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Venezuela: le «chavisme», un socialisme du XXIe siècle?

par Bernard Tornare 30 Novembre 2017, 16:26

Venezuela: le «chavisme», un socialisme du XXIe siècle?

Par Florian Rochat

Dès les débuts du boom pétrolier au Venezuela, dans les années 20, le partage de cette manne a été au cœur des luttes politiques internes et motif à interventions étrangères. Longtemps uniquement accaparée par quelques multinationales et les «élites» locales, elle a parfois aussi servi à améliorer un tant soit peu la condition des plus nécessiteux, à négocier la paix sociale. Dans tous les cas, les devises encaissées se sont surtout dirigées vers l’importation de consommation, guère vers l’investissement productif. Au point que, en 1936 déjà, le très respecté intellectuel vénézuélien Arturo Uslar Pietri appelait à «semer le pétrole». C’est dire que l’expérience bolivarienne actuelle doit être replacée dans la longue histoire.

Le mouvement bolivarien a beaucoup fait pour rendre le peuple protagoniste du changement

L’élection, en 1998, d’Hugo Chavez à la présidence et la nouvelle Constitution de 1999 ont-elles constitué un tournant? Assurément. Le Venezuela est-il devenu «socialiste» pour autant? Certainement pas: 80% des activités du pays, y compris celles des médias et du commerce, restent en mains privées.

 

L’accession des «chavistes» au pouvoir étatique – confirmée par de nombreux scrutins, tous honnêtes et sous surveillance internationale – a-t-elle impulsé une très nette amélioration des conditions de vie des couches populaires? Cela paraît indéniable: dans tous les domaines, les «missions» et autres actions gouvernementales ont produit des résultats sans précédent. Et ce cap reste maintenu, malgré la «crise» économique, bien réelle, que traverse le pays.

 

L’envolée des prix et les pénuries actuelles ont-elles été surtout orchestrées par les milieux d’affaires internes et des pouvoirs étrangers, tant par visée politique que par lucre? La structure économique du pays indique que ça n’aurait pu se faire sans leur forte implication.

 

La corruption reste-t-elle un fléau majeur, endémique, à combattre de toute urgence? Des opportunistes, nombreux, ont-ils revêtu le maillot rouge des bolivariens pour s’enrichir? C’est certain. Le contraire serait surprenant, vu la place occupée par le pétrole dans l’organisation de l’État (À ce propos, taper: venezuela infos – nouveau procureur).

 

Le Venezuela s’achemine-t-il, plus encore, montre-t-il une voie vers un «socialisme du XXIe siècle»? Trop tôt pour le savoir, car l’enjeu réside ailleurs que dans ce qui précède: ce sont les masses, en l’occurrence vénézuéliennes, qui font et feront l’histoire. Un leader, quel qu’il soit, ne peut être qu’un catalyseur. Mais, le mouvement bolivarien a beaucoup fait pour rendre le peuple protagoniste du changement. Des centaines de milliers de citoyen.ne.s ont découvert la politique au travers de ce processus, se sont mobilisés, organisés, dans des organisations populaires, des coopératives, les nouveaux Conseils municipaux… Cela suffira-t-il, cela s’élargira-t-il? L’inertie, la passivité existent et l’avenir le dira. Mais l’espoir et le soutien sont toujours de mise.
 

Florian Rochat


Ancien directeur du Centre Europe Tiers Monde

 

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