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Les médias essaient de ne pas nous faire réfléchir, ils pensent pour nous

par Bernard Tornare 5 Décembre 2019, 17:03

Les médias essaient de ne pas nous faire réfléchir, ils pensent pour nous
Par Àngel Cappa

 

“La gente va muy bien para contarles cuentos, para darles porrazos y venderles ungüentos”  
Canción de J.M.Serrat


 

Je parle aux hégémoniques. Pas aux alternatifs. Et je vais commencer par un exemple. Au petit matin, au petit déjeuner, j'ai l'illusion de m'informer à la radio, en général la Cadena SER [1]. Je ne peux pas le faire, bien sûr, parce qu'il est très difficile de distinguer certaines nouvelles entre des dizaines de suggestions commerciales et un nombre infini de numéros de téléphone à appeler maintenant et ainsi acheter une immense diversité d'objets qui me rendraient très heureux. En outre, les "informateurs" parlent à pleine vitesse, comme s'ils devaient prendre un train qui leur échappe. Ils disent tout comme si c'était une longue file d'attente et sans respiration. Ensuite, ils mélangent les nouvelles locales avec les nouvelles nationales et internationales et le résultat du match d'hier soir et d'un coup de couteau dans une bagarre, le tout à raison de 25 ou 30 nouvelles par minute. Ils ne vous laissent pas le temps d'entrer n'importe quelle raison et encore moins la raison.

 

Tout à coup, la voix d'un homme apparemment plus âgé qui fait semblant d'être spirituel et drôle se présente comme un chroniqueur. Il renie la coutume des politiciens de consulter la base. Il n'aime pas ça parce qu'il dit que c'est ainsi qu'ils se soustraient à leurs responsabilités. Les politiciens sont là pour prendre des décisions, pourquoi consulter la base ?

 

La voix d’un homme plus âgé, rien de curieux et encore moins réjouissant, a frappé fort malgré ses arguments bâclés.

 

La démocratie consisterait à choisir, au moment où nous sommes invités à voter, les politiciens qui sont censés nous représenter et prendre les mesures qu'ils jugent opportunes pour fixer nos vies. Une fois que nous avons voté, nous n'avons plus rien à faire ni rien à dire. De la maison au travail et du travail à la maison, comme le disait Perón quand il y avait du travail (il disait aussi qu'il faut être juste, que "la vraie démocratie, c'est là où le gouvernement fait ce que le peuple veut et défend un seul intérêt : celui du peuple").

 

En d'autres termes : les politiciens sont ceux qui savent, d'une part. Et nous qui ne comprenons pas ces choses, d'un autre côté. Séparés. En tant que classe spéciale de gens, ils comprenaient. Nous devons applaudir quand ils nous le disent et ne pas penser ou porter une chemise à onze manches [2].

 

Pendant les campagnes électorales, ils nous disent à quel point ils sont bons et quels projets ils ont pour nous et ils nous demandent de leur faire confiance. "Suivez-moi, je ne vous décevrai pas", tel était le slogan d'un politicien argentin qui n'a cessé de décevoir ceux qui le suivaient avec l'innocence que Dieu nous a donnée.

 

Comme si cela ne suffisait pas, les médias nous disent constamment ce qui est bon et ce qui est mauvais pour nous. Tout est bien mâché. Que la chose la plus démocratique est d'obéir à ceux qui gouvernent, de rester à la maison et de regarder la télévision pour nous divertir. En tout cas, si nous allons à un rassemblement, nous avons le droit d'applaudir et de demander des autographes et des photos des dirigeants qui font tant pour nous.

 

La voix de l'homme âgé qui a renoncé à la mauvaise habitude de certains politiciens de consulter la base, n'a pas remarqué que nous sommes généralement consultés lorsque le ragoût est prêt et servi. Et si pour ces choses dans la vie, notre vote les contredit, la consultation est sans effet.

 

Les médias s'efforcent de nous empêcher de penser à ceux qui représentent réellement "nos" représentants et en aucun cas pourquoi ils devraient nous représenter sans que nous ayons la moindre chance de décider des questions qui affectent notre propre vie. Et pourquoi, s'ils font le contraire de ce qu'ils ont promis, on ne peut pas les virer comme les patrons le font avec nous quand ils veulent.

 

Quand ils nous demandent de leur faire confiance, c'est même un peu humiliant, comme si nous n'étions pas capables d'intervenir dans notre vie. Comme si on ne savait pas ce qui est bon pour nous et ce qui ne l'est pas.

 

N'est-il pas temps que cette démocratie parlementaire s'approfondisse pour qu'elle devienne un peu plus réelle et pas seulement formelle ?

 

C’est pourquoi le " trifachito " [3] et ses représentants, les grands entrepreneurs, poussent leur cri dans le ciel quand nous parlons d’assemblées populaires avec pouvoir de décision et tirent immédiatement de leur argumentaire rance et périmé les alarmes de toujours : soviets, bolivariens, antisystèmes ! etc et que, même si cela semble faux, ils continuent à effrayer les gens.

 

La démocratie n'était-elle pas le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple, comme on nous l'enseignait à l'école ? D'ailleurs, ce n'est pas Lénine ou Fidel Castro qui l'a dit, mais Abraham Linconl en 1863, président des États-Unis.

 

Ce n'est pas que les représentants et le parlement doivent cesser d'exister, mais que nous avons quelque chose à dire sur nous et les aider ainsi à devenir plus démocratiques. Et en même temps construire une société plus juste parmi nous tous, même si la voix d'un homme plus âgé ne l'aime pas, nous invitant depuis la radio à ne pas penser et à ne pas agir.

 

Et cela, pour avoir une voix en plus du vote, ne dépendra que de nous, non pas individuellement, mais avec les autres.

 

Il serait peut-être bon de commencer par interroger les médias qui tentent de nous infantiliser, afin de nous forger notre propre opinion.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

Ndt

 

[1] Cadena SER est une station de radiodiffusion qui compte parmi les plus anciennes d'Espagne.

 

[2] " Une chemise à onze manches " signifie mettre une personne dans des affaires ou des problèmes qu’elle ne connaît pas, qui ne lui font pas concurrence ou qui ne font état d’aucun avantage.

 

[3] En Espagne, trifachito est une dénomination du pacte entre les partis politiques du Parti Populaire, Citoyens et Vox, personnalisés par leurs leaders, Pablo Casado, Albert Rivera et Santiago Abascal. Il est un néologisme sous forme d'acronyme créé à partir de la fusion des termes tripartite et fachisme.

 


Cette traduction peut être librement reproduite. Merci de respecter son intégrité et d'en mentionner l'auteur, le traducteur et le blog Hugo Chavez.

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