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Les raisons du cœur et de l’intelligence pour défendre le Venezuela et sa Révolution socialiste

par Bernard Tornare 17 Septembre 2025, 21:17

Les raisons du cœur et de l’intelligence pour défendre le Venezuela et sa Révolution socialiste
Par Fernando Buen Abad Domínguez

Le Venezuela représente aujourd’hui un scénario décisif dans l’histoire de l’émancipation des peuples d’Amérique latine et du monde. Défendre sa Révolution socialiste n’est pas un simple acte de solidarité internationaliste, mais un impératif du cœur et de l’intelligence. Le cœur, parce que dans chaque visage de femme et d’homme vénézuéliens, dans chaque enfant et chaque vieillard ayant résisté aux assauts du blocus impérial et de la guerre économique, palpite la dignité et l’espérance d’un peuple qui refuse de plier. L’intelligence, parce que comprendre la Révolution bolivarienne exige de l’analyser à partir de ses racines historiques, philosophiques et politiques : depuis l’indépendance continentale proclamée par Simón Bolívar jusqu’à la consolidation du projet socialiste conduit par Hugo Chávez, en passant par la réflexion marxiste et léniniste sur la lutte des classes, le pouvoir populaire et l’émancipation historique. Bolívar affirmait : « L’art de vaincre s’apprend dans les défaites », et cette maxime résonne aujourd’hui dans la révolution du Venezuela face aux tentatives de recolonisation et de sabotage économique. Défendre le Venezuela, c’est défendre la continuité de cette idée de liberté, mais comprise comme liberté pour les peuples et non pour les élites ; c’est un acte qui exige cohérence morale et clarté politique.

 

Ainsi, le cœur nous appelle à reconnaître et à dénoncer la souffrance infligée par ceux qui cherchent à soumettre un pays aux diktats des puissances transnationales. Le blocus économique, la guerre médiatique, les sanctions financières et les tentatives de déstabilisation ne sont pas des épisodes isolés, mais les composantes d’une stratégie globale de domination capitaliste. Face à cela, l’intelligence nous oblige à comprendre que la Révolution socialiste du Venezuela n’est ni une expérience isolée ni un projet improvisé : elle est le produit d’une accumulation historique de luttes, d’apprentissages et de défaites. Chávez l’exprimait avec clarté. Défendre la Révolution implique de reconnaître que le pouvoir populaire, l’éducation libératrice, la redistribution et la justice sociale sont des conquêtes qui, bien qu’inachevées, redéfinissent le sens de la politique et de l’État. La dispute autour du sens bolivarien ne se limite pas aux symboles ni à la rhétorique ; il s’agit de défendre une conception de la société où les droits collectifs prévalent sur les intérêts du capital global.

 

Sous l’angle de la philosophie de l’histoire, Marx nous a enseigné que l’émancipation des peuples ne pouvait se réaliser sans conscience de classe ni organisation. « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde ; il s’agit désormais de le transformer », rappelait-il, et cette idée est inséparable du projet bolivarien. Le Venezuela est un laboratoire où la théorie rencontre la pratique, où la lutte des classes n’est pas abstraction mais expérience quotidienne, où la résistance se transforme en éducation politique collective. Lénine insistait sur le fait que le pouvoir révolutionnaire devait se construire sur la base de la clarté théorique et de la discipline stratégique : la Révolution bolivarienne incarne ce principe en combinant les revendications sociales immédiates avec un projet d’indépendance économique, culturelle et politique face à l’impérialisme. Défendre le Venezuela, c’est donc défendre la possibilité concrète pour l’humanité de penser et d’agir contre les chaînes de la domination mondiale, en reconnaissant que la souveraineté n’est pas un concept vide, mais un droit des peuples à décider de leur propre destin.

 

Notre Révolution bolivarienne a été l’objet d’une offensive communicationnelle intense, élaborée pour confondre, diviser et délégitimer. Les mafias médiatiques transnationales ont travaillé sans relâche à construire une narration faite d’échec, de corruption et d’autoritarisme, en occultant le contexte de guerre économique et de sabotage que subit le pays. Face à cela, le cœur nous pousse à la solidarité et à l’empathie envers les victimes de ces campagnes, tandis que l’intelligence exige de déconstruire de manière critique chaque montage de ces canailleries médiatiques. Il ne suffit pas de ressentir ; il faut comprendre, enseigner et diffuser les vérités historiques. Chaque misère, chaque privation, ne peut être dissociée de l’agression externe systématique ni des contraintes imposées par l’économie mondiale sous hégémonie capitaliste. Défendre le Venezuela implique donc d’assumer la lutte pour le sens, de réaffirmer que la Révolution est un projet d’émancipation, et que son échec apparent constituerait, en réalité, le triomphe de l’impérialisme sur la volonté d’un peuple.

 

Travailler à la construction de la conscience sociale et politique est essentiel. Bolívar nous rappelait que « par la tromperie on nous a vaincus plus que par la force ». Cette lutte n’est pas seulement physique ou matérielle, elle est aussi symbolique, éducative et culturelle. La Révolution bolivarienne a investi d’énormes ressources dans l’éducation, la communication populaire, la santé et l’organisation communautaire, cherchant à développer une conscience critique capable de résister à la colonisation idéologique. Chávez affirmait que « sans peuple organisé, il n’y a pas de révolution durable », et cette idée souligne l’importance de la participation collective, du rôle actif des citoyens et du renforcement des structures communautaires autonomes. Défendre le Venezuela signifie, dès lors, défendre un modèle qui tente de transformer la relation entre l’État et la société, entre l’économie et la justice sociale, et entre la politique et l’éthique.

 

Nous savons que le cœur perçoit que la solidarité avec le Venezuela n’est pas un acte abstrait, mais concret ; elle se traduit par le soutien aux missions sociales, par la reconnaissance des médecins et des enseignants, par la valorisation de la culture populaire, par la dénonciation des blocus et des agressions. L’intelligence, elle, reconnaît l’injustice de l’agression impérialiste, les intérêts du capitalisme, les tensions géopolitiques, les stratégies d’intervention et les trahisons bourgeoises. Il n’y a pas de défense naïve ni d’adhésion acritique : la défense demande étude, analyse, stratégie et engagement éthique. Comme Marx et Engels l’ont signalé, « l’histoire se répète, d’abord comme tragédie, ensuite comme farce », et au Venezuela, la farce médiatique tente de s’imposer sur la véritable offensive de la guerre économique. Notre devoir est de la révéler, de l’expliquer et de la confronter avec des arguments solides. C’est là la bataille des idées.

 

Défendre la Révolution est aussi un acte de mémoire historique. Se souvenir des racines bolivariennes signifie revendiquer l’indépendance, la dignité et l’unité de l’Amérique latine. Bolívar mettait en garde contre les dangers des trahisons internes et de la soumission bourgeoise aux puissances étrangères, et ces avertissements demeurent d’une brûlante actualité. La Révolution socialiste du Venezuela, en combinant l’héritage bolivarien avec les apports des expériences populaires contemporaines, représente un phare de résistance et de rébellion pour les peuples du monde. Ce n’est pas un idéal abstrait, mais un processus en construction, soumis aux erreurs, aux apprentissages et aux avancées concrètes. La défendre exige non seulement passion et engagement éthique, mais aussi rigueur analytique et clarté stratégique.

 

C’est pourquoi la défense du Venezuela implique de réaffirmer que l’émancipation n’est ni un cadeau ni un acte de bienfaisance internationale : elle est la conséquence du rôle moteur du peuple, de son organisation, de sa conscience et de sa capacité à se révolutionner face aux forces dominantes du monde. Le cœur nous rappelle que chaque victoire sociale est aussi une victoire morale, et l’intelligence nous enseigne que la bonne stratégie s’appuie sur la connaissance historique et sur la pédagogie de la révolution en marche. Bolívar disait que « la liberté du Nouveau Monde dépend de la constance du courage et du sacrifice », et Chávez insistait : « la révolution est un état de conscience qui transforme la réalité ». L’émancipation exige organisation, éducation et lutte constante. Défendre le Venezuela, c’est défendre, en somme, la possibilité d’un monde où les peuples sont maîtres de leur destin, où la justice sociale devient réalité, et où la dignité n’est pas un mot vide, mais une pratique vivante. Avec « le plus grand bonheur possible » pour toutes et tous.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

Les raisons du cœur et de l’intelligence pour défendre le Venezuela et sa Révolution socialiste

Fernando Buen Abad Domínguez est un intellectuel mexicain, philosophe, écrivain et enseignant.

Docteur en philosophie et titulaire d'une maîtrise en philosophie politique, Buen Abad a également étudié la réalisation cinématographique à la New York University.

Actuellement recteur fondateur de l'Université de la Philosophie et professeur à l'Université nationale de Lanús en Argentine, il partage son savoir et ses idées à travers l'enseignement, l'écriture et la recherche. Auteur prolifique, il a publié plusieurs ouvrages dont Filosofía de la Comunicación et Filosofía de la imagen.

Fernando Buen Abad Domínguez est reconnu pour son engagement politique et social.

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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