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Bolivie : le néolibéralisme les nourrit et la Bible les rapproche

par Bernard Tornare 17 Novembre 2019, 16:57

Depuis 2009, la Bolivie a également un deuxième drapeau, le " wiphala ", qui symbolise la diversité ethnique et culturelle.

Depuis 2009, la Bolivie a également un deuxième drapeau, le " wiphala ", qui symbolise la diversité ethnique et culturelle.

Titre original : El neoliberalismo los cría y la Biblia los junta

 

 

Par Rafael Villegas

 

Le peuple bolivien vit aujourd'hui une tragédie et l'Amérique latine est en grand danger.


Quand on se demande pourquoi les nationalismes religieux ont tant de succès, il faut se rappeler qu'ils répondent à une constante : tous les impérialismes sont soutenus par une justification religieuse de la suprématie blanche. Ce fut le cas avec la conquête de l'Amérique, le colonialisme en Afrique du Sud et la Palestine jusqu'à ce jour. Tous avec la Bible en main et la prétendue garantie de Dieu de détruire et de conquérir. "Remplis la terre, subjugue-la, et domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur toutes les bêtes qui se déplacent sur la terre " (Genèse 1:28). Tel est le commandement biblique qui leur inspire haine et persécution.

 

Il est évident que, derrière les intérêts que l'impérialisme et les élites dominantes ont dans la conquête des ressources naturelles, il existe un substrat religieux profond qui fait alliance avec tout un système de symboles qui soutiennent l'appareil culturel du marché libre. Marx ne s'est pas trompé. Il a précisément défini le capitalisme comme un système plein de présupposés religieux que l'on trouve dans la nébuleuse de la théologie.

 

Fernando Camacho, le pasteur Chi Hyun Chung, Jair Bolsonaro et Trump lui-même (oint par le pasteur Robert Jeffress pour commander une croisade mondiale !) sont l'expression d'un type de subjectivité qui apparaît d'en haut mais qui vertigine depuis des décennies dans les entrailles de la région. Il s'agit de la pensée magique et de la religion. C'est le châssis qui soutient la locomotive du capitalisme dans son modèle néolibéral actuel.

 

L'illusion du progrès infini, l'utopie du bonheur privé ne sont soutenues que par des prémisses théologiques qui agissent comme le fuselage invisible de la politique.

 

Ces prophètes de la mort ne sont pas une saillance perturbatrice du système, mais sont cohérents avec un mode de production des sujets. Ce n'est pas une anomalie, mais la consommation d'une longue période de semailles souterraines et capillaires sur les illusions religieuses qui soutiennent l'économie de marché : la consommation et le salut personnel.

 

Nous devons réfléchir sérieusement à la manière dont nous devons mener la bataille culturelle en ces temps sombres. S'il existe encore un christianisme libérateur, il est évident que ce n'est pas le Christ travesti qui représente les puissants et les élites de ce monde. Le christianisme du fils de charpentier Jésus, opprimé avec son peuple par la méritocratie romaine, est d'une autre nature. Elle est présente dans la douleur et la résistance des peuples qui crient à la libération et à la justice, dans chaque pratique qui lie les gens autour de la justice sociale, de l'harmonie avec la nature et de l'amour communautaire. Comme la Pachamama (1). C'est pourquoi le christianisme n'a jamais prétendu être la religion du livre, ni d'aucun fondamentalisme, mais la religion du prochain, de l'amour, du partage.

 

Merci Président et frère Evo de nous montrer le chemin, de nous enseigner l'évangile de l'amour du prochain, de la fraternité, de la justice sociale et de démasquer les éternels crucificateurs ! Vous avez semé dans un sol fertile et bientôt, très bientôt, le beau Whiphala (2) s'embrasera à nouveau !

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

N.d.t.
(1) https://fr.wikipedia.org/wiki/Pachamama

(2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Wiphala

 

Rafael Villegas est psychologue et membre du collectif Théologie de la libération Pichi Meisegeier
 

Cette traduction peut être librement reproduite. Merci de respecter son intégrité et d'en mentionner l'auteur, le traducteur et le blog Hugo Chavez.
 

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