Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

La France Insoumise et le Venezuela

par Bernard Tornare 23 Août 2017, 12:19

La France Insoumise et le Venezuela

Source de l'article ici

 

Beaucoup de politiciens de droite – y compris des « socialistes » – s’alarment de la fragilité du gouvernement Macron et du potentiel de la France insoumise. Ils sont effrayés par le succès des interventions des députés « insoumis » à l’Assemblée nationale, qui rencontrent un écho important. Alors, faute d’arguments solides, les macronistes de tous bords ont trouvé un nouvel angle d’attaque : « Mélenchon soutient la dictature vénézuélienne de Nicolas Maduro ! » Les grands médias ont largement relayé cette information sensationnelle – à commencer par Libération, de longue date spécialisé dans les mensonges éhontés sur le Venezuela (et Mélenchon).


Cette virulente campagne a semé le trouble chez des militants de la France insoumise [1]. Il faut y répondre clairement. Il n’y a pas de dictature, au Venezuela, où par exemple l’opposition de droite contrôle la majorité des grands médias. Il y a un gouvernement démocratiquement élu et qui subit, depuis quatre mois, une offensive extrêmement violente, dans la rue, d’une partie de l’opposition réactionnaire, laquelle veut renverser Maduro pour, dans la foulée, écraser la révolution bolivarienne et ses acquis.

 

L’opposition de droite a remporté les élections législatives de décembre 2015. Mais Maduro avait remporté les élections présidentielles d’avril 2013. Une impasse institutionnelle en a résulté. Maduro tente d’en sortir à travers l’Assemblée Constituante, dont l’élection, fin juillet, a été violemment boycottée par l’opposition. Ceci dit, le fond du problème ne se situe pas sur le terrain constitutionnel ; d’ailleurs, l’opposition n’a jamais respecté la légalité constitutionnelle (cf., entre autres, le coup d’Etat d’avril 2002). Le fond du problème, au Venezuela, peut se résumer ainsi : il n’est pas possible de faire la moitié d’une révolution. Or la révolution bolivarienne est arrêtée à mi-chemin. Au lieu de passer à l’offensive, d’exproprier les grands capitalistes, les banques et les multinationales, c’est-à-dire de mettre le socialisme à l’ordre du jour, Maduro cherche un impossible compromis avec la classe dirigeante et les impérialistes, qui refusent d’investir dans l’économie vénézuélienne et, sans cesse, fraudent, sabordent et spéculent sur la crise. Il en résulte un chaos économique dont les premières victimes sont les travailleurs et les pauvres. C’est très dangereux, car cela tend à démoraliser le camp de la révolution et, en conséquence, ouvre un chemin à la réaction.

 

La France insoumise doit rejeter les leçons de « démocratie » de tous ceux qui, en réalité, se lavent les mains des véritables dictatures (exemple : l’Arabie Saoudite). Après les menaces de Trump, nous devons nous mobiliser contre toute intervention impérialiste au Venezuela. Solidarité totale avec les masses bolivariennes ! Dans le même temps, nous devons tirer les leçons de la situation dans ce pays, leçons qui ont un caractère universel :  "Ceux qui font des révolutions à moitié n'ont fait que se creuser un tombeau." Saint Just.

 

[1] Et jusque dans la direction d'Ensemble, qui a publié le 4 août un communiqué lamentable sur la situation au Venezuela. Si l'on suit jusqu'au bout le point de vue qui s'y exprime, la révolution bolivarienne devrait céder le pouvoir à l'opposition réactionnaire, via l'Assemblée nationale. Avec de tels « amis », la révolution vénézuélienne n'a pas besoin d'ennemis !
 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
commentaires

Haut de page