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La géopolitique du chaos

par Bernard Tornare 28 Juillet 2020, 17:42

La géopolitique du chaos
Par Hugbel Roa

 

La géopolitique est la science qui concentre son étude sur l'influence déterminante de l'environnement géographique sur les formations sociales, les systèmes économiques et les régimes politiques. C'est important parce qu'en observant ces facteurs, nous pouvons analyser les réactions, les événements conjoncturels et les lignes de conduite possibles des membres de la communauté internationale.

 

Au sein de la géopolitique, il existe un concept qui recoupe dans une certaine mesure l'observation des phénomènes dans l'environnement international. Je me réfère à la définition de la politique étrangère, comprise comme la projection du pouvoir politique interne d'une nation dans le système international. Cela s'applique dans son intégralité dans le cas des soi-disant pouvoirs. Une puissance est une nation qui est capable d'exercer une influence déterminante dans un espace spécifique, qu'il soit régional, continental ou mondial. Cette influence peut être politique, économique, militaire, culturelle ou religieuse, son pouvoir interne est cohésif et peut transcender ses frontières géographiques en affectant positivement ou négativement d'autres systèmes et souverainetés.

 

Sans aucun doute, les États-Unis sont devenus une puissance mondiale au fil des ans, et ont su utiliser leurs avantages économiques et militaires pour les transformer en une puissance politique efficace dans le monde, en créant des zones d'influence à leur profit. La Doctrine Monroe, créée à l'aube des Etats-Unis en tant que nation, est venue soutenir cette vision de la place que la société des Etats associés d'Amérique du Nord aurait dans le monde à l'avenir.

 

Mais que se passe-t-il actuellement au sein du pouvoir ? Les États-Unis traversent une crise profonde, et pas n'importe laquelle. La mauvaise gestion de l'actuelle pandémie de COVID-19 a fait ressortir d'anciennes et de nouvelles contradictions, tant organiques que structurelles, dans la société américaine. Au sein des organiques, c'est-à-dire culturels/sociaux, nous trouvons des complexes racistes et suprémacistes non résolus. Une véritable intégration de l'élément afro-descendant dans l'identité américaine n'a jamais été réalisée et cela est extrapolé à d'autres groupes ethniques d'immigrants comme les Latinos ou les Asiatiques, se manifestant par une inégalité de fait devant la loi et le système économique qui exclut la majorité.

 

Dans la gamme structurelle, nous avons la non-durabilité du système financier spéculatif. Les États-Unis sont confrontés à un dysfonctionnement économique : l'émission massive de monnaie de papier sans soutien a accru l'inégalité dans la distribution d'une richesse fictive.

 

Depuis le début de l'année, 18 000 milliards de dollars ont été générés pour stimuler des secteurs de l'économie. Ce chiffre représente 21 % du PIB mondial. Tout cet argent part en fumée sans atteindre la société dans son ensemble ou les besoins fondamentaux des secteurs vulnérables. Alors que les riches aux États-Unis sont plus riches de 565 milliards de dollars, 42,2 millions de personnes perdent leur emploi. Leur dette augmente plus vite que la productivité de leur appareil économique. Cette situation a deux conséquences, l'une matérielle, l'inflation et l'autre la perception d'injustice et d'exclusion qui se crée en interne.

 

Alors que l'establishment politique a les yeux rivés sur le processus électoral de novembre, la nation navigue dans des eaux dangereuses sans direction ni cap concret, faisant revivre les anciennes et générant de nouveaux antagonismes dans le monde entier. Une action guerrière et unilatérale avec des prétentions hégémoniques crée des frictions inutiles. Les blocus, les sanctions, les menaces, les agressions, les interventions et les guerres sont les arguments utilisés, qui portent un préjudice mortel au droit public international. Un équilibre interne instable produit une action extérieure erratique.

 

Le plus grand exemple en est son retrait de l'OMS au milieu d'une pandémie qui exige l'effort de tous les pays, bien plus que celui des puissances. Il n'y a pas d'autre lecture : vous cherchez un coupable et vous regardez dehors. Le monde entier observe l'arrogance d'un pays mal gouverné, d'une puissance qui tourne le dos à la réalité.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

Cette traduction peut être librement reproduite. Merci de respecter son intégrité et d'en mentionner  l'auteur, le traducteur et le blog Hugo Chavez.
 

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