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Éducation et résistance : le monde après l’agression des États-Unis contre le Venezuela

par Bernard Tornare 18 Février 2026, 16:11

Éducation et résistance : le monde après l’agression des États-Unis contre le Venezuela

Pedro Monzón Barata soutient qu’à la suite de l’agression des États-Unis contre le Venezuela, l’éducation devient le champ de bataille décisif sur lequel se forgent la souveraineté, la résistance et la clarté idéologique.

 

Par Pedro Monzón Barata

Le paysage géopolitique actuel de Notre Amérique est marqué par une escalade agressive de l’impérialisme nord-américain, qui a écarté toute apparence de multilatéralisme ou de respect du droit international. L’attaque militaire ignoble contre le Venezuela, l’enlèvement arbitraire et illégal de son président constitutionnel Nicolás Maduro, l’assassinat lâche de plus d’une centaine de Vénézuéliens et de Cubains, les menaces militaires explicites contre la Colombie, le Mexique et surtout Cuba, ainsi que l’intensification des blocus économiques asphyxiants ne sont pas des incidents isolés.

Tous ces faits ne sont que les maillons d’une même chaîne de domination, conçue pour faire reculer tout projet de souveraineté nationale ou d’intégration régionale indépendante. Face à cette offensive multidimensionnelle — qui combine guerre économique, opérations psychologiques, actions cybernétiques et recours effectif ou potentiel à la force — la réponse des peuples ne peut se limiter au seul terrain diplomatique, ni à des réactions défensives ponctuelles.

 

L’éducation pour forger un rejet conscient et pratique

L’éducation du peuple en vue d’un rejet conscient et pratique devient impérative, comme condition même de survie. Elle doit être consciente, parce qu’elle doit s’enraciner dans une compréhension profonde des mécanismes historiques, économiques et culturels de l’impérialisme. Elle doit être pratique, parce qu’elle doit se traduire par la mobilisation organisée, la défense des institutions légitimes, la solidarité internationaliste active et la construction quotidienne d’alternatives. L’éducation, entendue dans son sens le plus large et le plus transformateur, est l’outil fondamental pour forger cette capacité de réponse.

Loin d’être un simple appendice culturel, elle est le champ de bataille principal où se gagne ou se perd la bataille des idées, bataille qui précède et conditionne toute autre forme d’affrontement.

 

De l’alphabétisation à la lecture critique

L’éducation n’est pas neutre ; l’alphabétisation du peuple en est le fondement primordial. Personne, parmi ceux qui ont vécu la Campagne d’alphabétisation de 1961 à Cuba — à laquelle j’ai eu l’occasion de participer enfant — ne peut nourrir la moindre illusion quant à la neutralité de l’éducation. Cet épisode, au cours duquel plus de 100 000 d’entre nous, jeunes, avons pris le chemin des campagnes et des montagnes pour enseigner la lecture et l’écriture, fut un acte de profonde subversion de l’ordre néocolonial. Nous, brigadistes de l’alphabétisation, ne portions pas seulement des manuels et des cahiers ; nous portions une idée révolutionnaire : la connaissance est un droit universel et un instrument de libération. Les assassinats des jeunes alphabétiseurs Conrado Benítez et Manuel Ascunce Domenech, aux mains de bandes contre-révolutionnaires armées et financées par la CIA, démontrèrent avec brutalité que l’oligarchie et l’impérialisme comprenaient parfaitement le danger que représente un peuple éclairé.

 

Aujourd’hui, l’analphabétisme dans le monde a muté. À côté de l’analphabétisme résiduel, persiste un analphabétisme fonctionnel, politique et numérique, soigneusement cultivé par un écosystème médiatique transnational au service du capital. Il se manifeste par l’incapacité à décoder les intérêts qui se cachent derrière une information, à contextualiser un conflit géopolitique, à comprendre ce que recouvrent des doctrines comme la « guerre hybride » ou les « coups d’État en douceur ». Des populations bombardées de récits qui présentent les victimes comme des bourreaux et les agresseurs comme des sauveurs peuvent être poussées à agir (même électoralement) contre leurs propres intérêts de classe et d’intérêts nationaux. La désinformation sur le Venezuela ou sur Cuba, où les graves conséquences d’une guerre économique et d’un blocus économique, commercial et financier d’essence génocidaire sont présentées comme « l’échec du socialisme », est l’arme privilégiée de ces protagonistes dans ce phénomène cruel.

 

C’est pourquoi l’éducation contemporaine doit avoir pour colonne vertébrale la formation générale du peuple et une alphabétisation critique, médiatique et historique. Elle doit apprendre à démonter la propagande, à identifier les sources primaires, à retracer la propriété des médias et à comprendre l’histoire de la cruelle exploitation coloniale, des interventions yankees dans la région — du Mexique en 1847 à Panama en 1989 — jusqu’à l’agression actuelle contre le Venezuela en 2026. Seul un peuple capable de « lire entre les lignes » et d’interpréter le discours hégémonique (toujours plus grossier) peut produire le rejet conscient nécessaire face aux campagnes d’intoxication qui cherchent à démoraliser, diviser et paralyser la résistance.

 

Guerre cognitive : la campagne de désinformation contre le Venezuela

Un exemple paradigmatique de ce phénomène est l’intense campagne de désinformation déclenchée après l’agression militaire contre le Venezuela, le 3 janvier, et l’enlèvement illégal du président Nicolás Maduro, avec un objectif politique clair : éroder la légitimité et l’unité du gouvernement bolivarien. Cette opération cherche à présenter le chavisme comme un mouvement vaincu et trahi de l’intérieur, en colportant mensongèrement que des figures clés comme Delcy Rodríguez ou Diosdado Cabello auraient passé un accord avec Washington pour renverser Maduro. Ces récits, amplifiés par des médias hégémoniques alignés sur les intérêts de la Maison-Blanche, reposent principalement sur des sources fabriquées et ont été catégoriquement démentis par le gouvernement vénézuélien. Leur objectif est de semer la confusion et la démoralisation, en cherchant à fracturer le soutien populaire et à affaiblir la résistance face à ce qui constitue, en essence, un acte de guerre et une violation flagrante du droit international.

 

L’architecture de cette manipulation est multiple. D’un côté, on diffuse des contrevérités stratégiques sur une supposée capitulation économique et politique du Venezuela, promue par le président Donald Trump lui-même, afin de fabriquer un récit de soumission et de bénéfices prétendument partagés. De l’autre, on viralise de faux contenus audiovisuels conçus pour provoquer un impact émotionnel immédiat : des vidéos de célébrations populaires à Caracas qui ont en réalité été filmées à Santiago du Chili, des images générées par intelligence artificielle montrant Maduro en prison, ou des scènes de films présentées comme des preuves de tortures réelles infligées à des opposants. Une vidéo du bombardement du Commandement de la Milice bolivarienne a même été manipulée pour la faire passer pour une attaque contre le mausolée d’Hugo Chávez, tentative cynique de frapper le symbole fondateur du chavisme. Ces fake news ne sont pas des erreurs fortuites, mais les éléments d’une guerre cognitive qui cherche à réécrire la perception de la réalité, à faire paraître la résistance inutile et la collaboration comme un fait accompli.

 

Le but ultime de cette campagne est triple : d’abord, nier le caractère impérialiste de l’opération militaire, en la présentant comme une intervention « propre » ou même souhaitée de l’intérieur. Ensuite, projeter une image de contrôle absolu par Washington, sous laquelle toute action du gouvernement vénézuélien intérimaire serait interprétée comme une subordination à Trump, en ignorant les déclarations fermes de condamnation et de continuité constitutionnelle. Enfin, isoler le Venezuela sur la scène internationale, faire apparaître son gouvernement comme illégitime et divisé, malgré le rejet massif de l’agression exprimé par des pays comme le Mexique, la Colombie et Cuba, qui l’ont dénoncée comme un dangereux précédent contre la souveraineté et la Charte des Nations unies. Ces récits constituent une nouvelle agression contre la souveraineté du pays, menée sur le champ de bataille de l’information, où l’anéantissement de la vérité est l’objectif fondamental.

 

De l'hégémonie de Gramsci à la pensée décoloniale

La construction d’une pensée propre et décolonisatrice en Notre Amérique et dans le Tiers-Monde fournit l’arsenal théorique nécessaire pour affronter de telles distorsions. Le marxisme, en dénonçant le fait que les idées de la classe dominante sont, à chaque époque, les idées dominantes, a posé les bases de la compréhension de l’école et des médias comme des appareils idéologiques. La pensée d’Antonio Gramsci a enrichi cette analyse avec son concept d’hégémonie, en expliquant comment la classe dominante se maintient non seulement par la coercition étatique, mais aussi par le consensus culturel, en parvenant à faire accepter sa vision du monde comme « bon sens » par les larges masses. La bataille pour cette hégémonie est une « guerre de position » qui se livre précisément dans les tranchées de la société civile : à l’école, dans les médias, dans la culture.

 

Ce sont précisément des penseurs de la périphérie qui ont approfondi la dimension culturelle et coloniale de la domination. José Martí, l’Apôtre de l’Indépendance cubaine, avec sa vision selon laquelle « être cultivé est la seule façon d’être libre », a établi le lien indissoluble entre indépendance nationale et souveraineté de la pensée. Pour Martí, l’éducation devait former des êtres humains « pour la vie » et non pour servir des intérêts étrangers. Paulo Freire, avec la pédagogie des opprimés, a transformé l’éducation en un acte de dialogue et de conscientisation, où « lire le mot » est inséparable de « lire le monde » pour le transformer. Sa méthode rejette l’« éducation bancaire », qui dépose des informations de façon passive, et promeut une éducation qui interroge la réalité et fait de chaque élève un sujet critique.

 

Depuis l’Algérie, Frantz Fanon a mis en évidence la façon dont le colonialisme occupe non seulement les territoires, mais aussi les esprits, en imposant une infériorisation culturelle et une rupture avec sa propre histoire. Pour que la décolonisation soit réelle, elle doit inclure une « décolonisation de l’esprit », un sauvetage de sa propre culture et de son histoire comme sources d’identité et de résistance. Le Syrien Constantin Zurayk a soutenu, après la Nakba palestinienne, que la véritable indépendance est impossible sans une « éducation de la dignité nationale » qui combatte la mentalité de défaite et de dépendance.

 

À Cuba, Fidel Castro a synthétisé ces idées et les a mises en pratique à grande échelle. Ses longs discours didactiques étaient de véritables leçons d’histoire, d’économie politique et d’éthique internationaliste. Sa maxime « Ne crois pas, lis ! » condense le noyau d’une éthique révolutionnaire du savoir : un appel au doute méthodique, à la recherche personnelle, au refus de déléguer à d’autres l’interprétation de la réalité. Fidel est allé plus loin en défendant avec véhémence une culture générale intégrale, une formation qui unit sciences et humanités, théorie et pratique, rompant ainsi avec la division capitaliste entre travail manuel et travail intellectuel. Un peuple fragmenté dans ses connaissances est un peuple vulnérable à la manipulation ; un peuple doté d’une culture intégrale peut comprendre la complexité du monde et, par conséquent, mieux apprécier ce qui l’entoure et mieux se défendre.

 

Souveraineté contre subordination

Le XXe siècle a offert deux modèles antagonistes. D’un côté, les expériences socialistes et les mouvements de libération nationale ont fait de l’éducation de masse et de l’éradication de l’analphabétisme des piliers de la construction nationale et de la souveraineté. En URSS, en Chine, au Vietnam et à Cuba, l’éducation a été un moteur de mobilité sociale et de création de capacités scientifiques endogènes. De l’autre, les « miracles » éducatifs capitalistes en Asie (Corée du Sud, Singapour…) ont certes atteint de hautes performances techniques, mais au prix d’un coût humain énorme : systèmes de compétitivité féroce, aliénation étudiante et éducation fonctionnalisée exclusivement pour le marché du travail, dépourvue d’esprit critique et de finalité sociale.

 

Cependant, même dans des cadres capitalistes, certains dirigeants ont tenté d’imprimer un caractère souverain à l’éducation. Le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad a promu une éducation fortement marquée par le nationalisme et un contenu anti-impérialiste, cherchant à créer une bourgeoisie industrielle locale et à réduire la dépendance mentale. En Tanzanie, Julius Nyerere a impulsé l’« Éducation pour l’autosuffisance », liant l’école à la production communautaire et aux valeurs africaines d’ujamaa (famille élargie), expérience ensuite étranglée par les conditionnalités du FMI.

Ces exemples contrastés révèlent une vérité cruciale : un système éducatif qui ne sert pas un projet national souverain finit inévitablement par servir un projet de subordination aux centres de pouvoir mondiaux. Une éducation techniquement efficace mais acritique produit d’excellents employés pour les entreprises transnationales, mais des citoyens passifs et soumis face à l’exploitation de classe et au pillage des ressources de leur patrie. L’éducation dont nous avons besoin aujourd’hui doit former à la fois des techniciens et des patriotes, des scientifiques et des internationalistes, des professionnels et des défenseurs de la souveraineté.

 

La souveraineté éducative de Cuba assiégée

Le cas de Cuba est paradigmatique. D’un pays qui, en 1959, comptait l’un des taux d’analphabétisme les plus élevés d’Amérique latine, elle s’est transformée, en quelques décennies, en une puissance éducative et scientifique reconnue dans le monde entier. Ce saut qualitatif n’a pas été le fruit d’une recette technique, mais celui d’une volonté politique claire qui a placé l’être humain au centre du développement. La Campagne d’alphabétisation en fut l’acte fondateur, mais le système s’est ensuite étendu de manière universelle et entièrement gratuite, de la petite enfance aux études post-universitaires. Le divorce entre la « ville lettrée » et la campagne, entre la science et le peuple, a été rompu. La formation de Cubains patriotes et solidaires, ainsi que de dizaines de milliers de médecins, d’ingénieurs, d’enseignants et de scientifiques, a constitué la base matérielle qui a rendu possibles des avancées comme l’industrie biotechnologique, capable de créer ses propres vaccins (comme les anti-Covid Abdala et Soberana) en plein durcissement du blocus.

 

Le fait le plus éloquent est que, durant la Période spéciale, au cœur de la plus grave crise économique, Cuba n’a fermé aucune école. Aujourd’hui, le pays consacre environ 13 % de son PIB à l’éducation. Il ne s’agit pas là d’une simple donnée statistique, mais d’une déclaration de principes dans un monde où le savoir est marchandisé. Cela démontre que, même sous le siège le plus féroce, il est possible — et nécessaire — de défendre l’éducation comme un bastion de la souveraineté nationale. Un peuple éduqué est un peuple capable de résister, d’innover et de se soutenir lui-même lorsque les portes du commerce international se referment sous l’effet de coercitions étrangères.

 

Le peuple cubain, profondément patriote, a affronté stoïquement la Période spéciale sans se rendre, malgré le blocus implacable des États-Unis. Dans la conjoncture menaçante actuelle, bien que les Cubains aiment et apprécient la paix, nous sommes prêts et disposés à faire face à toute circonstance pour défendre notre indépendance et notre souveraineté. Toute tentative d’agression contre notre pays de la part de l’impérialisme yankee provoquerait de grandes souffrances, mais aurait pour les États-Unis un coût immense et se solderait par un échec, du fait de la résistance active et ferme de l’écrasante majorité du peuple. Une telle agression serait un piège inéluctable pour l’empire.

 

L’internationalisme éducatif cubain prolonge le principe selon lequel l’éducation est le moyen primordial de former des êtres capables de comprendre la réalité et de résister à l’injustice. Reconnu par l’UNESCO, le simple mais profond programme d’alphabétisation « Yo, sí puedo » (Oui, je peux) a permis à plus de 10 millions de personnes, dans plus de 30 pays, d’apprendre à lire et à écrire. En tant qu’ambassadeur en Australie, j’ai été témoin de son impact transformateur dans des communautés aborigènes ségréguées, comme ce fut le cas à Wilcannia. Là, des adultes qui apprenaient à lire et à écrire n’ont pas seulement signé leur nom pour la première fois ; ils ont commencé à utiliser des ordinateurs, à comprendre des documents officiels et à communiquer avec des parents éloignés. L’incidence des problèmes sociaux a diminué. La parole recouvrée a signifié la dignité recouvrée et une capacité d’organisation renforcée.

 

Capitalisme cognitif et tranchées de résistance

L’impérialisme a modernisé ses outils de domination intellectuelle. Nous affrontons aujourd’hui le capitalisme cognitif, une phase où la principale source de valeur et de contrôle réside dans l’extraction de données, d’attention et du savoir lui-même. Les grandes plateformes numériques (Google, Meta, etc.), avec leur offre « d’éducation gratuite » et d’accès à l’information, agissent comme de nouveaux mécanismes de colonisation, homogénéisant la pensée, imposant l’anglais comme lingua franca et transformant les usagers en produits dont les données sont vendues. La financiarisation de l’enseignement supérieur, avec des dettes étudiantes qui asservissent des générations entières (comme les 1 700 milliards de dollars aux États-Unis), est un efficace mécanisme de discipline sociale : celui qui est endetté devient prudent, moins enclin à contester le système. L’algorithme menace de remplacer l’enseignant, promettant une personnalisation tout en imposant des normes cachées et une vision fragmentée du savoir.

 

Face à ce panorama, la résistance éducative tend à se réorganiser dans de nouvelles tranchées. Des universités autochtones en Amérique latine remettent en cause l’eurocentrisme académique et valident leurs propres épistémologies ; le Mouvement des travailleurs ruraux sans terre (MST) au Brésil crée des écoles où l’on enseigne l’agroécologie et la conscience de classe ; en Europe et aux États-Unis se multiplient les écoles autogérées collectivement, tandis que des jeunes en Afrique et en Asie développent des plateformes éducatives en langues locales. Ces expériences, diverses mais convergentes, démontrent qu’une autre éducation est possible : une éducation qui naît des besoins concrets et des intérêts des peuples, qui renforce les identités, se gère démocratiquement et se fixe pour fin l’émancipation, non l’adaptation au marché.

 

Immunité idéologique et souveraineté

L’éducation dont nous avons besoin en ces temps d’agression ne peut pas être un curriculum de plus. Elle doit être un projet politico-pédagogique explicite de défense intégrale de la souveraineté. Elle doit intégrer substantiellement les savoirs autochtones, afro-descendants et populaires ; expliquer ce qu’est l’impérialisme et analyser des cas concrets comme celui du Venezuela ; encourager la pensée stratégique et l’unité, montrer que l’agression contre un pays frère est une attaque contre la Grande Patrie tout entière ; former aux sciences avec une conscience du développement national, et enseigner comment créer des médias communautaires et ses propres réseaux de communication.

 

La maxime de Fidel, « Ne crois pas, lis ! », et celle de Martí, « Être cultivé est la seule façon d’être libre », ne sont pas des slogans décoratifs : ce sont des conditions de survie dans la guerre non conventionnelle que nous vivons. Un peuple éduqué de manière critique est un peuple doté d’une immunité idéologique. C’est un peuple qui ne gobe pas sans recul la narration du « régime » fabriquée à Washington. C’est un peuple capable d’organiser le rejet pratique. Cuba, avec ses réussites et ses limites, n’est pas un modèle à copier mécaniquement, mais un témoignage porteur d’espoir : même dans les conditions les plus adverses, l’engagement en faveur de la formation et d’une éducation de qualité pour toutes et tous érige un mur de dignité que même l’empire le plus puissant n’a pas réussi à abattre.

 

La tâche actuelle est d’universaliser ce principe, afin que chaque enfant, chaque jeune, chaque travailleur de Notre Amérique n’apprenne pas seulement à lire et à écrire, mais à lire le monde avec ses propres yeux, à écrire son histoire de ses propres mains et à défendre son avenir avec une conscience indestructible. Dans cette éducation se trouve la graine de la défaite définitive du projet impérial.

 

Face à la guerre multidimensionnelle déchaînée par l’impérialisme, qui trouve son expression la plus brutale et criminelle dans l’agression contre le Venezuela, l’éducation n’apparaît pas comme un refuge, mais comme l’atelier où se forge l’antidote : un peuple conscient. Un peuple qui, en apprenant à lire le monde avec ses propres yeux, désarme les mensonges qui justifient le pillage ; qui, en écrivant son histoire de ses propres mains, dresse les barricades de la dignité nationale. L’avenir de Notre Amérique, sa capacité à résister, à ré-exister et à vaincre, se joue dans cette bataille pour la conscience. Et c’est dans la défense inébranlable de la souveraineté vénézuélienne que se livre aujourd’hui, avec une clarté totale, le combat décisif pour cet avenir.

 

Traduction Bernard Tornare

Source en anglais

 

Références bibliographiques

Castro, F. (1961). Palabras a los intelectuales [Discurso]. Département de Versiones Taquigráficas del Gobierno Revolucionario.

Chomsky, N., & Herman, ES (1988). La fabrication du consentement : l'économie politique des médias de masse. Pantheon Books.

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Golinger, E. (2005). Le code Chávez : Description de l'intervention de EE.UU. au Venezuela. Éditorial Sur.

Gramsci, A. (1971). Extraits des Cahiers de prison (Q. Hoare & GN Smith, éd. et trad.). International Publishers.

Maduro, N. (2026, janvier 4). Declaración ante el ataque Imperial a la Patria [Comunicado oficial]. Présidence de la République bolivarienne du Venezuela.

Martí, J. (1891). Notre Amérique. Dans La Revista Ilustrada de Nueva York.

Ministère du Pouvoir Populaire pour la Communication et l'Information du Venezuela. (2026, janvier). Dossier : Essais de l'opération militaire illégale et de la campagne de désinformation.

Rodríguez, S. (1840). Sociétés américaines. Imprenta de JR Navarro.

Éducation et résistance : le monde après l’agression des États-Unis contre le Venezuela

Pedro Monzón Barata est un diplomate cubain, chercheur et auteur. Il a été consul général de Cuba à São Paulo (Brésil) d'environ 2018 à 2022 et a occupé divers postes diplomatiques dans d'autres pays tels que l'Australie, Brunei, le Japon et la Malaisie.

Il est également chercheur au Centre de recherches de politique internationale (CIPI) de Cuba et écrit sur des sujets de politique internationale, notamment les relations internationales et l'anti-impérialisme.

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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