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Les Etats-Unis veulent le pétrole d'Hugo Chavez

par Bernard Tornare 5 Octobre 2011, 11:45

Les guerres du pétrole sont une réalité de notre temps. Nous avons vu le cas de l'Irak et de la Libye, comme les menaces contre l'Iran. Dans le même temps, il convient de souligner les menaces directes et indirectes contre le Venezuela. Comme le déclarait le sénateur américain Paul Coverdell, Rapporteur du Plan Colombie: "Pour contrôler le Venezuela, il est nécessaire d'occuper militairement la Colombie." Actuellement les Etats-Unis ont sept bases en Colombie et six bases dans les Caraïbes, toutes entourant le Venezuela.

Hugo Chavez est la cible de toutes sortes d'attaques politiques et de complots dans son pays, par le biais de secteurs d'opposition principalement constitués par les groupes politiques et économiques (médias, partis politiques et associations) liés aux Etats-Unis qui détenaient la richesse et le pouvoir avant son arrivée. Les gouvernements antérieurs ont conduit des politiques pétrolières préjudiciables à l'intérêt national et en faveur du premier client du pétrole du Venezuela: les Etats-Unis..

Le Venezuela a été gouverné pendant quatre ans à partir de 1988 par Carlos Andres Perez, qui a envoyé l'armée pour repousser les manifestations populaires de 1989, faisant   plus de 6000 morts dans tout le pays, soit pendant les émeutes, soit par la répression et la disparition systématique de personnes dans les jours suivants. Après cela, Perez a été décrit par George Busch père comme un "démocrate" exemplaire.

Certes, dans les pays pétroliers il y a eu des tyrannies comme il y en a pu en avoir dans n'importe quel lieu dans le monde. Mais la préférence des Etats-Unis et de ses alliés européens pour un tyran, ne dépend pas de son niveau de tyrannie, mais de la façon dont ces personnages traitent l'industrie pétrolière. Si le tyran gère l'entreprise en faveur des pays impériaux, il n'est pas un tyran, il est un ami (l'Arabie Saoudite, par exemple). Si le tyran gère l'entreprise pétrolière dans une perspective nationaliste privilégiant l'intérêt de son peuple, c'est un tyran et un ennemi. Pour les Etats-Unis, Hugo Chavez, démocratiquement élu par le peuple est donc un tyran.

Cela indique que, dans la continuité du système mondial capitaliste, aucun pays détenteur de ces matières premières ne peut éviter d'être soumis (pacifiquement ou par la force) aux intérêts du système de domination mondiale. Voilà où l'on en est et ceux qui veulent moraliser le capitalisme devraient commencer par respecter la souveraineté des autres nations. Mais il est vrai qu'il n'est pas possible de moraliser un système qui par nature est fondamentalement immoral.

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