Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Metropolis

par Bernard Tornare 16 Juin 2025, 17:29

Revers de billets de dollars portant la devise « En Dieu nous croyons » - Domaine public

Revers de billets de dollars portant la devise « En Dieu nous croyons » - Domaine public

Ndt : Le titre de cet article fait référence au film allemand « Metropolis » (1927) de Fritz Lang, qui dépeint une société dystopique dominée par une élite et fondée sur l’exploitation des masses.

 

La liberté est cotée en bourse et la justice sociale est un produit du marché. Dans la métropole, dans les tentacules que l’empire étend à travers le monde, il n’existe que cette vérité.

 

Par Benito Rabal

Pour qu’un mensonge répété inlassablement devienne vérité, deux conditions doivent être réunies. La première est qu’il ait un objectif aussi clair que bien défini. La seconde, choisir le moment opportun pour sa propagation. Si cela coïncide avec des temps de changement, avec l’incertitude et la faiblesse que suscite la nouveauté, le succès est assuré. La peur fera son œuvre et le menteur sera acclamé comme un sauveur.

 

Cela s’est produit avec le christianisme lors du déclin de l’Empire romain. Cela s’est produit avec le nazisme après la Première Guerre mondiale. Et cela se produit aujourd’hui avec cette bande de multimilliardaires, apparemment dirigés par Trump, qui se sont autoproclamés empereurs de la planète. L’objectif ne pouvait être plus précis : l’obtention d’un pouvoir suprême et, bien sûr, encore plus d’argent pour leurs poches déjà bien garnies. Le moment, ils l’ont eux-mêmes provoqué en diffusant calomnies et absurdités sans la moindre décence, rigueur ou respect, à travers les canaux de communication qu’ils avaient préalablement accaparés.

 

Mais, en plus, le terrain était déjà préparé, car il n’y a rien de plus faux que l’architecture de ce pays qu’ils prétendent vouloir rendre à nouveau grand. Premièrement, il n’a même pas de nom propre. Les États-Unis, c’est aussi le Mexique, et l’Amérique est infiniment plus vaste. Ils affirment, et les valets du moment leur emboîtent le pas, que c’est le berceau de la liberté, mais comment cela pourrait-il l’être si ses fondations reposent sur l’extermination des indigènes et l’esclavage africain ? De même lorsqu’on le nomme comme la Démocratie avec un D majuscule alors que, tant sa monnaie que ses lois, impliquent croyance et vassalité envers Dieu, l’invention la moins démocratique de l’histoire.

 

Il n’y a pas de place pour le doute dans leur culture. Dieu, même s’il n’existe pas, est à eux et de leur côté. Même s’il n’existe pas, leur idéologie, la Bible, est omniprésente : dans les écoles, les hôpitaux, et même dans le tiroir de la table de nuit des hôtels témoins d’adultères et de rencontres interdites.

 

Ils croient aussi que le monde leur appartient. D’où la longue liste de coups d’État, d’invasions et de crimes commis par les différentes administrations. Et je dis administrations, car ils n’ont même pas de gouvernement. Ils sont une entreprise et se comportent comme telle. Leur credo est une caisse enregistreuse. Le bonheur, un compte en banque.

 

Il faut reconnaître, cela dit, qu’ils sont experts dans l’art de la manipulation et du mensonge. Ils savent comment le propager, telle une tache d’huile sur l’océan. Grâce au cinéma, ils nous ont convaincus de la méchanceté des Apaches, Sioux, Cheyennes et Comanches, alors qu’ils étaient les agressés. Ils auraient soi-disant libéré Paris du nazisme, effaçant de l’histoire les véritables héros, les combattants espagnols regroupés dans la Division Leclerc, la Neuvième, exilés, perdants d’une bataille contre le fascisme, entre autres choses parce que l’administration Roosevelt, conseillée par le père des Kennedy, a refusé de soutenir la République espagnole. Ils ont aussi « pris » Berlin, mais seulement dans les films.

 

Avec la menace orientale récurrente, ils ont justifié les massacres d’Hiroshima, de Nagasaki et le napalm brûlant des corps innocents au Vietnam. Avec le cliché du narco latino, ils ont avalisé l’intervention en Haïti, à la Grenade, au Nicaragua, au Chili et dans une longue liste de pays du continent. Avec celui de l’Arabe terroriste, ils ont provoqué les applaudissements à l’invasion de l’Irak, la destruction de la Libye, le désastre en Afghanistan et, pire que tout, le génocide palestinien.

 

Il n’y a pas de bons autres que les blonds aux yeux bleus ou les bruns musclés à la peau de porcelaine. Superman et les autres superhéros sont les nouveaux Jésus-Christ qui sauveront l’humanité du danger de la diversité et de l’empathie.

 

L’imaginaire collectif a fini par admettre que les méchants sont toujours les autres. La liberté est cotée en bourse et la justice sociale est un produit du marché. Dans la métropole, dans les tentacules que l’empire étend à travers le monde, il n’existe que cette vérité.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

Metropolis

Benito Rabal est un réalisateur, acteur, scénariste et écrivain espagnol, né en 1949. Il est le fils du célèbre acteur Paco Rabal et de l’actrice Asunción Balaguer, et appartient à une famille reconnue dans le monde du cinéma espagnol. Benito Rabal a travaillé dans le théâtre, le cinéma et la télévision, et il est également connu pour ses écrits et ses prises de position engagées sur des sujets sociaux et politiques.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

Haut de page