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IV Sommet contre le fascisme au Venezuela : une idéologie qui n'est pas morte

par Bernard Tornare 19 Avril 2022, 11:45

IV Sommet contre le fascisme au Venezuela : une idéologie qui n'est pas morte
Par Yosélina Guevara López 

 

Les 11, 12 et 13 avril, le IVe Sommet contre le fascisme s'est tenu à Caracas, au Venezuela, sous la direction du président Nicolás Maduro et dans le cadre de la commémoration du 20ème anniversaire du contre-coup populaire d'avril 2002, grâce auquel le peuple vénézuélien a repris le pouvoir et le fil constitutionnel, sauvant le commandant Hugo Chávez Frías de l'enlèvement auquel il avait été soumis par les pouvoirs de facto.

 

La rencontre a réuni 200 invités internationaux de 58 pays des cinq continents, qui ont débattu du fascisme, une idéologie politique et culturelle qui, malgré sa défaite en tant que régime politique structuré, garde des traces latentes en tant que mouvement dans le monde.

 

Des événements comme celui-ci sont d'une importance vitale à l'heure actuelle, étant donné la nécessité de contrer la pénétration fasciste qui fait des ravages dans certains secteurs de la population mondiale, ainsi que l'agressivité rampante de la vague réactionnaire présente dans plusieurs pays. D'autre part, ces derniers jours, il a été démontré que le fascisme est toujours une menace réelle ; cela a été rendu visible par la divulgation des crimes qui ont été perpétrés sur le territoire ukrainien par les bataillons nazis et dont les atrocités ont été révélées par la dénazification que la Fédération de Russie effectue avec la mise en œuvre d'une opération militaire spéciale en Ukraine.

 

Les organisations fascistes dans les Balkans

 

Outre l'existence de ces groupes paramilitaires de type nazi en Ukraine, qui ont assassiné, mutilé, abusé et violé des centaines de personnes, principalement des civils, il n'est pas surprenant que des réunions de soutien au fascisme soient promues sur le vieux continent. C'est le cas de la réunion qui s'est tenue fin septembre 2021 à Belgrade, appelée le Congrès de la droite nationale et néofasciste serbe.  Un pays dans lequel il existe plus de vingt organisations de type fasciste, dont certaines sont actives depuis des années, situées essentiellement sur le territoire de la Serbie et des Balkans. Il s'agit de la formation d'une sorte de laboratoire d'essai en Europe de l'Est, qui n'est que la partie émergée d'un iceberg de fascisme qui continue de croître dans toute l'Europe.

 

Le continent américain n'échappe pas à ces tentatives d'expansion de ces organisations, la coalition de partis de droite et d'extrême droite dirigée par l'espagnol Vox tente de créer un bras fasciste en Amérique du Sud et centrale ; les réunions avec leurs partisans au Mexique et en Colombie sont largement connues.

 

L'adaptabilité du fascisme aux temps nouveaux

 

Le fascisme en tant que régime politique a disparu en 1945, avec l'un de ses plus grands représentants, Benito Mussolini, qui, sous la terreur, a conduit l'Italie à la déshumanisation, au racisme légalisé, à la guerre, à la destruction morale et matérielle. Cependant, dans certains pays, comme le Salvador par exemple, on tente d'imposer des formes de gouvernement proches du fascisme, dont les caractéristiques sont le totalitarisme et une véritable violation des lois nationales et internationales.

 

En ce sens, au-delà d'exemples isolés, le fascisme émerge avec une force inhabituelle comme un mouvement qui prend la forme d'une violence prévaricatrice, xénophobe, raciste, homophobe et discriminatoire contre toutes les minorités. Le plus grave est que ces atrocités, avec l'action des médias, peuvent devenir un fait quotidien, voire justifiable dans l'opinion publique.

 

Il faut également tenir compte de la tentative dynamique et continue de l'extrême droite de s'emparer des partis politiques, et surtout des institutions, en cherchant toujours à combattre les structures de la gauche, non plus en cherchant sa ruine de l'extérieur, mais en acceptant ses règles formelles pour ensuite la corroder de l'intérieur.

 

Ce sont eux, les fascistes du troisième millénaire, qui brassent les eaux troubles, qui prétendent être proches du prolétariat moderne, des classes sociales défavorisées afin de gagner leur bonne volonté, leurs votes et même leur consentement à long terme. C'est cette sympathie que ces fascistes cherchent à construire, en cherchant à installer l'agitation sociale et la dérive autoritaire, en identifiant le bon moment pour canaliser la colère populaire vers les partis et organisations politiques de droite. En revanche, le fascisme utilise d'autres outils, et l'information joue un rôle fondamental, en endoctrinant par le biais des médias afin que le citoyen ne puisse pas discerner le faux du vrai, générant une violence à des niveaux disproportionnés.

 

Le défi de l'antifascisme

 

C'est le grand dilemme à affronter, faire de l'antifascisme un grand mouvement contextualisé dans les grandes transformations de notre temps qui empêchera l'avancée des tentations autoritaires et discriminatoires. C'est pourquoi la gauche progressiste a l'importante responsabilité de promouvoir l'antifascisme.  Il ne peut y avoir de lutte contre le fascisme sans un tournant politique visant à améliorer les conditions de vie de millions de personnes en proie à la pauvreté et à la discrimination. Il est nécessaire de toujours garder à l'esprit les pensées d'Hugo Chávez Frías : unité, lutte, combat et victoire. Sans cela, nous continuerons à être un archipel d'îlots isolés, noyés dans la mer de nos contradictions.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

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