Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Rien de clair à l'horizon

par Bernard Tornare 21 Juin 2020, 19:42

Rien de clair à l'horizon
Par Carolina Vásquez Araya


Avec l'incertitude comme toile de fond et la précarité comme menace.


Nous y voilà. Traqué par la menace de l'opacité des gouvernements, dans les cadres desquels le bon sens ne semble pas régner, et encore moins la sensibilité humaine. Ils nous cachent des données pour nous forcer à vivre dans une sorte de limbe, gris et trompeur, dont la surface se brise en morceaux lorsque la maladie et la mort nous touchent de près. Donc, même si nous nous efforçons de fouiller dans les informations limitées disponibles, nous savons très bien ce qui nous est caché, puis la menace qui nous tient en alerte devient un danger beaucoup plus immédiat et réel.

 

Les autorités n'essaient même plus de cacher leur incapacité à faire face à une pandémie qui entraînera sans aucun doute des millions de personnes dans leurs tombes dont le seul péché est d'être pauvre, de vivre sous des régimes économiques et politiques dans lesquels la corruption est la norme ou dans les États capturés pour un système économique vorace. Ces pays comprennent non seulement les plus vulnérables et les moins développés. Il y en a aussi puissants et influents que les riches premières nations du monde où l'administration des ressources pour faire face à la pandémie est régie par les intérêts des entreprises et les ambitions politiques, reléguant ses citoyens au rôle de simples spectateurs, sans voix ni vote dans les décisions dont dépend leur survie.

 

Au cours de ces mois, j'ai concentré mon attention sur les deux pays qui ont marqué ma vie de manière indélébile : le Chili et le Guatemala. L'un, réputé pour avoir atteint un haut degré de développement et, l'autre, au creux de l'abandon le plus grossier. Tous deux, riches en ressources et tous les deux, subissent le coup dur d'un système politique et économique qui, malgré les distances apparentes de leurs réalités, les égalise. La seule chose qui manquait était une attaque virale aux proportions énormes pour que les voiles qui recouvraient leurs façades tombent et on pouvait voir jusqu'où ils devaient encore devenir de véritables démocraties, avec tout ce qui est supérieur dans le respect des droits de l'homme.

 

Tant dans l'un que dans l'autre, les autorités ont décidé de cacher l'ampleur des infections et des décès par Covid19. Et les deux ont décidé de ne pas le faire pour éviter la panique collective, mais pour maintenir une image de faux contrôle envers une communauté internationale qui, après tout, ne les aidera pas non plus à sortir des ennuis. Au Guatemala et également au Chili, les autorités ont refusé - tout comme Trump, son employeur - d'écouter la communauté scientifique, les experts de la lutte contre les épidémies et les spécialistes de la gestion des données. Dans les deux cas également, ils ont abandonné l'infrastructure sanitaire de l'État au profit de leurs secteurs économiques avec des privatisations et des accords très suspects et dommageables pour l'État.

 

À ce stade et après plusieurs mois d'isolement - lorsque c'est possible - et de travailler dans des conditions risquées - lorsqu'il n'y a pas d'autre option - la population est soumise à des décisions politiques sans fondements solides et, dans la plupart des cas, de considérations étrangères au bien commun. Qu'est-ce qui nous attend à l'horizon ? Après l'impact de la pandémie sur le travail et la situation économique de millions de familles, la précarité des soins de santé, le manque de nourriture pour répondre aux demandes d'une population punie sous tous les angles, une reprise miraculeuse ne peut être attendue et immédiate. Il faudra des mois et probablement des années pour récupérer tout ce que la situation nous a pris. À l'exception, bien sûr, de ceux qui ne parviennent plus à y survivre.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source

 

Cette traduction peut être librement reproduite. Merci de respecter son intégrité et d'en mentionner  l'auteur, le traducteur et le blog Hugo Chavez.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

Haut de page