Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

À propos de l’intervention du Venezuela à l’ONU

par Bernard Tornare 2 Octobre 2026, 16:19

À propos de l’intervention du Venezuela à l’ONU
Par Farruco Sesto

À propos de la position du Venezuela exprimée par la présidente Delcy à l’ONU, je voudrais partager quelques réflexions avec les lectrices et les lecteurs de ce journal galicien, au regard des nombreuses choses que nous avons en commun — et précisément pour cette raison.

 

Ce ne sont que quelques réflexions personnelles, dans une réalité si complexe à interpréter et à comprendre, que je me permets de formuler à voix haute par l’écriture.

 

Je commencerai par admettre que le Venezuela, dans les circonstances où il vit, a décidé de ne pas s’immoler en tant que peuple, mais au contraire de tenter d’avancer sur une voie inattendue et inédite.

 

Nous nous sommes préparés durant des années à résister longuement à une agression, tandis que nous subissions une guerre hybride qui nous a ravagés sur le plan matériel, a démoli notre économie pétrolière et a infligé d’immenses dommages à notre peuple. Une guerre qui, soit dit en passant, n’a pas pris fin. Aujourd’hui, après avoir été soumis à des scénarios d’une férocité extrême, y compris l’insolite enlèvement présidentiel, nous avons dû nous asseoir à la table avec notre ennemi — avec qui d’autre, sinon ? — pour négocier la construction de la paix.

 

Cela signifie-t-il que nous nous sommes rendus ? Non. Cela ne signifie en aucune façon une capitulation. Avons-nous honte de cette recherche de la paix dans une négociation asymétrique et imposée ? Nous n’en avons pas honte. Comme presque tous les peuples du monde, nous aspirons à vivre dans une paix digne. Et c’est précisément de cela qu’il s’agit : ce chemin de négociation, déjà en lui-même compliqué, risqué et difficile, avec l’empire le plus puissant, le plus ambitieux, le plus amoral et le plus cruel que le monde ait jamais connu — un empire dont nous avons d’ailleurs appris à ne pas « faire confiance, pas même un tout petit peu ».

 

Une paix digne dans des conditions terriblement adverses. Tel est le chemin que nous avons choisi, car nous ne pensons pas que l’immolation collective, celle de tout un pays, aurait été la meilleure issue en ce terrible 3 janvier.

 

J’ai médité là-dessus et je crois fermement que, parmi tous les scénarios possibles auxquels nous étions préparés, celui qui aurait permis une longue résistance fondée sur la guerre de tout le peuple n’a pas eu la moindre possibilité de se réaliser. Tels furent les faits, les menaces et l’efficacité de notre capacité de réponse militaire, dépendante d’un appui technologique extérieur dont nous ne disposons pas.

 

Je voudrais rappeler à la gauche galicienne qui nous a accompagnés jusqu’ici que « l’analyse concrète de la situation concrète est l’âme vivante du marxisme », car « il n’existe pas de vérité abstraite ; la vérité est toujours concrète », comme nous l’avons appris et mis en pratique dans nos engagements militants.

 

Et c’est sur cette réalité concrète, vécue par nous intimement dans tous ses aspects, et non sur des idées préconçues, que notre peuple a emprunté cette voie de dialogue difficile avec l’ennemi et de reconstruction intérieure, tout en sauvegardant notre souveraineté.

 

Avons-nous dû avaler du sable ? Oui, en effet : nous avons dû avaler du sable.

 

Cela signifie-t-il renoncer au projet bolivarien et à l’héritage de Chávez ? C’est impossible pour le peuple chaviste, car cela constitue l’oxygène même de notre vie politique collective.

 

Sommes-nous donc des traîtres ? Nous ne nous considérons pas comme tels. Personnellement, je crois avoir assez bien connu Chávez : j’ai fait partie de son équipe gouvernementale, j’ai été son ami, je l’ai suivi et étudié en profondeur, et je ne me considère nullement comme un traître à son héritage. Libre à qui veut de le croire. Si l’on en est là, que ceux qui pensent si mal de nous, dans cette partie du monde, se consacrent à faire leur propre révolution, pour voir si c’est si facile : car, comme l’a dit Fidel — et cela aussi nous le savons parfaitement —, « le devoir d’un révolutionnaire est de faire la révolution ». Alors, qu’ils s’y mettent. Et je leur souhaite, de tout cœur, beaucoup de succès dans cette entreprise.

 

Pendant ce temps, nous tâchons de faire de la politique, en participant également à l’étrange tectonique géopolitique de notre époque, comme amis de tous les peuples et avec la cause humaine pour étendard. À une époque où les monstres rôdent en liberté comme jamais auparavant.

 

Les paroles de notre présidente par intérim à l’ONU le reflètent avec une grande clarté, par son « attachement à la paix et son rejet de la violence », ainsi que par sa ferme conviction « dans le pouvoir du dialogue et de l’entente », affirmant « sans ambiguïté que la paix — une paix juste, durable, digne pour toutes les parties — n’est pas une aspiration naïve, mais la seule issue véritablement humaine ».

 

Voilà, en substance, ce qu’il en est, au-delà du jeu kaléidoscopique de miroirs de la diplomatie, impossible à interpréter à travers des silences calculés et quelques images.

 

Pour terminer ces notes, je fais miens les mots de Jorge Arreaza, notre cher député et recteur de l’Université des Communes : « Il est facile de se hâter de désigner le Venezuela du doigt, depuis la droite ou depuis la gauche. Les claviers et les réseaux supportent tout. Ce qui est difficile, c’est de maintenir la paix dans des circonstances aussi complexes et de redresser l’économie après des années d’agression, afin de redistribuer la richesse parmi les plus vulnérables. »

 

Traduction Bernard Tornare

Source en espagnol

Cet article a été initialement publié en galicien dans Nós diario

À propos de l’intervention du Venezuela à l’ONU

Farruco Sesto est un architecte, écrivain, homme politique et peintre vénézuélien d'origine espagnole. Né à Vigo, il a été ministre de la Culture et ministre du Logement dans les gouvernements d'Hugo Chávez.

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

Haut de page