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Venezuela: pour le maîtriser il faut bien plus qu'un magnat-président

par Bernard Tornare 8 Août 2019, 12:25

Venezuela: pour le maîtriser il faut bien plus qu'un magnat-président

Titre original: Hace falta mucho más que un magnate-presidente para doblegar a Venezuela

 

Par Jorge Capelán

 

Aujourd'hui, l'annonce d'un blocus financier total contre le Venezuela ordonné par le président des Etats-Unis, Donald Trump, a été annoncée. Dans le même temps, John Bolton, conseiller à la Maison-Blanche pour la sécurité, a déclaré que "le temps du dialogue est terminé, le temps de l'action est venu" contre le Venezuela. Depuis des jours, des navires et des avions du Commandement du Sud rôdent dans les eaux des Caraïbes, dans des provocations dangereuses.

 

Aujourd'hui, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arriaza a rappelé dans une conférence de presse que le blocus approuvé par Donald Trump officialise toutes les agressions financières que l'empire met en œuvre depuis des années contre le peuple vénézuélien et qui ont déjà causé au moins 40 000 morts en ne pouvant se procurer sur le marché international les médicaments et autres produits de première nécessité malgré les sommes considérables dont il dispose pour payer.

 

Avec ce nouvel ordre, il y a sept décrets qui visent à restreindre les capacités commerciales, financières et économiques du gouvernement vénézuélien. Ces mesures toucheront davantage la population et aussi le secteur privé, qui ne pourra pas faire affaire avec le pays américain. En particulier, le nouveau blocus imposé par les Etats-Unis affectera la politique sociale des comités locaux d'approvisionnement et de production (CLAP) qui fournissent de la nourriture aux secteurs populaires.

 

Le président américain Donald Trump " a pris les mesures les plus dangereuses contre notre patrie pour jeter les bases d'une suffocation absolue contre le Venezuela, " a dénoncé mardi la vice-présidente bolivarienne Delcy Rodriguez.

 

Cependant, le Venezuela, qui fait face à la guerre économique américaine depuis des années, n'est pas désarmé: " avant ces attaques, nous sommes déjà prêts, nous avons créé des voies alternatives parce que nous ne nous plierons à aucune situation ", a dit le ministre vénézuélien des Affaires étrangères.

 

"Il faut beaucoup plus qu'un magnat-président pour violer la dignité du Venezuela, a déclaré le ministre des Affaires étrangères et a assuré que nous donnerons une réponse ferme que nous ne les laisserons pas nous plier, a-t-il dit.

 

Les politiques dangereuses et débridées de Donald Trump sont le signe visible des problèmes insolubles auxquels l'empire qu'il dit présider doit faire face. Au milieu de la tempête, il cherche des moyens de se maintenir à flot, mais les intérêts les plus destructeurs pour son propre pays et pour le reste du monde s'enfoncent irrémédiablement de plus en plus profondément dans le marasme.

 

Au niveau national, la vague de haine qui entoure les Etats-Unis lui vaut une popularité coûteuse, ce qui fait qu'un président qui a fait une carrière politique avec des messages xénophobes et racistes sur Twitter. Trump, qui jusqu'à il y a quelques jours semblait en sécurité pour sa réélection aux élections de l'année prochaine, voit maintenant cette victoire électorale en danger.

 

C'est pourquoi le saccage contre le Venezuela, et aussi son saccage dans la guerre commerciale contre la Chine, pour essayer de consolider le soutien des groupes qui ont rapporté de nombreux votes mais qui en réalité représentent un danger pour les États-Unis et pour le monde.

 

Globalement, Trump s'enfonce de plus en plus dans les bras financiers de Wall Street et de la City de Londres, même s'il se dit très soucieux de sauver son propre pays. 

 

Au niveau régional, il s'enfonce de plus en plus dans les bras de la mafia de Miami et dans les intérêts corrompus de la droite latino-américaine. Pour empirer les choses, le gouvernement bolivarien conteste l'autorité de l'empire en menant à bien un processus de négociation avec la droite protégée par Washington. C'est pourquoi Trump cherche maintenant à relever la barre contre le Venezuela.

 

De plus en plus d'analystes annoncent que le système d'impression de monnaie sans support productif, et avec lui le néolibéralisme et la mondialisation, touche à sa fin. Il semble que la période des dernières années au cours de laquelle les banques occidentales avaient réussi à stabiliser l'or à bas prix touche à sa fin. 

 

Si le prix de l'or monte en flèche, ce sera la fin du dollar et donc des Etats-Unis en tant que patron mondial. Ils disent que la Chine contracte des dettes massives pour investir dans l'infrastructure alors que, avec la Russie, elle achète autant d'or qu'elle le peut. L'Iran se consacre massivement à la campagne des Bitcoins, en préparation de l'effondrement prévisible du système financier mondial, un fait qui marquerait la fin du monde sous la "Pax Americana" douteuse.

 

Le Venezuela n'est pas l'Irak, ni la Yougoslavie, ni la Libye, le niveau d'organisation sociale et la conscience politique de son peuple, le pouvoir de ses forces armées et la taille de son territoire en font un carré très difficile à conquérir et impossible à gouverner. De plus, indépendamment de la propagande de CNN, elle n'est pas isolée. 

 

Au milieu de ce tourbillon, si Donald Trump se mêlait militairement du Venezuela ou de l'un de nos pays de l'ALBA, il déclencherait un véritable ouragan d'une ampleur insoupçonnée. Les agressions impériales n'ont fait que renforcer la volonté de résistance de nos peuples parce qu'elles leur ont appris le vrai visage des Etats-Unis et la voie à suivre pour avoir une vie digne.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

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