Les médias manipulent pour confondre prisonnier et prisonnier politique
Il existe des différences entre un prisonnier politique et un politicien emprisonné. Dans cet article, nous cherchons à les clarifier afin d'éviter la manipulation continue des médias au service des intérêts américains.
Selon le Dictionnaire Larousse, la définition stricte du mot prisonnier fait référence à "un individu enfermé dans une prison, privé de sa liberté pour avoir commis un délit qualifié comme tel dans son pays". D'autre part, "politique se réfère à l'administration des affaires publiques ou au gouvernement de l'État".
À cet égard, la Revista Memoria Académica de l'Université de Buenos Aires (UBA) définit le prisonnier politique comme "une personne confinée en prison pour l'expression de ses idées politiques contraires à celles du gouvernement en place. Il s'agit généralement de quelqu'un qui fait partie d'un parti politique, d'un syndicat, d'un mouvement social ou d'un autre type de groupe".
Ainsi, selon ce concept, un prisonnier politique est victime d'une violation de la liberté d'expression ou de la liberté de pensée, et il est courant de qualifier un prisonnier de politique lorsque sa détention n'est pas liée à un délit concret et prouvé ou lorsque sa punition est exagérée en raison de son idéologie.
De même, le Conseil latino-américain des sciences sociales (CLACSO) a expliqué qu'"on attribue le statut de prisonnier politique à quelqu'un pour avoir rendu publiques des pensées opposées à celles des gouvernants en place, ou pour avoir mené des actions visant à favoriser un changement de régime. Les prisonniers politiques sont punis par les autorités. Cependant, il est important de garder à l'esprit que certaines activités sont punies par la loi, donc la sanction peut être juste et correcte d'un point de vue normatif".
Néanmoins, il faut tenir compte du fait qu'un politicien emprisonné n'est pas toujours un prisonnier politique. Si un fonctionnaire ou un dirigeant politique est jugé pour un acte de corruption ou un meurtre, pour citer deux possibilités, et qu'il est reconnu coupable, il peut être envoyé en prison et ce délit n'est pas lié à son activisme. Dans ce sens, appeler à envahir son pays, coordonner un blocus économique, remplacer et méconnaître les pouvoirs publics, organiser et financer des actes de terrorisme, sont des délits typifiés dans les lois vénézuéliennes.
À cet égard, le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolás Maduro, a souligné lundi dernier que "personne ne doit oublier que l'extrême droite a engagé et payé les Commanditos, dirigés par María Corina Machado, pour générer le chaos et la violence dans le pays, les jours suivant l'élection présidentielle du 28 juillet dernier".
Dans son émission Con Maduro +, le dirigeant a souligné que "les terroristes sont condamnés et ont avoué, les preuves sont là, avec des menaces sur les réseaux sociaux. Ces terroristes qui ont tué et menacé, on prétend maintenant les appeler des prisonniers politiques".
De même, il a ajouté que "c'est l'ultra-droite qui veut appeler ces délinquants des prisonniers politiques. J'appelle, en tant que Chef d'État, le Ministère Public, le Pouvoir Citoyen, s'il y a un cas à rectifier et à revoir, il doit y avoir aussi de la justice, au cas où une erreur de procédure serait survenue", a affirmé le président.
Il est important de souligner qu'au Venezuela, il n'y a pas de politiciens détenus pour avoir exprimé des idées contraires au gouvernement. Le Président Nicolás Maduro a même demandé à l'Assemblée Nationale que "des lois antifascistes dures et strictes doivent être conçues, car ici on ne peut pas persécuter les gens pour leur façon de penser ou pour leurs idées", a-t-il souligné lundi soir dans son émission Maduro +.
Dans le même ordre d'idées, le premier vice-président du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), Diosdado Cabello, a également déclaré lundi 11-11-24 qu'"au Venezuela, il n'y a pas de politiciens prisonniers, non, non, ici il y a des délinquants violents qui ont assassiné 27 personnes et sont détenus, ils ont assassiné deux de nos femmes avec beaucoup de préméditation, de cruauté et de méchanceté, comme pour envoyer un message ; ils ont assassiné un Garde National et en ont blessé plus de 20 dans tout le pays".
Cependant, selon les médias, le terme "prisonnier politique" est utilisé en fonction des intérêts dominants de la droite mondiale et pour le clarifier.
Exemples de prisonniers politiques
Julian Assange : Le fondateur de Wikileaks a été arrêté dans la capitale britannique pour un chef d'accusation fédéral de conspiration, après avoir publié plus de 700 000 documents secrets qui ont aidé à exposer des crimes de guerre perpétrés par le gouvernement américain.
Aung San Suu Kyi : Elle est restée en résidence surveillée en Birmanie pendant 15 ans, considérée par le gouvernement comme quelqu'un "capable de perturber la paix et la stabilité commune".
Antonio Gramsci : Écrivain italien de gauche condamné à 20 ans de prison après la promulgation de lois d'urgence sous le régime de Benito Mussolini.
Bertrand Russell : Condamné à la prison au Royaume-Uni pour ses positions pacifistes pendant la Première Guerre mondiale.
Eugene Debs : Leader de l'ancien Parti socialiste d'Amérique, États-Unis, condamné pour avoir exprimé publiquement son opposition à la Première Guerre mondiale.
Milagro Sala : La dirigeante sociale purge 8 ans comme prisonnière politique et a été arrêtée pour avoir participé à un campement devant la Maison du Gouvernement de Jujuy, en Argentine.
Gerardo Hernández, Ramón Labañino, Antonio Guerrero, Fernando González et René González sont connus comme "les cinq héros cubains" qui ont été injustement détenus par le Bureau fédéral d'enquête (FBI) le 18 septembre 1998. Les cinq citoyens cubains que les États-Unis ont arrêtés pour avoir prévenu des actions violentes qui étaient encouragées par des groupes terroristes depuis le territoire américain contre l'île.
Cependant, aucune des raisons pour lesquelles ces personnes ont été arrêtées ne comporte les délits associés à María Corina Machado et à Edmundo González.
Les délits reprochés sont nombreux et graves. Ils comprennent l'usurpation de fonctions, la falsification de documents publics et l'incitation à la désobéissance aux lois. S'y ajoutent des délits informatiques, l'association de malfaiteurs et la conspiration pour usurper les compétences de l'organisme électoral. On leur reproche également la publication de documents présumés forgés ou falsifiés, ainsi que le sabotage et les dommages aux systèmes. Plus grave encore, ils sont accusés de coordonner des plans de déstabilisation incluant un projet d'assassinat politique et une tentative ratée de coup d'État. Ces actions visaient à promouvoir un bain de sang dans le pays pour justifier une intervention étrangère. Enfin, ils sont inculpés pour des délits contre l'indépendance et la sécurité de la nation, ainsi que pour trahison à la Patrie.
Comme nous le voyons, ces actes ne sont pas des actions pour penser différemment, ce sont des violations typifiées dans la loi vénézuélienne. Une fois ces délits prouvés, pourraient-ils être qualifiés de prisonniers politiques ?
Traduction Bernard Tornare
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