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Venezuela: la peur du socialisme

par Bernard Tornare 30 Juin 2019, 14:28

Venezuela: la peur du socialisme

Titre original: Miedo al socialismo

 

par Pasqualina Curcio

 

C'était le message central du récent discours de Donald Trump à Miami à propos de ses intentions et de son désespoir d'entrer en territoire vénézuélien.

 

Cette crainte n'est pas nouvelle. Dans un discours prononcé à Houston en 1991, Margaret Thatcher a dit :

 

"L'URSS est un pays qui représente une menace sérieuse pour le monde occidental. Je ne parle pas de la menace militaire ; elle n'existait pas vraiment. Je parle de la menace économique. Grâce à l'économie planifiée et à cette combinaison particulière de stimuli moraux et matériels, l'URSS a réussi à atteindre des indicateurs économiques élevés. Son taux de croissance du PIB est presque le double de celui de nos pays. Si nous y ajoutons les énormes ressources naturelles à sa disposition, ses chances de nous faire sortir du marché mondial sont plus que réelles.

 

La Dame de fer a poursuivi : "C'est pourquoi nous avons toujours adopté des mesures visant à affaiblir l'économie de l'URSS et à y créer des difficultés économiques. Malheureusement, malgré tous nos efforts, la situation politique en URSS est restée stable pendant longtemps.

 

C'est la même peur qui est lue dans les documents déclassifiés, lorsque Nixon ordonne à Kissinger de renverser le gouvernement d'Allende pour "empêcher un modèle comme le socialisme de se consolider et de montrer ses réalisations".

 

C'est la même appréhension qu'éprouve Obama lorsqu'il nous déclare " une menace inhabituelle et extraordinaire " et pas précisément parce que nous avons des armes.

 

L'actuel locataire de la Maison-Blanche et porte-parole des grandes capitales a répété sans relâche que le socialisme est synonyme de pauvreté, de misère, de tyrannie, de totalitarisme et de dictature. Il a dit que c'est la cause de la situation que nous, les Vénézuéliens, vivons actuellement. La peur qui l'envahit est si grande qu'il a promis aux Américains qu'"il n'y aura jamais de socialisme aux Etats-Unis. Quelque chose doit se passer à l'intérieur de son pays pour lancer une telle menace à son peuple.

 

Ils sont terrifiés par un modèle qui, malgré le fait qu'il évolue à peine vers l'égalité, a réussi à réduire la pauvreté extrême et structurelle de 67% depuis 2003 (13,2% en 2003, 4,3% aujourd'hui), la mortalité infantile de 64%, la malnutrition des enfants de moins de 5 ans de 24% et a permis d'éliminer l'analphabétisme au Venezuela et bien encore bien d'autres maux.


Ils paniquent devant la consolidation d'un modèle qui, après avoir été soumis à tous les tests de sabotage, générant des pertes d'environ 130 milliards de dollars au cours des 5 dernières années, avec des blocus financiers, des embargos commerciaux et des attaques contre la monnaie par plus de 3500 millions de dollars de manipulation de son prix, le Venezuela reste, selon la CEPALC, le pays le moins inégal dans la région, distribue la nourriture à 6 millions de foyers, construit plus de 2,5 millions de maisons, ne ferme aucune école ou centre médical unique, 100% des aînés reçoivent leurs pensions, et ce sans fermer une école ou santé en toute impunité

 

La peur et le désespoir sont tels que le Président des Etats-Unis, personnellement, a fait chanter et menacé la Force armée nationale bolivarienne, l'exhortant à violer notre Constitution et à approuver un coup d'Etat approuvant l'usurpation du pouvoir par quelqu'un qui, sans être élu par le peuple, se proclame Président de la République au milieu d'une place.

 

Le socialisme n'est pas la cause de ce qui se passe au Venezuela, au contraire, c'est précisément ce modèle qui place l'être humain au centre et non le capital qui nous a permis de résister aux assauts et aux énormes efforts de l'impérialisme américain pour affaiblir l'économie, générer la déstabilisation sociale et renverser la Révolution bolivarienne.

 

Ce n'est pas le modèle socialiste qui cherche l'égalité, la justice sociale et l'inclusion des majorités qui exige le recours à des régimes totalitaires et tyranniques pour se consolider. Au contraire, c'est le capitalisme qui, pour protéger et maximiser les intérêts des propriétaires minoritaires du capital, doit soumettre et réprimer les grandes majorités salariées afin qu'elles ne se rebellent pas contre un système qui les exploite et les appauvrit, même si dans le discours, et avec le soutien des médias, elles les déguisent en démocraties.

 

Allons plus loin dans le modèle socialiste. C'est le moment, mais c'est surtout la garantie de vaincre la guerre impitoyable et criminelle non conventionnelle contre le peuple vénézuélien et de progresser ainsi vers une véritable indépendance économique et donc politique. Pour paraphraser Thatcher, si l'on y ajoute les énormes ressources naturelles à notre disposition, nos chances de gagner sont plus que réelles.

 

Soit dit en passant, la peur est libre.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

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