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L’Amérique latine face à l’offensive anti-chaviste

par Bernard Tornare 6 Septembre 2025, 14:34

L’Amérique latine face à l’offensive anti-chaviste

Titre original : La stratégie impérialiste de démolition des piliers du chavisme en Amérique latine

 

Par le Parti humaniste du Chili

L’action colonialiste des États-Unis

Les médias internationaux rapportent que « les États-Unis ont déployé des navires et des troupes dans les Caraïbes sous prétexte de lutter contre le narcotrafic ». Cela implique le déploiement des navires amphibies USS Iwo Jima, USS Fort Lauderdale et USS San Antonio ainsi qu'environ 4 000 Marines. Il est également signalé que le Southern Command bénéficie désormais d’un sous-marin d’attaque à propulsion nucléaire, d'avions de reconnaissance supplémentaires P8 Poseidon, de plusieurs destroyers et d’un croiseur lance-missiles guidés dans le cadre de la mission.

 

Ce déploiement tient l’Amérique latine et les Caraïbes en haleine, incapables de saisir toute la portée de ces manœuvres, mais refusant de croire que la menace devienne opération réelle, tant la situation semble inouïe.

 

Malheureusement, les actions des États-Unis pour installer leur suprématie globale sont bel et bien arbitraires et permanentes. La politique expansionniste américaine, remontant à l’origine même de la nation, fut soutenue par tous les secteurs sociaux et encouragée par chaque gouvernement successif.

 

Sa position de force fut d’abord acquise par la colonisation, l’achat de territoires, l’annexion d’États, mais surtout, par les guerres. Aujourd’hui, elle impose une « vision états-unienne », sorte de messianisme national à mission mondiale. Le résultat a été un interventionnisme violent sur toute la planète, justifiant des ingérences politiques, militaires, économiques et territoriales partout où leurs intérêts seraient menacés. Depuis ses origines, cette « mission divine » — le Destin Manifeste — a profondément bouleversé les peuples et structures sociales des pays agressés, y compris par la violence et la discrimination, jusqu’à l’intérieur du territoire étasunien contre les peuples autochtones. Que dire du mépris affiché envers les peuples d’Amérique du Sud, perçus comme « misérables, attardés et ignorants, incapables de se gouverner eux-mêmes ».

 

Dans le contexte actuel, on ne peut ignorer plus de 70 interventions politiques, militaires et économiques américaines dans l’histoire récente. Tout cela s’aligne parfaitement avec les propos de Donald Trump sur ses prédécesseurs : « Finalement, les soi-disant bâtisseurs de nations en ont détruit bien plus qu’ils n’en ont construites. » Ainsi, les peuples du monde voient les États-Unis comme juge et gendarme du monde, sans contrepoids.

 

Les États-Unis et la déstabilisation des démocraties latino-américaines

Le siècle dernier fut, dès le départ, une époque d’ingérences dans les processus politiques régionaux au service des ambitions commerciales des entreprises américaines.

 

Au début, ce fut Cuba qui en fit les frais ; suivie par le calvaire du Salvador, la dérive militaire du Nicaragua, l’invasion du Mexique à Veracruz, la sécession panaméenne pour contrôler le canal, puis dans les années 1950 le Guatemala, la dictature au Brésil, l’occupation de la République dominicaine en 1965. Dans les années 1970, les dictatures sanglantes du cône sud — Argentine, Chili, Bolivie, Uruguay — orchestrées par des militaires formés à la sinistre « École des Amériques ». Pour finir le XXe siècle, le démantèlement d’Haïti et l’installation d’une dictature au Paraguay.

 

Indépendamment de l’administration à la Maison-Blanche, la politique d’intervention américaine s’est appliquée sans scrupules là où des gouvernements défendaient leur souveraineté. D’autres pays, davantage dociles envers le patronat américain, connurent d’autres formes de contrôle. L’histoire parle d’elle-même.

 

En ce début de XXIe siècle, la Maison-Blanche s’est employée patiemment à démanteler les liens du chavisme en Amérique latine. Le remplacement du progressisme de centre-gauche par des gouvernements de droite, l’offensive médiatique continue : d’abord « Maduro n’est pas Chávez », ensuite « une démocratie défaillante », puis « la dictature vénézuélienne » et aujourd’hui « Maduro patron du narcotrafic ». La démolition médiatique est totale.

 

Au Chili, depuis que Lagos s’est rangé de façon prématurée aux côtés des putschistes anti-Chávez, puis Bachelet et son rapport sur les violations des droits de l’homme, et aujourd’hui l’hostilité constante du « gauchiste Boric » contre Maduro, tout s’insère parfaitement dans la ligne éditoriale américaine.

 

Le coup final pour le Venezuela dans la région est venu avec la remise en cause des résultats de la dernière présidentielle par Lula et Petro, et le refus brésilien de voir Caracas rejoindre les BRICS.

 

Dans ce contexte, face à une possible « opération militaire américaine au Venezuela », les pays de la CELAC resteront-ils spectateurs, comme lors du génocide israélien à Gaza avec le soutien des États-Unis ?

 

Cette situation est effroyable et suscite une insupportable sensation d’impuissance. Il est urgent que les peuples de la région, quelles que soient leurs croyances, s’unissent pour clamer la paix sur notre terre. Que la dénonciation, le boycott, la désobéissance civile gagnent en force, jusqu’à la victoire. Plus que jamais, il faut mettre en pratique l’action non violente, résister à la violence et contraindre les gouvernements à « manifester leur volonté politique ».

 

La revendication des peuples souverains

La souveraineté de nos peuples est aujourd’hui menacée non seulement par un empire en pleine décadence, qui essaie d’autant plus d’apparaître fort qu’il est faible. Nous vivons dans un monde dans lequel l’autoritarisme s’étend, non plus par les armes, mais par les urnes. Notre continent se fragmente, et hélas la responsabilité n’incombe pas seulement à la droite, traditionnellement alliée des idéologies nationalistes. Des dirigeants et des gouvernements de gauche aussi recourent à un chauvinisme et à une rhétorique divisante qui relèguent au second plan la capacité d’adaptation au changement.

 

Les organismes internationaux sont affaiblis, réduisant les chances que les pays trouvent un appui réel pour leur développement, la promotion des droits humains et la sécurité.

 

C’est pourquoi, face aux menaces directes de Donald Trump sur la population du Venezuela, naît la juste revendication de souveraineté de nos peuples, comme le dit cette vieille chanson : « L’Amérique latine est grande ! » Elle doit apprendre à décider par elle-même. Même si le continent reste au sud des États-Unis, la puissance économique nord-américaine vacille, son hégémonie s’effrite dans un monde multipolaire, et sa décadence morale est tout simplement écœurante.

 

Aujourd’hui, il est utile de relire la « Cinquième lettre à mes amis » de Silo (1994), décrivant un acte public d’anciens ouvriers, mères, travailleurs et militants arborant leurs drapeaux face à la chute brutale des socialismes réels, une lettre sur le droit à la vie digne, à la liberté, sur nos conditions d’existence et notre volonté d’agir. Elle évoque la liberté humaine, entre autres sujets.

 

Incontestablement, nous aspirons à une vie digne et libre, et comme nations nous réclamons notre droit à la souveraineté sans ingérence extérieure. Ce défi ne peut être relevé individuellement, mais via les relations et organismes multilatéraux qui ouvrent des espaces au dialogue et à la synergie, restaurent des marges d’action, améliorent les conditions de vie et garantissent à chaque être humain le droit de devenir souverain de son destin.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

Rédaction collaborative :

M. Angélica Alvear Montecinos, Guillermo Garcés Parada, César Anguita Sanhueza, Ricardo Lisboa Henríquez, Sandra Arriola Oporto, Claudio Medina Briones.

Commission d’Opinion Publique

Parti Humaniste

Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.

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