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La Révolution bolivarienne, qu'est-ce que c'est?

par Bernard Tornare 30 Mai 2012, 18:44

Voici un intéressant article sur la Révolution bolivarienne. Les deux auteurs, Kendal & Sofian, se sont basés sur la thèse en sociologie d'Anne-Florence Louzé (Dial - http://enligne.dial-infos.org )

Hugo Rafael Chavez Frias est né le 28 Juillet 1954 dans le sud du Venezuela et est le 52eme et actuel président de la république bolivariene du Venezuela, depuis le 2 Fevrier 1999. Il étudie à l'Académie militaire du Venezuela qu'il quitte avec le diplôme de Sciences et arts militaires. Il étudie également plus tard la science politique à l'Université Simon Bolivar de Caracas en 1989-1990 mais ne terminera pas son cursus. Il fonde le mouvement révolutionnaire bolivarien 200 au début des années 80 pour tenter de renverser le gouvernement considéré comme corrompu et anti-démocratique. Après que le gouvernement d'Action Démocratique du président Carlos Andrés Pérez ait ordonné une répression violente des manifestations contre les restrictions budgétaires, Chávez conduit le MBR-200 dans une tentative de coup d'Etat contre le gouvernement en 1992, pour laquelle il est emprisonné. Sorti de prison deux ans après, il fonde un parti politique social-démocrate, le Mouvement Cinquième République, et est élu président du Venezuela en 1998.Le Venezuela, qui est un pays très riche en pétrole, connait alors des mutations politiques sans précédent qui auront des répercussions tant au niveau national qu'au niveau international.On peut donc se demander en quoi et comment la présidence d'Hugo Chavez a-t-elle bouleversé et continue de bouleverser la situation politique, économique et social du Venezuela, ainsi que les relations internationales et géostratégiques au niveau planétaire.

I.La révolution bolivarienne

A. Crise des années 1980 et tentatives de coups d'Etats.

Afin de comprendre la période durant laquelle Hugo Chavezs était président, nous avons jugé indispensable de parler du contexte politique des années antérieurs. De 1958 à 1989, le Venezuela est une démocratie représentative. La vie politique est régi par le Pacte Punto Fijo qui a été signé le 31 octobre 1958. Ce pacte est un compromis consensuelle des partis après le coup d'Etat militaire de Perez Jimenez. Il faut noter que le parti communiste est exclue de ce pacte. Le système est caractérisé par un capitalisme d'Etat de caractère rentier (basé principalement sur l'exportation de pétrole), avec un exécutif fort et un Etat hautement centralisé, la société civile est très peu influente, et durant les années 70 les partis de gauche sont stigmatisés comme ennemis de la Patrie et de la république. Il y a un bipartisme dominant la scène politique et contrôlant presque tous les organes publiques et privés, comme par exemple les syndicats de travailleurs et le système est clientéliste, en effet la corruption est partout. En 1979, une personne sur deux vit dans des bidonvilles. Après les années 1980, les revenus du pétrole baissent, l'endettement public augmente, le PIB/habitant diminue et les inégalités deviennent abyssales. Le 28 février 1989, le gouvernement de Carlos Andrés Perez met en place une politique d'austérité néo-libérale. Il y alors des révoltes populaires, le peuple se soulève à Caracas et aux alentours. Le gouvernement envoie l'armée. Officiellement 372 personnes y perdent la vie, mais on parle de plus de 3000 personnes qui auraient été assassinés lors du massacre. La dégradation croissante des conditions de vie sur fond de corruption généralisé des partis scelle alors le divorce entre les franges de la population exclue et la sphère politique. Cette situation révèle à quel point la politique vénézuelienne dépend du cours de pétrole. En février 1992, le mouvement bolavarien, constitué de militaires rebelles, emmené par Hugo Chavez Frias, lance un assault, sur le palais présidentiel. Le coup d'Etat échoue, Chavez est emprisonné. Il est libéré deux ans plus tard, tandis que les politiques néo-libérales continuent. En 1997, la pauvreté touche 50% des Venezueliens. Chavez créé alors un mouvement social-démocrate, le mouvement cinquième république.En décembre 1998, Hugo Chavez, candidat des classes défavorisées, remporte l'élection avec 56% des suffrages. La crise du pacte Punto Fijo, la crise économique et la répression politique et militaire de 1989 ont beaucoup favorisés la mobilisation du peuple et l'ascension de Hugo Chavez.

B. La révolution bolivarienne : changement politique, économique et social

1) Révolution politique

Il y a une véritable rupture avec le passé, il y a l'implication de nouveaux acteurs comme le peuple et l'armée. L'objectif principal de Chavez est l'édification d'une démocratie participative accompagné d'une justice sociale. Cela implique une réorientation vers une économie «humaniste, auto-gestionnaire et compétitive» où l'Etat assumerait un rôle actif dans la dynamisation et la diversifiction de l'appareil productif. La révolution bolivarienne tourne officiellement autour de 4 axes essenciels : redistribution, anti-néolibéralisme, participation et inclusion.Le gouvernement Chavez met en place une démocratie participative, développant une grande démocratie locale (création de locaux de plannification, de conseils communaux…). Le nouveau système institutionnel met également en place les conditions d'une intégration des classes défavorisés dans les structures politico-économique du pays. En 1999, le référendum sur la constitution est adopté, le Venezuela se transforme en «République Bolivarienne du Venezuela» et elle se fonde sur la doctrine de Simon Bolivar (Liberté, justice et paix). La nouvel constitution affirme l'introduction du référendum révocatoire, la disparition du sénat et l'apparition du fédéralisme. Les nouvelles formes de participation définissent un régime politique combinant les formes traditionnelles de la démocratie représentative libérale (cad séparations des pouvoirs et élections des pouvoirs executif et législatif aux niveaux municipal, régional et national) avec des formes de démocratie directe : référendum, consultation populaire, révocation des mandats. La constitution instaure un système de sécurité sociale, de la naissance jusqu'à la mort obligatoire pour tous. Les indigènes ont le droit à une éducation bilingue, et leurs droits politiques et sociaux sont reconnus par la constitution. Chavez assigne un nouveau rôle à l'armée : «c'est le peuple en arme» le «soldat citoyen». La constitution assigne outre ses missions et fonctions conventionnelles «la participation active dans le développement national». En 2007, l'armée sera déclaré socialiste.

2) Révolution économique et sociale

Il y a une volonté de diversifier l'économie nationale, cela passe notamment par la création et un soutien aux coopératives. La nouvel constitution affirme la souverainté nationale sur les ressources naturelles, le rôle central de l'Etat dans l'économie. Le système de santé est universel et gratuit, le système de retraite assure aux pensionnés au moins le salaire minimum. Chavez réserve à l'Etat le secteur pétrolier et les activités à caractère stratégique, mais il ne touche pas aux filiales. De même, la constitution maintient la libre entreprise et la propriété privée des moyens de production. Entre 1999 et 2001 est mis en place le plan Bolivar 2000 : c'est un programme d'urgence mis en oeuvre par les militaires et les civils, il concerne les infrastructures des quartiers (construction et réhabilitation d'écoles, d'hopitaux, de logement), l'apport de soins médicaux et la redistribution de nourriture dans des zones reculées du pays. Le plan est une réussite du point de vue sociale : les écoles bolivariennes assurent aux élèvent nourriture et journées complètes d'enseignement.Nous voyons la création d'entreprise de production sociale (qui sont ni privé, ni public, mais détenus par un collectif de travailleurs.) L'objectif est de générer des emplois et de satisfaire les besoins de base de la population. La gestion est assurée par eux-mêmes, lesquels s'approprient directement leurs surplus de travail. Le socialisme bolivarien est alors entendu comme socialisation des moyens de production, mais la visée à long terme ne serait pas nécessairement la nationalisation : elle serait une transformation interne de la gestion des entreprises.Mais le Venezuela reste un pays quasi mono-exportateur. En 2005, malgré les efforts et les progrès fait dans ce domaine, les exportations minières et pétrolières représentent tout de même 85% du total des exportations. Selon les chiffres 2011 de la commission économique pour l'Amérique Latine, le Venezuela est le pays le moins inégalitaire de l'amérique latine, en incluant les etats-unis, et il faut noter que le Venezuela est le pays au monde comptant le plus d'étudiant (36% de la population ,qui touchent des bourses importante, qui leur permet de suivre leurs études sans être contraint de travailler professionnellement durant leurs cursus). Selon Hugo Chavez, la justice sociale est condition nécessaire à l'instaurer d'une véritable paix, d'une harmonie et d'une unité.

3) Révolution «nationale

Le Venezuela promeut l'industrie nationale et a réussi, malgré les pressions et les intimidations, à nationaliser le pétrole venézuelien. Le Venezuela détient 300 miliards de barils, soit près de 25% des réserves mondiales.De même, la quasi totalité des réserves en Or du Vénézuela, qui se trouvaient dans les banques anglaises et américaines ont été rapatriés. Le Venezuela occupe le 15ème rang mondial des réserves d'Or.

II. La lutte contre l'impérialisme «Yankee» et la création d'un «socialisme du XXIème siècle»

A. Tentative de renversement du gouvernement Chavez

1) L'hostilité Etas-Unienne envers Hugo Chavez

Les Etats-Unis ont très tôt fait preuve d'une grande hostilité à l'encontre de Hugo Chavez. Premièrement, pour des raisons idéologiques. En effet, la consolidation du gouvernement chaviste met à mal le mythe du «Consensus de Washington», selon lequel à l'ère de la mondialisation, toute prise de distance par rapport au modèle néolibérale était voué à l'échec. Deuxièmement, pour des raisons stratégiques et économiques. Hugo Chavez a nationalisé les entreprises clés comme celles de l'industrie du pétrole. Ainsi, les entreprises comme Exxon Mobil ont perdu la possibilité d'exploiter le pétrole vénézuelien.

Entre 2002 et 2004, trois tentatives de renversements ont eu lieu contre Hugo Chavez.

En avril 2002, il y a de nombreuses manifestations de l'opposition pour la chute du gouvernement. Les classes possédantes campent sur leurs positions et refusent de faire des concessions aux couches défavorisés, en terme de redistribution et de démocratie politique. Les médias encouragent les manifestants à prendre d'assault le palais présidentiel. On tire alors sur les manifestants. Les médias accusent Hugo Chavez d'avoir fait tirer sur le peuple et très vite des rumeurs circulent comme quoi il aurait démissioné. Une personne s'auto-proclame président. mais le coup d'Etat échoue en 48heures grâce aux classes populaires qui ont fait une contre mobilisation de masse. Les personnes ayant tirer sur la foule seront arrêtés par la police vénézuelienne. Il s'avère qu'ils sont des membres de la CIA habillés en militaire vénézuelien. Cela nous rappelle le coup d'Etat militaire au Chili en 1973, au Nicaragua en 1980 et à Haitî en 1990, qui avaient pour but l'éviction d'un président démocratiquement élu, organisé ou du moins, largement financé par la CIA. De même, on dit que Castro aurait été victime de plus de 900 attentats qui ont tous échoués.

Le calme rétablie, une deuxième tentative de coup d'Etat est fomenté le 2 décembre 2002. Le patronat de l'industrie pétrolière fait alliance avec les employés administratif et font grève afin de bloquer toute l' économie et faire chuter le gouvernement. La grève est peu suivie, mais les médias lui donne un grande importance. Grâce au soutien populaire dont Chavez bénéficie, cette tentative de renversement du gouvernement échoue. 18 000 personnes seront alors licenciés.

Puis dernièrement, l'opposition, décide de renverser le gouvernement de manière légaliste. Ils collectent les signatures nécessaires (soit 20% de l'electorat) pour organiser un référendum. 59% des personnes répondent non à la chute du gouvernement.En 2006, lors des élections présidentielles, Chavez l'emporte avec un taux record de 63% des voix alors même que l'opposition a adopté un discours bolivarien et un programme de «gauche».Commence alors une période d'extrême polarisation qui oblige à se situer à l'intérieur ou à l'extérieur de la révolution, «du côté de la patrie, ou de l'Empire».Cette polarisation se fait aussi sentir dans la politique étrangère du président, qui use d'un discours de rupture.

B. Mise en place «diplomatie sociale», et esquisse du projet pour l' unification de l'Amérique du sud

Le pétrole est la principale arme et vecteur de présence sur la scène international, régional, et pour l'activisme internatonal.Chavez promeut à travers le monde un nouveau modèle politique et économique : la démocratie participative et économique (fondée sur le développement endogène et le socialisme du XXI ème siècle) et met en oeuvre une «diplomatie sociale». Le gouvernement vise dès le départ la réactivation de l'OPEP comme moyen d'influencer la relation consommateurs-producteurs, d'élever le prix du baril et de se dégager de l'influence par rapport aux USA (60% du pétrole venezuelien va aux US). La stratégie du développement du Venezuela passe, aux yeux de Chavez, passe par la consolidation des alliances régionales. Chavez se rend dès le début de son mandat au Brésil et en argentine pour affirmer sa volonté d'intégrer le Mercosur (2005) et il rejette le traité de libre échange entre les USA, le Perou et la Colombie, ce qui le conduit à annoncer la sortie du Venezuela de la CAN (communautés andines des Nations) en 2006. Par ailleurs, avec son entrée dans le Mercosur, Chavez entend devenir un des principaux promotteurs de grandes infrastructures régionales, tel le gazoduc sud américain. Chavez tente d'instaurer un modèle de développement nouveau. Ses ambitions régionales et son influence ont un double effet : des répercussion «idéologiques» dans les pays voisins et une coopération accrue en faveur de leur développement. En fait, Chavez a une ambition plus large : une Amérique latine unifiée face aux Etats-Unis. Ce projet s'apparente au grand rêve de Simon Bolivar. La radicalisation de la politique interne, sensible dès 2003, a son pendant dans la politique extérieur. En 2004, Chavez commence à présenter son gouvernement comme anti-impérialiste et en 2005, il appelle à la création du socialisme du XX1 ème siècle. Chavez impose la coopération sud-sud comme axe principal des relations internationales du Venezuela. A partir de 2000, le Venezuela fournit son pétrole à certains pays à des conditions préférencielles, notamment à Cuba, à la Bolivie ou à l'Uruguay.Avec Cuba, Chavez instaure une coopération étroite. L'inclusion de cette île dans le système de préférence pétrolière atténue pour elle les effets de l'embargo états-uniens. En 2004, Chavez contribue au lancement de l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques et les Caraïbes (ALBA) Annonçant son désir de sortir du FMI le 30 avril 2007, il signe en 2007, l'accord créant la Banque du Sud, Bancosur, institution multilatérale dont les objectifs sont entre autres de réduire la dette extérieure des pays du sud et de financer leurs développement. Elle a vocation à devenir la banque de l'Alba.

C) Alliance contre «l'Empire»

Le Venezuela bien qu'ayant des relations commerciales avec les USA ou la Grande Bretagne, vas entretenir des relations plus etroites avec des états vu par l'opinion publique comme ennemi de Washington. Le Venezuela renforce sa défense nationale et signe des accord militaires avec la Russie s'elevant a un total de 11 milliards de dollars ces dernieres années. Lors d'une rencontre entre le vice president venezuelien et le 1er ministre russe, Vladimir Poutine, en Decembre les 2 pays on affirmé developpé leur relations au dela du strict cadre militaire.Le Venzuela entretient des rapports etroits avec un autre géant communiste, le Chine. En effet des le debut de son mandat Chavez vas se rapprocher de la Chine. Les echanges commerciaux vont alors exploser, passant de 740 millions de $ en 2003 ils atteignent aujourd'hui plus de 11 milliards. Le gouvernement Venezuelien s'approche de l'Iran, et avait des relations étroite avec l'ex-Libye, et aujourd'hui encore avec la Syrie. Chavez dénonce l'intervention de l'OTAN en Libye, et craint une même intervention dans son pays. Il affirme que les pays capitalistes en crise cherchent des débouchés dans d'autres pays, et ceci se traduit par l'impérialisme. Il dénonce le massacre que l'OTAN a perpétré en Libye affirme tout son soutien à bacher el assad pour éviter une intervention étrangère.Chavez use également d'une rhétorique de l'anti-colonialisme, il soutien la création d'un Etat Palestinien indépendant. Lors de l'assault de la flotille de Gaza par les troupes israëlienne, il ferme l'ambassade d'Israêl au Venezuela, et critique aprement «le terrorisme d'Israêl».

Conclusion : L'arrivée au pouvoir de Hugo Chavez a apporté de notable transformation touchant les institutions politiques et le processus d'intégration sociale des couches défavorisées. Promouvant un système de démocratie participative via notamment les conseils communaux, Hugo Chavez a inclut les masses populaires dans la politique et a lancé une politique économique socilisante, souverainiste, et de nationalisation des entreprises clés (comme celle du pétrole). Chavez a adopté très tôt un discours anti-impérialiste et anti-colonialiste, et a travaillé a créér un système politique et économique alternatif, le socialisme du XXI ème siècle, qui est caractérisé au niveau international par une diplomatie dîte sociale et humaniste. Il a oeuvré à l'Unité de l'Amérique latine, telle Simon Bolivar, et est devenu un symbole révolutionnaire et anti-capitaliste à travers le monde.

Comme vous le savez peut-être, la santé de Hugo chavez est aujourd'hui en danger. Comme tous les leaders progressistes et socialistes de l'Amérique latine (Nestor Kirchner, Dilma Rousself, Lula, Fernando Lugo et Christina Kirchner) il est atteint d'un cancer. Lors d'un discours, Chavez affirme que ceci est très étrange et accuse indirectement les Etats-Unis d'avoir la technologie pour inculcer des cancers, et évoque l'exemple de Delgado Chalbaud, ancien président venezuelien, qui a été tué car il voulait nationaliser le pétrole, ou celui du leader palestinien Yasser Arafat, mort d'une étrange altération sanguine» selon ses médecins.

Kendal & Sophian.

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