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Hugo Chavez ouvre la porte aux investisseurs, mais...

par Bernard Tornare 20 Avril 2011, 16:31

Le 17 janvier 2010, le Président Hugo Chavez annoncait en direct à la télévision la nationalisation de la chaîne de supermarché franco-colombien Exito, propriété du groupe français Casino. Mais qu'a donc commis Exito pour s'attirer ainsi les foudres du gouvernement vénézuélien? Les magasins Exito ont abusivement augmenté leurs prix juste après la dévaluation du bolivar décrétée le 8 janvier. Car la spéculation est très mal vue au Venezuela et la loi permet tout simplement de nationaliser les contrevenants. Contrairement à ce qui se passe dans les pays occidentaux, l'intérêt de la population passe avant les intérêts de groupes privés. Certains pays ont bien mis des garde-fous afin de "freiner" certains abus. La Suisse, par exemple, possède un office de surveillance des prix dont le surveillant est populairement appelé "Monsieur Prix" mais qui n'a pas force de loi. Son rôle, très limité, consiste à faire "pression" à ceux qui exagère. C'est un peu comme si on cambriole votre maison, que la police intervient et conseille aux voleurs de ne pas trop vous voler.

Alors, on peut se poser la question. Les entreprises étrangères ont-elles encore un intérêt à investir au Venezuela? La réponse est oui, il est possible de faire des affaires au Venezuela. A la condition que l'entreprise qui s'installe respecte certains critères. Pour s'implanter au Venezuela les entreprises doivent s'impliquer socialement. Autrement dit elles devront participer, par exemple, à la construction de logements sociaux, de routes, en passant par la formation de cadres pour l'économie du futur et le transfert de technologies. En imposant ces obligations, Hugo Chavez et son gouvernement fait prendre part aux entreprises étrangères à la construction sociale du pays tout comme ses habitants le font par les coopératives ou les Conseils communaux (voir le billet du 18.01.2011 "Hugo Chavez développe les conseils communaux").

En 2010, Hugo Chavez a nationalisé 257 entreprises vénézuéliennes et étrangères qui ne respectaient pas les règles économiques gouvernementales en vigueur. Actuellement le secteur publique représente 30%. Il reste donc 70% qui est fait par le secteur privé.

Les multinationales sont nombreuses à convoiter le marché vénézuélien. Les chinois, les allemands, les brésiliens et les français sont parmi les principaux partenaires et fournisseurs du Venezuela.

On voit donc qu'Hugo Chavez ne ferme aucunes portes aux investiteurs, mais il gouverne et l'intérêt de son peuple reste sa priorité.

Comme le disait le poète espagnol Antonio Machado: "Marcheur, il n'y a pas de chemin. Le chemin se construit en marchant". Hugo Chavez est un bon constructeur et un bon marcheur.

Bernard Tornare

Edifice LG à Caracas

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