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Faux positifs, des mensonges qui justifient la violence.

par Bernard Tornare 25 Février 2019, 12:59

Faux positifs, des mensonges qui justifient la violence.
Par ameaxxi

 


En médecine, le "faux positif" est une erreur de diagnostic. Il s'agit de générer (dans la plupart des cas involontairement) un rapport qui indique une certaine maladie alors qu'en réalité il n'en existe pas, ce qui nécessite un traitement pour combattre une pathologie qui n'a jamais vraiment existé.

 

Sur le plan militaire, ce qui est "positif", c'est de réussir une mission, d'atteindre l'objectif. Mais au-delà de la rhétorique militaire, le terme "faux positif" a été utilisé par la presse colombienne, les avocats, les dirigeants politiques et les juges pour mentionner que les guérilleros tués par les militaires ne l'étaient pas.

 

Le concept de "faux positif" s'applique aux scénarios qui impliquent les forces de sécurité pour démontrer le succès par un mensonge. Mais elle promeut aussi la nécessité d'appliquer des réactions violentes là où elles n'existent pas et de justifier un "traitement répressif". Pour le droit international humanitaire, les faux positifs sont des exécutions extrajudiciaires.

 

Bien qu'il y ait des antécédents dans les années 1980, ces actions se sont transformées en véritables massacres en Colombie et ont connu un grand développement dans les années où Álvaro Uribe était président et Juan Manuel Santos était son ministre de la défense.

 

Comme l'a démontré le système judiciaire colombien, les forces militaires de ce pays ont arrêté ou exécuté des innocents qui ont été passés pour des guérilleros tués dans des combats qui n'avaient jamais existé auparavant.

 

Ni les combats ni les guérillas n'étaient ainsi et, par conséquent, le succès était faux. Les seules choses réelles étaient les victimes, étrangères au conflit armé.

 

Selon le rapport que le Bureau du Procureur général a remis au juge spécial pour la paix “Muertes ilegítimamente presentadas como bajas en combate por agentes del Estado”(suite aux accords de paix de La Havane), 2248 cas de faux positifs ont été confirmés. 


 
Au fil des années, l'idée qu'un faux positif n'est pas seulement une victime réelle d'un fait inexistant, mais aussi un scénario mis en place pour justifier des actions militaires ou violentes qui n'auraient pu être menées sans l'existence de ce faux.

 

Lorsqu'un soldat, un dirigeant politique ou un média rapporte un fait qui n'a jamais existé mais qui, s'il avait existé, aurait fait l'objet d'une action violente ou répressive, il génère un faux positif.

 

Quand un événement comme celui du samedi matin se produit sur le pont Simon Bolívar entre le Venezuela et la Colombie, quand deux traîtres de la Garde nationale bolivarienne se jettent à toute vitesse contre les barrières, ils produisent, entre autres choses, un faux positif et tentent de provoquer une action militaire et une situation de guerre.

 

Quand, comme l'a dénoncé le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Jorge Arreaza, l'auto-proclamé Grupo de Lima a préparé un document contenant des accusations pour la "violence" déclenchée à la frontière entre la Colombie et le Venezuela quand il n'y a eu aucun incident, cela génère également un faux positif.

 

Tout comme dans la Colombie d'Uribe, les faux positifs ont permis de justifier des actions violentes et même de récompenser les militaires qui "ont réussi " dans la lutte contre la guérilla, ils sont actuellement liés à la propagande qui accompagne une invasion, déstabilisation ou coup politique militaire tenté.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

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