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La pauvreté en Angleterre et au Venezuela

par Bernard Tornare 18 Juillet 2019, 19:20

Pino Arlacchi est un sociologue italien, connu en Italie et dans le monde entier pour ses livres sur la mafia. Il est considéré comme l'une des autorités mondiales en matière de sécurité humaine

Pino Arlacchi est un sociologue italien, connu en Italie et dans le monde entier pour ses livres sur la mafia. Il est considéré comme l'une des autorités mondiales en matière de sécurité humaine

Par Pino Arlacchi

 

Je m'occupe actuellement du problème de la pauvreté au Venezuela, qui s'est aggravée principalement en raison des sanctions américaines féroces qui ont coûté au pays 230 milliards de dollars sur un PIB de 150.

Mais aujourd'hui, j'ai reçu un rapport sur la pauvreté en Grande-Bretagne, cinquième puissance mondiale et foyer du capitalisme financier le plus agressif d'Europe. Il s'agit d'un ouvrage bien documenté, produit par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies, selon lequel 14 millions de personnes, soit 21% de la population anglaise, vivent dans la pauvreté. De ce nombre, 4 millions sont en dessous de 50% du seuil de pauvreté. Cela signifie, entre autres, qu'ils ont le problème de manger régulièrement. 

 

De plus, près d'un tiers des enfants anglais vivent dans la pauvreté, et dans les deux prochaines années, si les politiques sociales restent inchangées, le Royaume-Uni aura une part d'enfants pauvres à la Dickens: 41%.

 

Aujourd'hui déjà, les autorités scolaires britanniques signalent une augmentation du nombre d'enfants qui arrivent à l'école le ventre vide, et les enseignants organisent des collectes de nourriture à envoyer aux familles d'origine pour qu'elles n'arrivent pas à l'école le ventre vide.

 

J'ai lu tout cela en apprenant que le gouvernement [vénézuélien] distribuait toutes les deux semaines un paquet alimentaire substantiel à 75% de la population vénézuélienne et que les politiques sociales fournissaient presque gratuitement tous les services publics essentiels (santé, éducation, logement, transport, énergie, carburant, pensions, soins aux handicapés et autres) à toute la population pauvre.

 

Bien sûr, la qualité de ces services est ce qu'elle est. Mais le Venezuela est en Amérique latine et non dans les pays du nord. La privation de sa population pauvre doit être comparée à celle, beaucoup plus élevée de ses voisins colombiens et brésiliens, comme le montrent les données de l'ONU sur le développement humain. Et tout cela malgré près de cinq ans de sanctions barbares, qui ont réduit de moitié le PIB du pays.

 

Je lisais tout cela et j'étais curieux d'aller chercher les dernières données sur les sans-abri au Royaume-Uni. Chiffres sur les familles sans-abri et les personnes sans-abri dormant ici et là (The Guardian, 22 novembre 2018. Au moins 320.000 personnes sans-abri en Grande-Bretagne).

 

Il y a 320 000 sans-abri en Grande-Bretagne (en Italie 51 000, avec presque la même population). Ils ont doublé au cours des dernières décennies, malgré le fait que le chômage soit tombé à un minimum. De ce nombre, près de la moitié, soit 170 000, se trouve autour de Londres (Rome 14 000), la capitale mondiale de la finance néolibérale.

 

Il ne m'est pas arrivé, à Caracas, de rencontrer autant de pauvres abandonnés dans la rue. Peut-être parce que la dictature féroce les a fait disparaître, alors que le Royaume de Sa Majesté les montrait comme la preuve de la supériorité de la démocratie libérale.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en italien
 

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