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Venezuela : Le président autoproclamé cherche désespérément à renverser le gouvernement

par Bernard Tornare 19 Mars 2019, 15:00

Nouhoum Keita est journaliste à la Radio Kayira et co-organisateur du Forum social mondial à Bamako (Ph : DR)

Nouhoum Keita est journaliste à la Radio Kayira et co-organisateur du Forum social mondial à Bamako (Ph : DR)

Titre original: Venezuela: Le président autoproclamé cherche désespérément à renverser le gouvernement constitutionnel, démocratique, légal et légitime

 

Par Nouhoum KEITA


Apres l’échec de son opération humanitaire montée en épingle en Colombie, pays a partir duquel il devait apporter des vivres aux Vénézuéliens, Juan Guaido est rentré à Caracas après une tournée auprès de certains de ses alliés qui s’est révélé désastreux sur le plan diplomatique.

 

Juan Guaido, le président autoproclamé du Venezuela, l’homme de paille de l’Administration Trump, du Groupe de Lima et de l’Organisation des Etats Nord-Américains (OEA) n’en finit plus de nous offrir le spectacle affligeant d’un homme qui cherche désespéramment à renverser le gouvernement constitutionnel, démocratique, légal et légitime du Venezuela.

 


Apres l’échec de son opération humanitaire montée en épingle en Colombie, pays a partir duquel il devait apporter des vivres aux Vénézuéliens, Juan Guaido est rentré à Caracas après une tournée auprès de certains de ses alliés.


Juan Guaido voulait une intervention militaire armée: malheureusement pour lui, aucun de ses soutiens n’a osé s’aventurer sur le terrain de peur d’y laisser des plumes et de provoquer un cataclysme qui n’épargnera aucun pays de la région.
Une invasion du Venezuela est une opération risquée, voire même suicidaire. Seuls, quelques stratèges idiots avancent cette carte. Les plus avertis soutiennent qu’il faut agiter la thèse humanitaire pour susciter une grande réprobation internationale et mettre ainsi le régime de Nicolas Maduro sur le banc des accusés.

 

La trouvaille fut d’abord cette image choc de vénézuéliens fouillant une benne à ordures à la recherche de nourriture. Ensuite, ce fut le retour au pays de Juan Guaido après sa longue promenade en Amérique latine, puis, son fameux décret qui fait du Venezuela un pays en situation d’urgence humanitaire. 
Le président autoproclamé et ses soutiens se basent sur une fantomatique enquête universitaire selon laquelle 80% des ménages vivent en situation d’insécurité alimentaire et que près de deux Vénézuéliens sur 3 se couchent la faim au ventre. 


Au début du mois de février, Juan Guaido, alertait et disait que 300.000 Vénézuéliens, soit 1% de la population risquait de mourir dans les prochains jours si l’aide humanitaire des Etats-Unis ne franchissait pas la frontière, qualifiant au passage le gouvernement vénézuélien, opposé au passage de convois, de quasi-génocidaire.
Cependant, ce tableau noir ne trouve toutefois pas confirmation dans les rares chiffres dont disposent les organisations internationales. Le quotidien suisse, le Courrier, dans sa parution du 4 mars dernier en donne la parfaite illustration.

 

Le quotidien helvétique rapporte que le Panorama de la sécurité alimentaire, publié en automne dernier à Santiago du Chili, estime que 11,7% des vénézuéliens étaient sous-alimentés au cours de l’année 2017. Un chiffre élevé tout de même si on fait une comparaison avec toute l’Amérique latine, où la moyenne est de 6,1%, mais loin de suffire à décréter l’urgence alimentaire. Il est ainsi à peine plus élevé que le taux planétaire (10,9%), ou celui du continent asiatique (11,4%).

 

En comparaison, la Caraïbe, région voisine de l’Amérique latine dépasse les 17% de sous-alimentés soit 45% en Haïti! 
Que cache donc cette campagne de désinformation? Cette opération infamante? La réponse est claire: Ces campagnes visent à provoquer la guerre. Mais, elle ne convainc personne! 
Le Programme alimentaire mondial (PAM) dispose d’un indicateur qui agrège l’accès au marché et a l’eau, la diversité de l’alimentation ou le taux de mortalité. Il s’agit de l’IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire) qui comprends 5 niveaux de vulnérabilité, dont les trois derniers sont synonymes de crise humanitaire et requiert une intervention urgente.

 

Or, en Amérique latine, aucun pays n’émarge en ce moment a des catégories regroupant globalement une cinquantaine de pays, selon le rapport mondial sur les crises alimentaires de l’année 2018. 
Le Comité international de la Croix Rouge (CICR) qui est très actif sur le terrain reste très distant de cette campagne mensongère. 

 


Aujourd’hui, le sentiment d’urgence, le choc ressenti par nombre de vénézuéliens pourrait s’expliquer au-delà de l’instrumentalisation politique par la vitesse à laquelle la situation des habitants s’est détériorée. Les données de l’ONU le confirment : entre 2016 et 2017, 600.000 Vénézuéliens ont bascule dans la sous-alimentation, fléau pourtant éradiqué, en 2010, soit 3,6% de la population. Pour bon nombre d’entre eux, c’était une redécouverte: En 2000, avant qu’Hugo Chavez n’initie ses programmes sociaux financés par le pétrole, un vénézuélien sur six souffrait de la faim, soit 16,3% de la population.

 


Il est important de souligner que les nombreuses agences de l’ONU ainsi que des organisations humanitaires internationales ne se sont pas associées à ce flot de calomnie contre le régime vénézuélien.
La solidarité internationale ne reste pas en marge, malgré tout. La Russie, l’Union Européenne, dans une large mesure, certains donateurs, aident le Venezuela en respectant strictement son indépendance et sa souveraineté.

 

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