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Yankwashing : comment l'empire efface la vérité

par Bernard Tornare 28 Janvier 2025, 14:22

Source : Rebelión

Source : Rebelión

Par Gerry Nolan

Les États-Unis ne se contentent pas de réécrire l'histoire, ils l'effacent délibérément. Le lavage de cerveau est si exhaustif que les Américains vivent dans un état constant d'amnésie historique, aveugles aux échecs de leur pays, exagérant leurs victoires et effaçant les contributions des autres. De 1812 à la Seconde Guerre mondiale, du Vietnam à l'Irak, la vérité est réduite à une note de bas de page ou complètement enterrée. Le résultat ? Une population qui applaudit les guerres sans fin tout en s'accrochant à un faux récit de supériorité morale et militaire.

 

Prenons l'exemple de la guerre de 1812. Au Canada, c'est une pierre angulaire de l'histoire nationale : un récit de David contre Goliath où les forces britanniques et canadiennes ont non seulement repoussé une invasion américaine, mais ont aussi marché sur Washington et brûlé la Maison Blanche. Cependant, dans les manuels américains, elle apparaît à peine comme une note de bas de page et, lorsqu'elle est mentionnée, elle est teintée de "match nul". Match nul ? Les États-Unis avaient tous les avantages : main-d'œuvre, géographie et ressources. La Grande-Bretagne, préoccupée par les guerres napoléoniennes, n'a envoyé que des ressources limitées à travers l'Atlantique, mais même avec ces limitations, les forces britanniques et canadiennes ont écrasé de manière décisive l'invasion américaine. En 1814, Napoléon vaincu, la Grande-Bretagne a envoyé de nouveaux renforts, porté les coups finaux et marché sur Washington pour brûler la Maison Blanche. Mais l'empire préfère que ses citoyens croient que leur drapeau flottait héroïquement, plutôt qu'il ait survécu en implorant la clémence.

 

La Seconde Guerre mondiale est un autre exemple flagrant. Les sacrifices de l'Union soviétique sont minimisés pour étayer le mythe des États-Unis comme unique sauveur de la liberté. Trump a récemment affirmé que "70 millions de Soviétiques sont morts pour aider les Américains", ce qui est absurde à bien des égards. Tout d'abord, le chiffre réel est plus proche de 26 millions. Deuxièmement, les Soviétiques n'ont pas "aidé" les Américains, ils ont gagné la guerre. L'Armée Rouge a détruit plus de 75% des forces nazies, combattant les meilleures divisions de la Wehrmacht sur le Front de l'Est, tandis que les Alliés affrontaient des troupes de second ordre : les Jeunesses hitlériennes et les recrues d'âge moyen en Normandie. Cependant, ces faits sont rarement évoqués dans l'enseignement américain, où le débarquement de Normandie est célébré avec ferveur, tandis que la bataille de Stalingrad n'est mentionnée que de manière anecdotique, comme une simple note en marge de l'histoire.

 

Et puis il y a le Vietnam : une guerre que la plupart des Américains ne pourraient même pas situer sur une carte, et encore moins justifier. L'empire l'a présentée comme une croisade contre le communisme, mais en réalité, c'était une invasion et une occupation illégales. Des millions de civils vietnamiens ont été massacrés, leurs villages bombardés en masse, leur terre empoisonnée par l'agent orange. Pourtant, de nombreux Américains s'accrochent encore au fantasme qu'ils étaient les victimes. Le même scénario s'est déroulé en Irak, avec des armes de destruction massive fabriquées et les médias acclamant une guerre qui a tué quelques millions de civils et déstabilisé toute une région. Les Américains se demandent encore : "Pourquoi nous détestent-ils ?", comme si la réponse n'était pas écrite dans les décombres de Bagdad.

 

Pendant ce temps, les États-Unis sermonnent leurs vassaux pour ne pas payer suffisamment pour l'arnaque de l'OTAN, et exigent qu'ils dépensent 5% du PIB en défense. Pour quoi faire ? Quel type de retour sur investissement les États-Unis obtiennent-ils pour leur billion de dollars de dépenses de défense par an ? Pour être humiliés par des cultivateurs de riz au Vietnam et par des terroristes en sandales en Afghanistan ? Aucun empire qui perd face à des guérilleros pieds nus n'a le droit de sermonner quiconque sur les dépenses militaires. L'armée américaine est la force la plus pathétique, gonflée et surestimée de l'histoire moderne, un racket de protection à l'image de Tony Soprano. L'histoire se souviendra des États-Unis comme de l'empire accidentel.

 

Ce lavage de cerveau n'est pas un hasard. L'État profond et ses alliés médiatiques, Mockingbird*, ont perfectionné l'art du lavage d'image yankee, créant un récit où les États-Unis sont toujours le héros, jamais l'agresseur. L'objectif est de cacher la vérité et d'utiliser l'ignorance comme une arme, pour s'assurer que le public américain applaudisse la prochaine invasion, la prochaine "intervention", la prochaine aventure impériale.

 

Combien de temps un empire peut-il survivre sur une base de mensonges ? Car, à mesure que le monde multipolaire grandit (Russie, Chine, Sud Global), la vérité devient de plus en plus difficile à enterrer. L'histoire finira par juger les États-Unis non pas comme une superpuissance bienveillante, mais comme un empire en déclin qui a brûlé le monde tout en mentant à son propre peuple.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

Ndt : L'Opération Mockingbird est un programme présumé de la CIA qui aurait été mené pendant la Guerre froide. 
Son but était d'influencer les médias américains et étrangers pour promouvoir le point de vue du gouvernement américain. Bien que son existence n'ait jamais été officiellement confirmée, de nombreux historiens et chercheurs considèrent que l'Opération Mockingbird a réellement eu lieu.

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