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Point de bascule

par Bernard Tornare 10 Janvier 2026, 19:47

Point de bascule
Par Farruco Sesto

Je veux commencer cette note par un petit hommage personnel à mon président, Nicolás Maduro Moros — qui est aussi celui de tous les Vénézuéliens — et en qui je reconnais, au-delà d'un homme bon, cordial et ouvert, animé d'un amour véritable pour l'humanité, un grand révolutionnaire, un dirigeant intelligent et engagé, un excellent gouvernant et un leader de stature mondiale pour ces temps complexes et, d'une certaine manière, confus, du fait des profonds changements géopolitiques en cours.

 

Nous avons vu Nicolás sur certaines images et vidéos qui ont circulé, et dans toutes il apparaît digne, entier, au milieu de ses ravisseurs, trouvant même la force d'envoyer à son peuple le message que « nous vaincrons », par un geste de ses mains. Et peut-être aussi, en passant, un message précis au monde.

 

À lui et à son épouse, Cilia Flores, j'envoie un message d'affection, de loyauté suprême et de reconnaissance.

 

Le Venezuela n'a pas été vaincu

Je ne m'attarderai pas sur les faits survenus à l'aube du samedi 3 janvier, car ils sont désormais connus de tous.

 

Je dirai simplement que la nation la plus violente du monde — celle qui, depuis sa naissance, est intervenue militairement plus de 473 fois dans près de 70 pays, sans compter les opérations secrètes et autres formes d'ingérence politique — a bombardé cette fois un pays pacifique qui, en plus de deux cents ans d'indépendance, n'a jamais attaqué aucune autre nation. Ce pays adepte de la guerre, les États-Unis, a, en violant ouvertement le droit international, bombardé le Venezuela, causant de nombreux morts militaires et civils, et a enlevé son président légitime et constitutionnel. C'est un signe extraordinaire de l'époque que nous vivons : une époque où la vérité n'existe plus, où les organismes internationaux n'ont aucune valeur, et où les nations soumises à l'Empire prennent soin de ne jamais contredire l'empereur du moment.

 

Un misérable empereur précédent, M. Obama, avait déjà déclaré que le Venezuela représentait « une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité des États-Unis », ouvrant ainsi la voie à des événements comme ceux que nous voyons aujourd'hui.

 

Et tout cela, naturellement, pour le pétrole et les autres richesses naturelles — comme l'a reconnu M. Trump lui-même, qui n'a rien d'un fou. Il l'est, certes, mais d'un type bien pire : criminel, sans vergogne, délinquant et amoral.

 

En tout cas, il est clair que le Venezuela a subi une agression brutale. Mais il n'a pas été vaincu. Le peuple est là, fort de sa rébellion ancestrale, de sa volonté de lutte, animé d'une conscience éveillée au plus haut degré. Aujourd'hui, encore plus expérimenté. Les institutions fonctionnent — parmi elles, la nouvelle Assemblée nationale installée le 5 janvier, deux jours seulement après l'agression. Et le Tribunal suprême de justice a désigné Delcy Rodríguez comme présidente par intérim.

 

La direction révolutionnaire, unie et à son poste, demeure ferme :

« Aujourd'hui plus que jamais, le haut commandement politico-militaire est plus cohésif, conformément aux instructions laissées par le président Nicolás Maduro », a déclaré Diosdado Cabello le 4 janvier.

 

De même, la coordination entre le peuple, l'armée et la police fonctionne parfaitement. Ainsi, le Venezuela garde un projet. Il a été attaqué, son président enlevé, et il continue d'être menacé, mais il se prépare à une longue résistance. Et même s'il bénéficie du soutien de la majorité des nations et des peuples du monde, il n'en demeure pas moins que c'est à lui qu'il revient de résoudre ses problèmes et de décider de son destin, comme il l'a toujours fait.

 

Nous les Vénézuéliens disons : nous vaincrons. Et nous sommes en intimement convaincus. J'ose le jurer : il en sera ainsi.

 

Un point de bascule

Au-delà de tout ce que j'ai exprimé jusqu'ici, les événements du 3 janvier marquent, à l'échelle internationale, une ligne de fracture. Comment dire autrement ? Un point de bascule, un fait décisif qui divise le temps en deux : avant et après ce moment. Comme le fut — et comme l'est encore — le génocide à Gaza.

 

Deux grandes fractures dans le XXIᵉ siècle. Par elles, tout se révèle. Avant tout, la décadence de l'Empire et de ses protectorats — parmi lesquels l'Europe, également violente et belliciste, héritière de son ADN colonialiste.

 

L'avantage de ces moments de rupture, c'est qu'ils effacent les zones grises, les demi-mesures, les progrès qui détournent le regard, et transforment toute indifférence en complicité. Ils tracent avec clarté les lignes du champ de bataille.

 

Que chacun prenne position. À titre personnel. Dans les syndicats et associations. Dans le monde académique. Dans les médias. Et aussi au niveau des gouvernements et des institutions internationales. L'histoire ne s'arrête pas ici. Et, à mon avis, elle pointera du doigt les coupables et ceux qui les ont soutenus.

 

Traduction Bernard Tornare

Source en espagnol

Point de bascule

Farruco Sesto est un architecte, écrivain, homme politique et peintre vénézuélien d'origine espagnole. Né à Vigo, il a été ministre de la Culture et ministre du Logement dans les gouvernements d'Hugo Chávez.

Cet article a été initialement publié en galicien dans Nós diario

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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