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Taisez-vous et obéissez

par Bernard Tornare 18 Mai 2020, 13:45

Taisez-vous et obéissez
Par Carolina Vásquez Araya

 

Le temps passe et nous sommes toujours dans l'incertitude totale.

 

Le confinement imposé pour contrôler la pire pandémie de l'histoire moderne a coupé nos libertés essentielles, nous enfermant dans un mur d'impositions des centres de pouvoir, les mêmes qui, il y a quelques mois à peine, faisaient l'objet de fortes manifestations de protestation dans toute la planète. À vrai dire, l'attaque de ce virus inconnu et apparemment indestructible en est venue à créer un état d'impunité très commode pour les gouvernements qui, il n'y a pas si longtemps encore, hésitaient sur la corde raide. Cela n'est cependant pas nouveau ; les tragédies et les catastrophes, naturelles ou non, ont toujours servi de prétexte pour faciliter l'accès à des mécanismes extrêmes de pouvoir politique à des individus et des groupes dont les performances, tôt ou tard, leur auraient coûté une perte d'autorité.

 

Notre réalité a été soudainement réduite au silence et à l'obéissance, même si les ordres supérieurs ont été dictés et imposés de façon déraisonnable par la peur et la répression. Dans la plupart de nos pays, la population est acculée et réduite à une humiliante obéissance par la force des armes, avec des armées qui patrouillent dans les rues et une police qui attaque sans merci les plus pauvres, armée d'une autorité capable de transformer en crime des actes aussi élémentaires que la recherche de moyens de survie. Inexplicablement, le simple fait de quitter son foyer est aujourd'hui un acte subversif digne d'une punition exemplaire ; et, même si l'enfermement est une mesure juste et nécessaire pour arrêter la pandémie, la manière de l'imposer a signifié, dans de nombreux pays, l'abolition - par la violence - des droits garantis par la Constitution et les lois.

 

Le silence et l'obéissance semblent être les mots d'ordre du moment. Le raisonnement logique (arrêter la contagion et éviter les pertes de vies humaines) maintient les citoyens dans l'incapacité d'être en désaccord et les laisse à la merci des autres, qui décideront de leur vie et de leur avenir. En réalité et hors de toute logique, les secteurs les plus puissants, c'est-à-dire les "autres" qui se sont emparés du pouvoir par la corruption et le pillage, ont atteint le statut rêvé : avoir la société au poing.

 

S'il y a quelque chose de plus dangereux qu'un virus mortel, c'est bien la peur et la désinformation, qui peuvent réduire à néant la capacité des gens à reprendre les rênes de leur liberté et à décider de leur vie. Garder le silence et obéir est aujourd'hui et a toujours été un bâillon amer imposé tout au long de l'histoire. C'est un précepte capable d'affaiblir soudainement les bases des démocraties naissantes et tant attendues des peuples d'Amérique latine, après d'innombrables coups d'État et des attaques constantes contre les droits de l'homme, politiques et économiques.

 

Le silence et l'obéissance sont ce qui a rendu de vastes secteurs incapables par l'exploitation et la pauvreté, les empêchant d'accéder à la connaissance et de transformer les lois en instruments susceptibles d'entraver leur droit à une participation citoyenne active et consciente. Le silence et l'obéissance sont l'anti-démocratie par excellence et le virus l'impose avec toute sa puissance meurtrière, se réfugiant dans la peur de la mort mais surtout dans ce sentiment d'impuissance face à la capacité des autres à prendre en main notre destin. Le silence et l'obéissance, après tout, sont le produit de cette longue séquence d'abus à laquelle nous sommes tellement habitués que nous continuons à choisir la pire des offres politiques pour gérer notre présent et promettre, avec une effronterie totale, notre avenir.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

Cette traduction peut être librement reproduite. Merci de respecter son intégrité et d'en mentionner  l' l'auteur, le traducteur et le blog Hugo Chavez.

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