Des personnes s'inscrivent pour rejoindre la milice à Caracas, au Venezuela. Le 23 août 2025. Ariana Cubillos / AP
Les menaces ne sont pas nouvelles, mais chaque tentative impérialiste d’agresser le Venezuela a servi — paradoxalement — à mettre en évidence la solidité d’un modèle politique construit depuis les entrailles mêmes du peuple.
Ces dernières semaines, les États-Unis ont relancé leur offensive contre le pays, cette fois drapée dans le grossier habit discursif d’une supposée croisade « antidrogue », appuyée sur la narration d’un inexistant « Cartel des Soleils ». Une accusation dépourvue de fondement juridique et de preuves vérifiables, mais fonctionnelle en tant que prétexte pour justifier des actions de pression, de blocus, voire la menace d’une possible intervention militaire.
Ce que Washington n’attendait peut-être pas, c’est que sa stratégie produise exactement l’effet inverse. Loin de fracturer le pays, elle a activé ses défenses les plus profondes : la conscience, l’organisation et le modèle de défense intégrale bolivarien.
La journée d’enrôlement massif dans la Milice bolivarienne (dont nous parlerons plus loin), la mobilisation civique et le message d’unité nationale reflètent une chose : le Venezuela non seulement résiste, mais il répond par le déploiement structurel d’un modèle qui conjugue peuple, État et Force armée en un seul corps historique et politique.
Le Venezuela non seulement résiste, mais il répond par le déploiement structurel d’un modèle qui conjugue peuple, État et Force armée en un seul corps historique et politique.
Dans cette direction, la Milice bolivarienne représente l’une des expressions les plus fortes du processus de transformation nationale impulsé par le chavisme. Il ne s’agit pas d’un appendice ni d’une force auxiliaire : c’est le cinquième composant de la Force armée nationale bolivarienne (FANB), reconnu formellement par la Constitution et par la Loi organique de la Force armée. Sa mission est d’organiser, d’instruire et de mobiliser le peuple pour la défense intégrale de la nation, sous le principe stratégique de la coresponsabilité État-société.
Il ne s’agit donc pas d’une structure improvisée ou conjoncturelle. Instituée en 2009 par Hugo Chávez et renforcée depuis lors, la Milice est composée d’hommes et de femmes civils qui, sans abandonner leurs rôles productifs et sociaux, assument le compromis conscient de protéger la souveraineté, la paix et la stabilité du pays.
Son déploiement territorial, son lien avec les communes, avec les ouvriers et les paysans, ainsi que sa loyauté idéologique envers le projet bolivarien, en font un outil clé de la défense populaire. Et elle confirme, une fois de plus, qu’au Venezuela la paix, tout comme le développement économique et politique, ne se délèguent pas : ils se construisent collectivement et à partir du peuple.
C’est ce qu’a également montré, comme nous l’avions déjà évoqué, la récente journée d’enrôlement massif dans la Milice bolivarienne, une démonstration de l’activation organique d’une structure profondément enracinée dans le territoire et dans la conscience collective. Des quartiers populaires de Caracas jusqu’aux plaines du Barinas, des milliers d’hommes et de femmes se sont incorporés volontairement à la défense nationale. Non par peur ni par obligation, mais par conviction.
Cet acte d’enrôlement contraste avec les levées forcées qui se produisent dans les pays soumis à la logique guerrière de l’OTAN, comme l’Ukraine. Ici, la population n’est pas instrumentalisée : elle est convoquée. On ne lui impose pas une guerre : on lui confie une responsabilité historique pour la paix. Au Venezuela, le peuple, la population civile et les travailleurs ne participent pas seulement à l’économie ou à la politique ; ils assument aussi, avec naturel, leur rôle dans la défense. Car le fusil dans les mains du peuple n’est pas un symbole de violence, mais de démocratie, comme le disait Lénine.
Au Venezuela, le peuple, la population civile et les travailleurs ne participent pas seulement à l’économie ou à la politique ; ils assument aussi, avec naturel, leur rôle dans la défense. Car le fusil dans les mains du peuple n’est pas un symbole de violence, mais de démocratie, comme le disait Lénine.
Bien que les grands médias internationaux aient insisté à présenter le Venezuela comme un pays au bord de l’effondrement ou de l’explosion, la vie quotidienne offre une autre image : travail, études, loisirs, communes actives, marchés populaires et enfants jouant dans des places publiques restaurées. Cette normalité n’est ni indifférence ni négation du conflit : elle est le fruit d’une politique planifiée, d’une architecture étatique qui, en même temps qu’elle a fait de la défense intégrale une tâche continue, a donné au peuple vénézuélien des opportunités et des droits qu’il n’avait jamais eus auparavant — et qu’il entend désormais défendre.
Il faut également souligner l’activation récente de la Zone de Paix n°1 à Táchira et à Zulia — territoires historiquement exposés au narcotrafic et à l’infiltration paramilitaire venue de Colombie —, qui démontre comment le modèle bolivarien n’agit pas de manière réactive, mais avec une vision territoriale et préventive (ayant tiré les leçons de l’expérience du XXᵉ siècle, jalonné de coups d’État orchestrés par les États-Unis contre des projets populaires et révolutionnaires).
Le calme du peuple naît de la confiance dans son modèle. Le déploiement coordonné de la Milice, aux côtés de la Force armée et des corps civils de sécurité, ne protège pas seulement les frontières : il renforce aussi le tissu social depuis la base. C’est l’expression de l’unité civico-militaire, un principe fondamental de la construction révolutionnaire du processus bolivarien.
Un autre élément clé au sein de cette architecture de défense est l’entente progressive avec le gouvernement de Colombie, qui a contribué à consolider la stabilité régionale. À la différence des périodes récentes marquées par une hostilité ouverte — comme celle encouragée par Iván Duque ou par le Groupe de Lima, agissant en pions directs de la politique étrangère des États-Unis —, la relation entre Caracas et Bogotá s’inscrit aujourd’hui dans une nouvelle étape de dialogue et de coopération. Cette alliance entre des peuples historiquement unis par des processus de lutte et de résistance constitue un rempart face au chaos que certains acteurs extérieurs cherchent encore à semer dans la région.
Mais cette entente n’a pas surgi du vide : elle est possible parce que certains secteurs du peuple colombien ont commencé à se libérer du joug de la domination. La paix avec justice sociale que poursuit l’actuel gouvernement colombien n’est pas étrangère à ce que défend le Venezuela.
Lorsqu’un pays comme le Venezuela parvient à résister avec dignité, il modifie la corrélation des forces et incite ses voisins à imaginer un autre chemin possible : celui d’une intégration latino-américaine dont Gustavo Petro, assiégé à l’intérieur même de son pays par les mêmes forces qui, depuis des années, tentent d’asphyxier le Venezuela, aura besoin.
La force du Venezuela ne se mesure pas en chars ni en budgets militaires, mais en quelque chose de bien plus redouté par l’impérialisme : un peuple conscient, organisé et disposé à défendre ce qu’il a construit. C’est précisément cela qui les a vaincus au Vietnam.
Depuis les bases communales, depuis les miliciens territoriaux jusqu’aux soldats postés à la frontière, le modèle bolivarien a démontré que, comme le disait Antonio Machado, seul le peuple simple défend la patrie, tandis que les oligarques négocient leurs privilèges et finissent par la vendre.
L’impérialisme nord-américain doit se méfier du pouvoir populaire bolivarien car, s’il venait à l’agresser, il se heurterait à un nouveau Vietnam.
Traduction Bernard Tornare
Carmen Parejo Rendón est une rédactrice et analyste espagnole dans différents médias audiovisuels et écrits. Directrice du média numérique Revista La Comuna. Collaboratrice d'Hispan TV et de Telesur. Elle se consacre à l'étude et à l'analyse de la réalité latino-américaine et ouest-asiatique.
⚠ Traduction réalisée pour diffusion et compréhension du texte original. Les propos et positions exprimés sont ceux de l’auteur initial.
/image%2F0018471%2F20160525%2Fob_752977_hugo-chavez.jpg)
/image%2F0018471%2F20250828%2Fob_6048cc_blog-1.jpg)
/image%2F0018471%2F20250828%2Fob_7211a4_blog-2.jpg)
/image%2F0018471%2F20250828%2Fob_c5bebf_carmen-parejo-rendon.jpg)



Haut de page