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Pourri, autoritaire et menaçant

par Bernard Tornare 20 Novembre 2021, 17:08

Par Vladimir Acosta

 

Comment éviter le sujet de l'empire, comment éviter de parler de ses menaces ?

 

L'histoire de l'humanité est pleine d'empires, d'empires de toutes sortes. Tous sont divers et complexes, et la seule chose indiscutable à leur sujet est que, malgré leur arrogance, ils ne sont pas aussi éternels qu'ils le prétendent, car ils finissent par disparaître les uns après les autres de diverses manières. Et, qui plus est, parce qu'aucun d'entre eux ne dure même mille ans, comme l'avait promis le nazisme allemand (qui en a duré à peine 13) et comme le proclame l'arrogant empire américain depuis le début du XXIe siècle. (En fait, seul l'empire byzantin a réussi à durer mille ans, peut-être parce que, bien que déjà menacé, il n'a jamais cherché à atteindre un objectif aussi lointain).

 

Et comment les empires s'effondrent-ils ?  Pendant longtemps, on a préféré expliquer leur effondrement comme le résultat d'une agression ou d'une invasion. Aujourd'hui, l'accent est mis sur leur effondrement interne. Mais le plus souvent, les deux composantes, effondrement interne et agression(s), coexistent et se renforcent mutuellement, de sorte que la question dans chaque cas serait de déterminer laquelle d'entre elles a joué (ou joue) le rôle principal. Et dans le cas de l'empire actuel, il est clair qu'il s'agit d'un effondrement interne.

 

Cependant, un empire régional, comme ceux du passé ancien ou lointain, est une chose, mais un empire mondial, comme ceux des temps modernes, qu'ils soient d'un passé récent ou surtout celui qui a ce monde écrasé aujourd'hui, en est une autre. Les empires régionaux, aussi grands soient-ils, et il y en a eu d'énormes, pouvaient disparaître sans que le reste du monde en soit informé, ou en recevant seulement des informations tardives, confuses et sans importance. Rien d'étrange, car en ces siècles préindustriels, la planète n'en était pas encore une, étant donné que les continents n'étaient pas intégrés, que les distances terrestres étaient énormes, que les océans étaient difficiles à traverser et que les contacts culturels entre continents ou pays éloignés étaient rares, tardifs ou inexistants.

 

Mais, comme nous le savons, le capitalisme qui domine la planète depuis au moins six siècles est un système de domination universel, et les empires capitalistes, surtout les plus récents, toujours racistes et guerriers, sont devenus toujours plus grands, plus puissants et plus universels. Et leur déclin et leur effondrement inévitables touchent une grande partie de la planète, comme ce fut le cas de l'empire espagnol au XIXe siècle, ou la planète entière, comme ce fut le cas récent de l'empire britannique au XXe siècle, et surtout le cas actuel de l'empire américain. L'effondrement de l'empire britannique, aidé sournoisement par les États-Unis, a été absorbé par la Seconde Guerre mondiale et la crise du vieux colonialisme qui l'a suivie. Mais le cas que nous vivons aujourd'hui, celui du déclin croissant de l'empire universel que sont les États-Unis, revêt une importance particulière non seulement en raison de sa taille et de son énorme pouvoir politique, économique, financier, militaire, médiatique et culturel sur le monde, mais aussi parce que tout empire mondial en déclin, en particulier un empire aussi militariste et guerrier, doit être perçu comme étant en déclin, En particulier un pays aussi militariste et guerrier que les États-Unis, au fur et à mesure qu'il pourrit de l'intérieur, il devient plus agressif et menaçant dans une tentative de dissimuler sa pourriture, en affrontant toute rivalité économique qui accentue sa décadence et en amenant ainsi la planète au bord de la guerre et si possible même au bord de la destruction. En effet, comparées aux armes nucléaires dont disposent actuellement les États-Unis, et à ceux qui répondraient à leurs attaques, les deux bombes atomiques criminelles que Truman a lâchées sur le Japon en 1945 seraient réduites à une simple paire de modestes fusées.

 

Le désastre intérieur aux États-Unis est énorme et semble inarrêtable. Pour l'instant, transformé en État voyou, il vole du pétrole. Il vole la Syrie, détourne des pétroliers iraniens en route vers le Venezuela et s'approprie le pétrole que le Venezuela a payé. Mais de tels larcins ne seraient que des amusements impériaux. Biden a de grands projets. Le plan socio-économique national de style keynésien qu'il a récemment fait approuver par le Congrès est un vaste projet qui aurait pu fonctionner à une autre époque ou dans un autre contexte. Il est maintenant très difficile de le faire fonctionner. Les États-Unis ont aujourd'hui trop de problèmes qui entravent ce plan de 1 200 milliards de dollars qui, en reconstruisant l'infrastructure intérieure du pays, en ruine depuis des décennies (routes, autoroutes, ponts, bus, trains, rues, barrages, etc. ), créerait des millions d'emplois, et ce qu'il semble provoquer, c'est l'augmentation accélérée de l'énorme multitude de migrants d'Amérique latine fuyant leur misère vers les États-Unis, qui en sont la principale cause, augmentant ainsi leur crise frontalière et leur pression sur le Mexique pour les arrêter. En outre, l'intention de Biden, avec ce plan ambitieux, est de dépasser enfin la Chine, comme si elle était immobile et dans l'attente. Ajoutez à cela la crise intérieure imparable du pays, la déchéance sociale, la violence, la menace croissante de sécession, la drogue, l'alcool, le racisme, le chômage, les grèves, la menace républicaine et le soutien déclinant de Biden, et vous aurez une meilleure idée de l'ampleur et de la profondeur de la crise.

 

Et pour tenter de le dissimuler, l'administration Biden ne trouve rien d'autre que des agressions et des menaces de provocations militaires quotidiennes à l'encontre de la Chine et de la Russie, des provocations qui pointent toutes vers une guerre nucléaire qui pourrait démarrer au moindre accrochage accidentel et conduire au désastre. Les exemples de cette situation nous sont montrés quotidiennement dans la presse grand public et ne méritent pas d'être cités.

 

Pendant ce temps, le monde, à commencer par l'Europe servile, continue à se comporter comme ce qu'il est : un complice indifférent des États-Unis. Et ce n'est pas seulement l'Europe. C'est que tout le monde regarde de l'autre côté, personne ne fait rien. C'est pourquoi l'Union européenne fait ce qu'elle veut et malmène qui elle veut. L'exemple le plus déplorable de cette complicité lâche est l'inutile ONU. À quoi sert cet organe coûteux et inutile ? À écouter les discours hypocrites, cyniques ou rampants qui donnent le ton, ainsi que les quelques discours décents ou courageux dont personne ne tient compte ?  L'indifférence de cette ONU est d'autant plus honteuse aujourd'hui, non pas parce qu'elle est nouvelle, ce qui n'est pas le cas, mais parce qu'elle est aujourd'hui plus servile et inutile qu'à d'autres époques, étant donné que nous nous rapprochons chaque jour d'une éventuelle guerre nucléaire qui résulterait d'un incident yankee irresponsable. Nous devrions demander à M. Guterres, qui a le cou tordu à force de regarder de l'autre côté pour ne rien voir de ce qui se passe, "Dormez-vous, M. le Secrétaire général ? Avez-vous reçu votre salaire ce mois-ci, M. le Secrétaire général ?

 

Et on devrait demander la même chose à d'autres serviteurs complaisants et bien payés des États-Unis, comme le représentant de la CPI qui vient de nous rendre visite pour savoir si les droits de l'homme sont violés au Venezuela et qui déclare ensuite que la Colombie, dont le gouvernement massacre impunément son peuple au quotidien, est un modèle de respect de ces droits. Il n'a pas non plus l'intention de poser des questions au gouvernement américain à ce sujet. Bien sûr que non. Il perdrait son emploi. Et il en va de même pour l'ineffable Mme Bachelet, répresseur primé des Mapuches qui, comme ce représentant de la CPI, n'a plus le cou tordu, mais le fait tourner à l'envers comme ces monstres imaginaires médiévaux dont la tête ou les jambes étaient à l'envers quand ils semblaient venir alors qu'en réalité ils allaient. Dans ce cas, pour percevoir leurs succulents salaires pour avoir servi l'empire.

 

Et pendant ce temps, par l'intermédiaire du défraîchi Biden ou de n'importe lequel de ses fonctionnaires, les États-Unis poursuivent leur jeu irresponsable de la politique de la corde raide, menaçant de déclencher un affrontement nucléaire dont le déclenchement accidentel, ou qui sait s'il est provoqué, risque de nous surprendre d'un jour à l'autre.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

 

Vladimir Acosta est historien et diplômé en philosophie de l'Université Centrale du Venezuela (UCV).


 

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