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Hypocrisie occidentale : Haïti versus Venezuela

par Bernard Tornare 28 Février 2019, 20:10

Hypocrisie occidentale : Haïti versus Venezuela
PAR LÉO-PAUL LAUZON  

 

 

Le problème majeur pour Haïti

 

Le principal problème de Haïti, qui compte plus de 11 millions d’habitants, et qui explique pourquoi les pays occidentaux et leurs transnationales « philanthropiques » ne viennent pas aider ce pays à démettre les politiciens corrompus et l’oligarchie locale en place qui exploitent le peuple, c’est parce que Haïti n’a pas de ressources pétrolières et minières et que les gens sont tranquilles. 

 

Même si l’actuel président de Haïti, Jovenel Moïse, un riche homme d’affaires qui a été élu suite à des élections tronquées et avec un taux de participation inférieur à 20 %, les pays occidentaux l’ont vite reconnu comme président du pays. Ils adoptent une attitude différente au Venezuela en ne reconnaissant pas Nicolas Maduro, pourtant élu plusieurs fois, préférant reconnaître comme président un non-élu en la personne du très conservateur Juan Guaidò, qui s’est lui-même autoproclamé président du pays avec l’appui de ses amis des pays développés et de la caste économique supérieure locale. Une vraie farce et une hypocrisie occidentale répugnantes. Les élections en Haïti ont toujours été une parodie honteuse comme cette autre tenue en 2009 : « Haïti. Un taux de participation de 11 % seulement aux sénatoriales » (Le Devoir, 29 avril 2009). Bah, pour l’Occident, 11 % de participation, c’est un exercice démocratique fantasmagorique. En 2013, le général Abdel Fattah Sissi y est allé d’un coup d’État pour renverser militairement le gouvernement égyptien de Mohamed Morsi, élu démocratique, et là c’est ok pour l’Occident et les States. En 2014, Sissi est élu avec plus de 97 % des voix, et son élection est reconnue internationalement et considérée comme très démocratique. Son seul adversaire « autorisé » louangeait le travail exceptionnel de Sissi : « L’ONU dénonce (mais pas trop) les 75 condamnations à mort en Égypte (suite à des similis procès) » (Le Devoir, 10 septembre 2018). Sissi torture et tue les opposants et les récalcitrants, mais ça reste un bon gars pareil : « Égypte. Donald Trump louange le travail fantastique du président Sissi » (Le Journal de Montréal, 4 avril 2017). Sissi c’est beaucoup mieux que Maduro au Venezuela, non?

 

Des bandits au pouvoir

 

C’est depuis toujours que Haïti est dirigé par des affairistes qui sont corrompus jusqu’à la moelle, qui sont partie prenante à la fraude et à l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux et qui sont de mèche avec le patronat afin d’exploiter les travailleurs. Les nantis ont toujours fait la belle vie dans ce pays. Depuis son indépendance il y a 200 ans, Haïti est toujours classé comme l’un des pays les plus inégalitaires au monde selon la Banque mondiale qui dit qu’environ 60 % de sa population vit en dessous du seuil de pauvreté, fixé à 2,41 $ par jour, et qui affirme que le quart vivote sous le seuil de pauvreté extrême établi à 1,23 $ par jour. La seule solution pour la population de ce pays est de procéder à une véritable révolution du peuple comme ils l’ont fait à Cuba il y a 60 ans. Ils n’ont rien à attendre des pays occidentaux et de l’oligarchie locale qui continue à les exploiter. 

 


Aide du Venezuela à Haïti

 

En 2008, Hugo Chavez, alors président du Venezuela, a créé le fond de Petrocaribe afin d’aider financièrement Haïti. 4 milliards ont été versés à Haïti. Ce programme a été maintenu par Nicolas Maduro, même si le Venezuela connait des moments difficiles. Ça, les médias ne le mentionnent jamais, préférant s’attarder aux méchancetés de Maduro et allant jusqu’à en inventer pour la « cause ». Comme ils n’ont rien à leur épreuve, et même si cela fait mourir du monde, un rapport d’audit de la Cour des comptes a démontré que ces fonds d’aide monétaire provenant du Venezuela ont été détournés par des élus et des fonctionnaires à leurs propres fins : « Corruption en Haïti : Moïse peine à convaincre les manifestants » (Le Devoir, 19 octobre 2018). Les Haïtiens ne sont pas cons et connaissent très bien les véritables principes qui guident le comportement de leurs élus subjugués aux pachas et aux sultans du pays et qui sont les pantins des puissances occidentales. Ça prend bien des rapaces pour s’approprier l’aide octroyée par un pays ami qu’est le Venezuela.   

 

L’aide humanitaire à Haïti plutôt qu’au Venezuela

 

Et que dire du grotesque vaudeville élaboré par Donald Trump qui, jouant grossièrement la carte du bienfaiteur, a envoyé des caravanes d’aliments et de médicaments au Venezuela afin supposément d’aider le peuple à survivre. Habituellement, l’aide humanitaire est acheminée par des organismes neutres comme l’ONU, la Croix-Rouge ou l’UNESCO, mais Donald préfère agir seul. Tout de même bizarre, non? Avec raison, Nicolas Maduro, au nom de la dignité du peuple, a refusé d’embarquer dans ce show burlesque, repris par l’Agence France-Presse (AFP) comme d’habitude, bien évidemment. Trump veut mettre à genoux la population vénézuélienne, d’environ 32 millions d’habitants, en l’affamant avec ses nombreuses et odieuses sanctions financières (comme pour Cuba et l’Iran) et en le ridiculisant en plus de ça en leur envoyant des bacs de nourriture s’apparentant à des soupes populaires.

 

Que Donald Trump envoie donc son aide humanitaire plutôt en Haïti ainsi qu’au Honduras, au Guatemala et au Salvador, des pays dirigés par des corrompus conservateurs de droite qui affament les pauvres gens qui fuient leur pays où règnent la criminalité, la pauvreté extrême, la fraude et la corruption généralisée et institutionnalisée sans que les Occidentaux ne bougent le petit doigt. Ils ont d’autres préoccupations comme disons le Venzuela, l’Iran et leur pétrole. Trump voit lui-même ces milliers de migrants venant de ces pays pour qui il leur fait construire un beau grand mur. Trump devrait déployer ses vaillants militaires et mercenaires et les Occidentaux leurs casques blancs « humanistes » en Haïti, au Salvador, au Guatemala, en Égypte et au Honduras plutôt qu’au Venezuela. De même, les médias occidentaux devraient dépêcher leurs journalistes d’enquête dans ces pays et d’autres (comme la Lybie, le Brésil, la Colombie, le Myanmar, etc.) plutôt de se coller à la « crazy glue » par motivation idéologique au Venezuela. En temps normal, les médias ne nous parlent jamais d’Haïti, malgré l’exploitation du peuple. 

 

Mais quelle hypocrisie inqualifiable de la part de Donald Trump. Depuis qu’il est en poste, il a réduit l’aide de son pays aux pays pauvres et a retiré en 2017 les États-Unis de l’UNESCO, organisme qui justement vient en aide aux pays défavorisés. Mais, comme la porte-parole de la Maison-Blanche l’a dit : « Dieu voulait que Trump devienne président » (Le Journal de Montréal, 30 janvier 2019). Associer Dieu à ce barbare relève du mépris. « La vie reprend tranquillement son cours en Haïti » (Le Devoir, 19 janvier 2019). C’est justement ce qu’il ne faut pas qui arrive. Il faut que le peuple haïtien continue à brasser vigoureusement la tranquillité de leurs exploiteurs appuyés par les Occidentaux, s’ils veulent améliorer leur sort et ceux de leurs enfants sinon l’exploitation va continuer tranquillement à faire son petit bonhomme de chemin. Silence, on exploite et merci aux Occidentaux pour leur compréhension et à leurs médias pour leur discrétion. 

 

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