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Indignation sélective et oublis

par Bernard Tornare 22 Juin 2018, 14:15

Syrie - Photo CICR

Syrie - Photo CICR

Par Carola Chavez

 

C'est un scandale : des milliers d'enfants séparés de leurs parents et mis en cage, comme des chiots dans des chenils. Les grands médias publient leur surprise, leur indignation face à cet horrible événement. Et les pleurs des enfants en cage sont filmés. Et les réseaux sociaux deviennent un cri, une condamnation. Et personne n'est exclu du dernier mouvement d'indignation et de condamnation, dans lequel nous tombons tous comme des agneaux.


C'est comme si le monde venait de découvrir que l'injustice frappe le plus durement les plus petits. C'est comme si le monde venait de découvrir que les droits n'existent pas pour les pauvres. C'est comme si le monde venait de découvrir que les Etats-Unis violent les droits de l'homme avec une audace totale. Et aujourd'hui, les droits de l'homme sont des enfants dans des cages dont personne ne parlait hier, quand la faim, la violence, le désespoir les ont chassés du Guatemala ou du Honduras, ou du Salvador, ou du Mexique.... des milliers et des milliers d'enfants qui traversent les frontières, avec ou sans leurs parents, dans un exode de décennies que personne ne semble voir.


Mais maintenant, les enfants comptent. Maintenant, transformé en une bannière douteuse du même système qui les a mis en cage, agitée par des personnages malfaisants qui feignent l'indignation. Et nous voyons Hillary Clinton, celle qui a semé l'enfer en Libye d'un rire macabre, horrifiée par les camps de détention d'enfants, qui ont opéré sous le silence pendant l'administration Obama, dont elle était secrétaire d'État. Une autre outragée est Michelle Obama, qui ne pensait pas qu'il était mal de mettre en cage des enfants alors que la cage était son mari qui, incidemment, a gagné le surnom de "Déportateur en chef" pendant son mandat.


Laura Bush, oui, l'épouse de George W., dit que "cette politique de tolérance zéro est cruelle et immorale" Et elle le dit avec son visage éploré, parce que personne ne se souvient de son mari pour avoir été le moteur de cette politique anti-immigrés, mais à cause de la trace des corps mutilés et des orphelins qu'il a laissés en Irak, ce qui, pour Laura, n'est ni cruel ni immoral.


Et en parlant de l'Irak, des médias et de leurs dénonciations outragées : je me souviens comment les médias ont préparé Saddam et les Irakiens, même ceux qui s'opposaient à lui, même ceux qui voulaient et aidaient les États-Unis à les sauver. Je me souviens du concert systématique (il n'y avait pas un seul titre discordant) : Saddam était la chose la plus mauvaise et la plus dangereuse de l'univers. Saddam était une terrible menace, personne n'était à l'abri de son mal. Et il vient pour plus, il vient pour vous.... Et les journalistes, devenus infomercenaires, ceux qui ont répété mille fois que Ben Laden était le coupable de l'attaque des tours jumelles, avec les taliban fou qui, détruisant les antiquités du patrimoine mondial et forçant les femmes à porter des burkas, et bla bla bla bla bla..... jusqu'à ce que l'Afghanistan soit envahi et que l'horreur de cette guerre nous a fait nous sentir en sécurité. Et les bombes ont plu et les seules burkas que les marines ont enlevées étaient celles des femmes qu'ils ont violées.... mais cela n'a pas d'importance, parce qu'au-delà de cela, une autre peur, un homme maléfique qui est le coupable Ben Laden était coupable et regardez ici, le monde ne sera pas en sécurité tant qu'il y aura Saddam Hussein, celui des tours jumelles, celui qui viole les droits de l'homme et bla bla bla bla bla ... pendant des mois jusqu'à l'invasion de l'Irak par l'OTAN....


Et après nous avoir vendu la guerre nécessaire, ces mêmes moyens ont blanchi leurs visages avec l'histoire de Mohamed, l'enfant qui a perdu toute sa famille et ses quatre membres dans un seul bombardement libérateur, et qui est maintenant soigné avec amour dans le navire-hôpital de la même armée qui l'a mutilé. Et les infomercenaires ont muté en étoiles larmoyantes et qui ont versé leurs larmes de glycérine sur les corps des enfants irakiens qu'ils ont aidé à tuer. Et puis est venu le silence et puis un nouveau but, une nouvelle guerre à préparer pour ses propriétaires et ainsi ils tachent la carte avec le sang des hommes, des femmes et des enfants dont personne ne se soucie.


Et de retour au Texas, aux chenils pour enfants, à l'ignominie du pays qui se proclame terre de liberté ; il n'y a pas de surprises. Il n'y a pas de questions, seulement le théâtre commode de l'indignation pour certains enfants sans nom qui aujourd'hui sont utiles à l'histoire de la fin sombre qui les a mis en lumière, et qui demain reviendra à l'oubli, et l'exode d'Amérique centrale continuera, tandis que les médias désignent le Venezuela, inventant des crises humanitaires avec des accessoires de diffusion comme Instagram.


Ici, ils ne pourront pas le faire. Ici, nous vaincrons.


Traduction Bernard Tornare


Source en espagnol
 

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