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Venezuela : mensonges et force, armes d'atout contre Maduro

par Bernard Tornare 14 Janvier 2020, 17:15

Nicolas Maduro

Nicolas Maduro

 

Titre original : Mentiras y fuerza, armas de Trump vs Maduro

 

 

Par Carlos Fazio

 

Le régime de Donald Trump ment. Il ment et trompe sur l'Iran et le Venezuela, comme il l'a fait avant le coup d'État civil-politico-militaire-médiatique qui a renversé le président constitutionnel Evo Morales et imposé l'autoproclamée Jeanine Áñez en Bolivie. Avec Trump, deux des plus grands menteurs de l'empire sont le vice-président Mike Pence et le secrétaire d'État Mike Pompeo, qui ont menti sur l'assassinat du général Qasem Soleimani à Bagdad, et le font autour de la deuxième marionnette autoproclamée Juan Guidó au Venezuela. Et pire encore, leur travail bâclé est aidé et encouragé par leurs opérateurs politiques dans la presse hégémonique occidentale, qui falsifient les informations que consomment leurs publics.


Sans montrer aucune preuve, Trump a invoqué des informations secrètes pour justifier l'assassinat de Soleimani, alléguant que le général iranien planifiait des attaques contre les militaires et les diplomates américains. Mais selon le colonel à la retraite Lawrence Wilkerson, ancien chef de cabinet du secrétaire d'État Colin Powell de 2002 à 2005, Trump, Pence et Pompeo mentent maintenant comme George W. Bush et Dick Cheney l'ont fait en 2003 pour envahir l'Irak.
 

 

"Nous allons mentir, tricher et escroquer, comme le fait Pompeo maintenant, comme le fait Trump ", a déclaré Wilkerson, qui a accusé d'autres membres de son parti politique, les Républicains, dont l'actuel secrétaire à la Défense Mark Esper, les sénateurs Lindsey Graham et Tom Cotton, d'être des menteurs. Nous allons tromper et escroquer la population pour faire le nécessaire afin de poursuivre le complexe guerrier militaro-industriel. M. Wilkerson, qui a qualifié le coup d'État de 2002 contre Hugo Chavez de coup d'État au lent et qui a qualifié la politique de changement de régime menée par Elliott Abrams contre Nicolas Maduro d'" opération secrète (...) avec des hauts et des bas ", a déclaré au The Real News Network. Aucune action dans notre hémisphère dont je me souvienne n'avait jamais porté sur la démocratie et la liberté, bien que nous utilisions facilement ces mots pour décrire nos motivations parce qu'ils font que le peuple américain endormi se sente bien.

 

À ce stade, la feuille de route de l'administration Trump pour le Venezuela est d'imposer un gouvernement de transition, contrôlé à distance depuis le Bureau ovale. Et à cette fin, parallèlement à l'intensification des mesures punitives unilatérales, il cherche à utiliser l'Assemblée nationale (en outrage) et ce bouffon impérial, le député Guaidó, comme bélier.

 

Le 9 janvier, à Caracas, le ministre des affaires étrangères Jorge Arreaza a lu à la presse des extraits d'une note diplomatique que l'ambassade des États-Unis aurait envoyée aux pays des Caraïbes le 17 décembre et qui a fait l'objet d'une fuite vers le gouvernement vénézuélien. Intitulé " Le gouvernement des États-Unis demande l'appui d'un communiqué électoral sur les élections libres et équitables à l'Assemblée nationale vénézuélienne en 2020 ", ce document du département d'État, qui s'écarte de la Charte des Nations unies, suit un schéma similaire à celui utilisé en Bolivie pour imposer Jeanine Áñez, et exige que les pays qui le reçoivent le soumettent, en exprimant leur appui, jusqu'au 2 janvier, puis soit officiellement publié le 5 de ce mois. Cela ne s'est pas produit jusqu'à présent.

 

Les tentatives successives de coup d'État doux centrées sur l'imposition d'élections présidentielles ayant échoué, la nouvelle stratégie de l'UE cherche à obtenir un soutien international pour intervenir dans les élections législatives vénézuéliennes de 2020. D’où la farce montée sur la pathétique deuxième autoproclamation du fantoche Guaidó devant un groupe de députés acolytes… dans les bureaux du quotidien d’opposition El Nacional ! après avoir refusé d'entrer au Palais législatif et d'installer la session le 5 janvier - comme il en avait l'obligation, puisqu'il y avait un quorum et la présence d'hommes d'assemblée de toutes les forces politiques -, en restant à l'extérieur du siège parlementaire et en faisant semblant d'entrer dans la salle en sautant par-dessus une clôture, image qui a fait le tour du monde et qui a été la couverture d'un prétendu boycott de sa réélection dans la presse internationale.

 

Ce jour-là, après le discrédit irréparable de Guaidó dans les rangs de l'opposition, le prétendu président en charge a été pointé du doigt pour corruption par son ancien ambassadeur imaginaire en Colombie, Humberto Calderón Berti, qui l'a accusé d'avoir volé une partie de l'argent que la Maison Blanche a envoyé pour financer l'opération Aide humanitaire + Concert à Cúcuta le 23 février 2019. Alors a été élu président de l'Assemblée nationale Luis Parra, du parti d'extrême droite Primero Justicia, qui a obtenu 81 voix sur les 140 députés présents (sur 167) qui se sont rendus sur place.

 

L'agenda interventionniste américain se paie sur la scène avec les déclarations du secrétaire d'État Pompeo, qui promeut une transition rapide et négociée vers la démocratie comme la voie la plus efficace et la plus durable vers la paix et la prospérité (sic) au Venezuela. Et celles de l'envoyé spécial Elliott Abrams, condamné pour crimes de guerre, qui a réitéré vendredi que toutes les options sont sur la table. Il a dit : Comme nous l'avons vu au Moyen-Orient, tout président américain, s'il veut recourir à la force pour défendre nos intérêts nationaux, y aura recours. Franchement, ce n'est pas à Guaidó de décider, c'est au président Trump.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

 

Carlos Fazio est collaborateur du quotidien mexicain La Jornada.

 

Cette traduction peut être librement reproduite. Merci de respecter son intégrité et d'en mentionner l'auteur, le traducteur et le blog Hugo Chavez.

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