Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le Venezuela et l'Iran, même combat

par Bernard Tornare 11 Janvier 2012, 20:37

On aura remarqué que si la tournée latino-américaine actuelle du président iranien Mahmoud Ahmadinejad dérange, c'est parce que ces Etats expriment tout simplement leur indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. L'alliance des pays latinos-américains et de l'Iran ne menace en aucune façon la sécurité de ces derniers.

L'hostilité des Etats-Unis et de ses alliés régionaux (en pariculier la Colombie et le Mexique) envers Téhéran n'est cependant pas liée à une question des droits de l'homme, dont la situation est aussi criticable en Iran qu'aux Etats-Unis, en Colombie ou au Mexique.

Le rapprochement entre l'Iran et quelques Etats latino-américains progressistes s'avère parfaitement logique. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne le Venezuela, compte tenu des affinités entre les deux pays. L'un et l'autre sont exportateurs de pétrole, déterminés à promouvoir leurs propres technologies. Ils sont surtout harcelés par une puissance impériale qui ne se résigne pas à la perte de deux Etats sur lesquels elle exerçait sa mainmise politique. Jusqu'à présent, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux ont agité en vain l'épouvantail d'un "axe du mal" entre l'Iran et le Venezuela, censé promouvoir le terrorisme dans la région et à terme déstabiliser les Etats-Unis.

Il est clair que les républiques islamique et bolivarienne ont pour seul objectif de passer des accords de coopération dans le domaine pétrolier, technologique et militaire. Ce qui est tout à fait légitime. On pourrait en dire autant des relations de l'Iran avec Cuba, le Nicaragua et de l'Equateur. Il s'agit de de liens de collaborations entre Etats souverains qui ne nuisent en rien à la sécurité des Etats-Unis.

Maintenant concernant le nucléaire, on peut se demander pourquoi les occidentaux ont laissé Israël se doter d'un arsenal sans que personne aux Etats-Unis ni en Europe ne fasse rien pour l'en empêcher. Deux poids, deux mesures.

L'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) a confirmé lundi que l'Iran avait commencé la production d'uranium enrichi à 20% sur son site de Fordo. Ce que personne ne dit (surtout pas nos grands médias), c'est que la production d'uranium enrichi à 20% est à but essentiellement civile. Pour pouvoir développer une bombe atomique, il faut le savoir, l'uranium doit être enrichi à 90%. Les sites de Natanz (8000 centrifugeuses) et Fordo (3000 centrifugeuses) capables d'enrichir de l'uranium son sous contrôle de l'AIEA, ce qui montre bien que l'Iran coopère avec l'ONU.

Le véritable enjeu pour les Etats-Unis et ses alliés consiste à affaiblir ce pays en multipliant les sanctions et à chercher à le destabiliser en incitant la population à se soulever.

Haut de page