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Les peuples mettent en garde

par Bernard Tornare 29 Octobre 2019, 15:16

Les manifestants dans les rues de Santiago vendredi. (Reuters)

Les manifestants dans les rues de Santiago vendredi. (Reuters)

Par Elias Jaua

 

À propos des récentes flambées sociales en Équateur et au Chili, dans le premier cas contre la tentative d’imposer un paquet néolibéral et dans le second cas à la suite de l’exclusion structurelle qui a entraîné l’application systématique et continue de ces politiques néolibérales pendant quatre décennies. Les élites dominantes, les médias et même de nombreux universitaires se demandent : "Comment cela a-t-il pu se produire, si la veille, rien ne laissait entrevoir une explosion populaire ? "Comment se fait-il qu'on n'ait rien remarqué ?", se sont excusés les dirigeants politiques.

 

À cet égard, je considère que les rébellions sociales ne sont pas inattendues, qu'elles sont absolument prévisibles, selon le raisonnement de telles actions, de telles conséquences. En outre, les peuples mettent en garde.

 

L'application de modèles d'exclusion politique, économique, sociale et culturelle ; les violations profondes des inégalités sociales ; l'impudence dans l'exercice du pouvoir et la jouissance des richesses, pour la plupart mal acquises, par les élites politiques et commerciales ; le contrôle social par l'aliénation, le clientélisme et la répression policière et l'impunité des détenteurs du pouvoir sont les ingrédients principaux d'un foyer social. Celui qui sème le vent, récolte la tempête, invoque la parole des peuples sages et libres.

 

Les peuples avertissent, envoient des signaux que personne n'entend, ne voit ou n'ignore. Jetons un coup d'œil à certains de ces avertissements que les gens envoient aux hauts dirigeants, au fil des ans, voire des décennies:

 

1.  L'abstention électorale croissante dans les processus de consultation populaire pour l'élection des autorités, qui exprime que la majeure partie de la population a cessé de légitimer le système politique. Il ne se sent pas exprimé ou représenté par qui que ce soit.

 

2.  La désaffiliation des organisations publiques, politiques et sociales. Les partis, les associations, les syndicats, les organisations sociales, de toute nature idéologique, se vident du peuple, jusqu'à devenir des coquilles vides ou occupées par un petit groupe d' "irréductibles" qui pensent à tort qu'ils représentent la majorité.

 

3.  Apparemment passifs, les gens cessent de protester, de contester, de se plaindre aux autorités, non pas parce qu'ils sont contents, mais parce qu'ils savent qu'ils n'obtiendront aucune réponse ou solution de la part de ces autorités. Le calvaire entre à l'intérieur.

 

4.  L'anomie sociale exprimée par la résolution illégale des problèmes ; les épisodes récurrents de violence sociale, peu nombreux, dans différentes régions, à différents moments ; l'augmentation de la criminalité, la désaffection des dirigeants politiques et sociaux et la relation État- Societé est réduite à un discours répressif avec la police.

 

5.  Le commentaire populaire dans la rue, dans les réunions de famille, dans les activités récréatives et sportives, entre autres, est fait à la troisième personne : "Tôt ou tard, il va se passer quelque chose ici, les gens vont se fatiguer". Les gens savent toujours ce qu'ils vont faire et ils le disent.

 

Comme le disait le président martyr Salvador Allende dans son dernier discours, ce 11 septembre 1973, au Chili : "Les processus sociaux ne s'arrêtent pas...". La rébellion des peuples contre l'exclusion et à la recherche d'un modèle où ils puissent vivre bien, dans la justice, dans l'égalité et la dignité, peut être prolongée, contenue, mais en fin de compte, s'il n'y a pas de rectifications profondes et sincères aux niveaux éthique, politique, économique, social et culturel, ils vont se manifester en exerçant le droit humain suprême à la rébellion.

 

Le général Ezequiel Zamora a dit : "Il faut écouter le peuple, toujours écouter le peuple" ; le commandant Chavez nous l'a rappelé dans son discours du 8 décembre 2012 : "Ecouter le peuple, toujours écouter les gens". Écoutons toujours, rectifions à temps et allons de l'avant avec notre peuple dans le rétablissement et la consolidation d'un mode de vie humainement gratifiant.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

Cette traduction peut être librement reproduite. Merci de respecter son intégrité et d'en mentionner l'auteur, le traducteur et le blog Hugo Chavez.


 

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