, homme d'affaires et ancien maire de Bucaramanga, qui a fait de la lutte contre la corruption son principal cheval de bataille, bien qu'il soit lui-même impliqué dans une grave affaire de corruption : son fils a perçu une commission d'un million et demi de dollars pour le contrat de collecte des déchets que la mairie a attribué à l'entreprise Vitalogic, une accusation pour laquelle il doit comparaître devant le tribunal le 21 juillet. "L'ingénieur", comme il aime à se faire appeler, s'est également caractérisé par son incapacité à contenir ses accès de violence verbale et physique, par ses commentaires misogynes sans équivoque et par son admiration manifeste pour Adolf Hitler.

 

Si l'on devait supposer la possibilité d'un transfert total des voix de Gutiérrez à Hernández et extrapoler mécaniquement les résultats d'hier au second tour, qui aura lieu le 21 juin, il faudrait conclure que la nouvelle alliance oligarchique obtiendrait plus de 50 % des voix et serait donc en mesure de conserver le contrôle du Palacio de Nariño. Mais même dans ce scénario improbable, il faut considérer que Petro peut encore mobiliser une partie des citoyens qui ne se sont pas rendus aux urnes - un peu plus de 45 % des inscrits sur les listes électorales. Ce ne sera certainement pas une tâche facile.

 

En Colombie, l'équilibre est donc toujours en jeu entre la persistance de la réaction oligarchique, dans une version plus élémentaire et barbare que celle qui a gouverné pendant des décennies, et un changement fondamental des priorités de l'État, ce qui, dans le programme de Petro, signifie une réorientation des finances publiques pour répondre aux besoins les plus pressants de la population, un véritable nettoyage des institutions, le début d'une transition énergétique avec une référence écologiste claire et le début d'une politique étrangère souveraine et indépendante de Washington.

 

Pour le bien de la population colombienne, de l'Amérique latine et du monde, il faut espérer que le second de ces horizons prévaudra.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol
 

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