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Venezuela: fair-play (opinion)

par Bernard Tornare 24 Juillet 2019, 13:59

Hector Rodríguez, gouverneur de l'Etat de Miranda

Hector Rodríguez, gouverneur de l'Etat de Miranda

Titre original: Juego limpio

 

Par Hector Rodriguez

 

La politique, bien comprise, ressemble plus au commerce qu'à la guerre. Il y a plus de concurrence que de confrontation. Elle a besoin de volontés concertées. A moyen terme, le fair-play est plus rentable que la frappe. La solidarité vaut plus que la compétitivité. C'est une déclaration de principes du mexicain Esteban Garaiz.

 

Garaiz commence par définir la politique à titre de comparaison lorsqu'il affirme que la politique ressemble plus au commerce qu'à la guerre. Dans le premier, le ferment est la négociation, l'échange pacifique, respectueux de l'autre, plutôt que la confrontation. Le revers de la médaille, la guerre, c'est de frapper, attaquer, bafouer l'autre sans l'écouter, sans le regarder avec respect et en face à face. La guerre, c'est mettre fin à tout et avec tout, c'est détruire. C'est pourquoi lorsque l'Américain Donald Trump menace, punit, bloque, maltraite pour penser différemment, il commet un acte violent, un acte guerrier, totalement étranger à l'art politique.

 

Comme l'enseignait Platon, la politique est un art. C'est prendre entre ses mains une masse déconnectée, et avec des mots, des accords et des actions pour lui donner une cohérence, une forme sociale qui conduit à la rencontre.

 

C'est le terrain où ce qui est précieux, ce sont les compétences, les qualités, les capacités des différents camps, des différentes positions, comme cela se passe dans un sport bien pratiqué. En politique, la chose transcendante est de laisser la confrontation derrière soi pour aligner les intérêts en faveur du bien commun, parce que la majorité veut et doit vivre en paix pour féconder l'existence et faire prospérer de meilleures conditions et opportunités pour tous.

 

Il s'agit de se mettre d'accord plutôt que de se confronter. Si nous pensions tous la même chose, nous aurions un gros problème, parce que dans la même situation, il n'y aurait pas de visions ou de solutions différentes, nous arrêterions notre évolution. Les résultats sont différents parce qu'il y a des visions différentes et parfois même contradictoires. Certains sont bleus et d'autres rouges, différentes croyances religieuses, voire des visions antagonistes, mais la plupart d'entre nous qui vivons dans ce monde coïncident dans le rêve d'un monde meilleur. C'est là que nous devons ancrer notre politique.

 

Seuls ceux qui haïssent, ceux qui manquent de respect aux autres en ne pensant pas comme eux, ceux qui préfèrent détruire plutôt que construire, seront éblouis. Parfois, ces quelques personnes, même minoritaires, apprennent à crier plus fort et s'amusent à imposer leur vérité à la majorité.

 

Pour cette raison, une politique saine exige une concertation, des accords profonds établis sur la capacité de dialoguer et d'activer des mécanismes qui garantissent la paix et les droits fondamentaux. Il s'agit de pondre des œufs dans le même panier et de faire une omelette qui nous nourrit tous également.

 

La solidarité, l'égalité et l'engagement sont les valeurs que nous avons trouvées au début de notre Grande Charte, et qui servent à réaliser un jeu équitable, qui nous donne la fierté, qui nous fait tous gagner également. Un jeu équitable pour ne pas nous distraire de ce qui est important, pour éviter les dommages collatéraux, pour rendre l'injustice impossible.

 

En général, la population aime le fair-play, un privilège auquel il est difficile de renoncer car il apporte des gains collectifs et le bien-être. C'est pourquoi nous cherchons à établir et à articuler un dialogue où les parties concernées - deux, trois ou plusieurs - peuvent se regarder et s'écouter mutuellement sans dagues cachées. Le fait est que ce n'est rien de moins que le sort des majorités, celles pour lesquelles nos héros se sont battus pour leur donner l'indépendance et faire de notre terre latino-américaine un exemple de justice et d'équité.

 

Le fair-play est notre devise, notre drapeau, notre esprit, notre raison de travailler en équipe. Le fair-play a été, est et sera notre voie, il doit sortir du plus profond de notre humanité, de notre conscience et, comme l'a écrit le philosophe new-yorkais Eric Hoffer: "Jouer fair-play n'est pas blâmer les autres pour nos erreurs" ... plus clairement dit, impossible.

 

Traduction Bernard Tornare

 

Source en espagnol

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